Colisée à l'UQTR: la communauté universitaire dit non

Le projet de colisée sur le campus de... (Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste)

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Le projet de colisée sur le campus de l'UQTR est sur la glace.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'Intersyndicale des personnels universitaires et l'Association générale des étudiants ont demandé au conseil d'administration de l'UQTR, lundi après-midi, de ne pas aller de l'avant avec le projet de Centre d'excellence régional académique et sportif (CERAS).

La réaction à cette lettre de deux pages n'a toutefois pas été la même du côté du conseil d'administration de l'UQTR que du côté de la haute direction, mardi, semant ainsi une certaine confusion dans le dossier.

«Le conseil d'administration a indiqué clairement à la haute direction que l'UQTR ira de l'avant avec le projet de CERAS seulement avec la complète adhésion de la communauté universitaire», a d'abord fait savoir au Nouvelliste le président du conseil d'administration, Yves Tousignant. «Cette lettre-là de l'Intersyndicale a beaucoup de poids», fait valoir M. Tousignant. «On a mis un frein.»

La vice-rectrice aux finances et à l'administration, Johanne Giguère, ne tient toutefois pas du tout le même discours. Selon elle, l'UQTR est toujours intéressée à réaliser ce projet et veut aller de l'avant. Quant à la lettre de l'Intersyndicale, dit-elle, elle «n'est pas une fin de non-recevoir. Je pense que c'est un appel à la prudence» lancé à la haute direction «et je crois que la haute direction est très sensible à ça», dit-elle.

La lettre de l'Intersyndicale est pourtant claire. «Pour que la direction de l'UQTR puisse espérer obtenir l'appui de l'ensemble de la communauté universitaire, en cette période cruciale, il importe qu'elle remette rapidement en question ce projet controversé», y lit-on.

C'est le Syndicat des professeur(e)s, celui des chargés de cours, des employés de soutien, du personnel professionnel de même que l'Association générale des étudiants de l'UQTR qui ont cosigné cette lettre du

3 décembre dernier demandant au CA «de remettre rapidement en question ce projet controversé» qui comprenait notamment la construction d'un colisée de 5000 places sur le campus.

Rappelons que l'UQTR a fait l'objet de compressions de plus de 7 millions $ récemment et l'année 2015 s'annonce encore plus difficile. «C'est beaucoup d'argent», reconnaît le président du ca. «C'est pour ça qu'avant de travailler sur des projets d'envergure, il faut s'assurer qu'il y a un bon roulement au niveau de l'Université», estime Yves Tousignant.

«Depuis la vague de compressions, le conseil d'administration était moins ardent vis-à-vis le projet de CERAS. Et au niveau de la Ville de Trois-Rivières, on voyait qu'il y avait plus d'intérêt vers le District 55. C'est pour ça que c'était loin de nos préoccupations. La priorité, au cours des derniers mois, c'était le campus de Drummondville parce qu'il y avait 5 millions $ d'engagés et ça impliquait la Ville de Drummondville», dit-il.

La vice-rectrice Giguère a tenu à nuancer les propos de son président, mardi. «Il souhaitait traduire la dernière décision du conseil du mois de juin dernier, c'est-à-dire qu'on est en attente de la décision de la Ville de Trois-Rivières. Je pense que notre président, tout comme le conseil d'administration, est sensible au fait que notre communauté universitaire doit être au rendez-vous et doit supporter ce projet et s'il ne l'était pas, je serais grandement préoccupée», dit-elle.

M. Tousignant a d'ailleurs rappelé au Nouvelliste, sur l'heure du dîner, mardi, peu après la publication de cette nouvelle sur notre site Web, pour nuancer ses propos et tenait à dire que le projet était en «suspens» plutôt qu'arrêté.

Mais la vice-rectrice Giguère indique plutôt que l'UQTR est simplement en attente de la décision de la Ville de Trois-Rivières qui doit sous peu trancher entre le projet du CERAS de l'UQTR et celui du Groupe Robin au District 55.

L'Université a-t-elle tourné la page sur ce projet, a-t-on demandé au président Tousignant. Si la subvention de 26,8 millions $ du gouvernement a été coupée avec les compressions budgétaires, répond-il, «ça ne donne rien d'en discuter. C'est plus à la Ville de Trois-Rivières de faire ses démarches», estime-t-il.

Selon l'attachée de presse du ministre Jean-Denis Girard, Véronique Faucher-Allen, l'argent est toujours là, mais la Ville de Trois-Rivières devra prendre sa décision rapidement si elle veut en profiter. L'information a aussi été confirmée mardi, par l'attachée de presse du ministre des Affaires municipales, Catherine Poulin.

«Aujourd'hui (mardi), il devait y avoir une rencontre avec le ministre de l'Éducation sur ce sujet en compagnie du maire de Trois-Rivières et ça a été annulé. Cette rencontre concernait l'avancement du projet de CERAS au niveau du financement», dit-il.

La porte-parole de l'Intersyndicale, Denise Béland, qui est aussi observatrice au conseil d'administration et présidente du Syndicat des employés de soutien, explique que lorsque «le projet CERAS avait été annoncé, il y avait des compressions, mais il y avait aussi l'annonce d'un réinvestissement qui devait se faire», rappelle-t-elle. Ce réinvestissement a toutefois été remplacé par de nouvelles compressions. «Donc, on dit: Mettez ça sur la glace», résume Mme Béland. «Quand on m'annonce qu'il n'y aura peut-être plus de remplacements et qu'il va peut-être y avoir des coupures de postes, je me dis: Minute là! On va essayer de garder nos acquis», fait-elle valoir.

Si les acquis étaient sécurisés et le réinvestissement assuré, «on pourrait en discuter et voir dans quelle mesure ça (le CERAS) se ferait. En autant que ça corresponde à nos besoins ici», dit-elle.

Lorsque les membres de l'Intersyndicale des personnels de l'UQTR se sont réunis, la semaine dernière, ils ont «rapidement établi un consensus sur la nécessité de protéger les acquis avant de s'aventurer dans des projets ambitieux et incertains», expliquent-ils dans leur lettre.

L'Intersyndicale fait valoir que la direction et le conseil d'administration de l'Université ne peuvent à la fois les «convaincre de faire des sacrifices importants» et affirmer «haut et fort que l'UQTR se doit de réaliser, en cette période de compressions budgétaires du gouvernement, le projet de Centre d'excellence régional académique et sportif.»

La haute direction de l'UQTR et son conseil d'administration sont aussi mis en garde, dans cette lettre: «Si l'UQTR devait aller de l'avant dans la réalisation de ce projet, les membres de l'Intersyndicale et ses membres associés envisagent de réaliser une consultation conjointe auprès de leurs membres afin de connaître leur sentiment quant à sa réalisation dans le contexte actuel.»

M. Tousignant indique d'ailleurs que même le projet original du campus de Drummondville a fait lui aussi l'objet de restrictions budgétaires. «Le ministère de l'Éducation a serré la vis au niveau du financement du projet. C'est pour ça que le conseil d'administration, avant de se lancer dans un autre projet d'envergure, va y penser à deux fois», dit-il, en rappelant que les compressions ont même remis en question le renouvellement des ordinateurs pour les professeurs pour une année de plus.

Au cours d'une entrevue éditoriale avec Le Nouvelliste le 28 septembre dernier, la rectrice, Nadia Ghazzali, avait déclaré que si la Ville allait du côté du District 55, l'UQTR irait quand même de l'avant avec son projet de CERAS et avait parlé d'un plan B.

On se rappellera qu'un autre projet de colisée au Centre sportif Alphonse-Desjardins avait été abandonné, en juin dernier, quelques heures après la publication du rapport du Vérificateur général du Québec sur la gestion du CSAD.

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