Importante mobilisation pour sauver la concertation

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Plusieurs intervenants et élus de la Mauricie se sont réunis, lundi, pour manifester leur appui à la concertation qui semble en danger avec la disparition d'organismes régionaux.

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Ils étaient environ 300, lundi, au Musée québécois de culture populaire, venus dire haut et fort que la Mauricie n'a pas les moyens de se priver de la concertation qu'elle a établie depuis dix ans via sa conférence régionale des élus.

Le ministre responsable de la région, Jean-Denis Girard,... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste) - image 1.0

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Le ministre responsable de la région, Jean-Denis Girard, assistait, lundi, au rassemblement dans le hall du Musée québécois de culture populaire où les gens protestaient contre la disparition des organismes de concertation régionale. À ses côtés, on reconnaît Sylvie Tardif, coordonnatrice de COMSEP.

Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste

Parmi ces gens concernés par la disparition de la CRE Mauricie et de son Forum de la société civile, un élu attentif au fond du hall, le ministre responsable de la région, Jean-Denis Girard, conscient qu'il devra repartir avec le ballon sous le bras.

«C'est une belle mobilisation», a reconnu le ministre que les orateurs ont apostrophé plus d'une fois au cours des allocutions qui venaient de se terminer. «Maintenant, ce n'est pas la structure qui sera mise en place qui importe mais les gens de tous les secteurs d'activité qui vont travailler ensemble et se serrer les coudes. C'est ce qu'il faut faire à l'heure actuelle», a-t-il déclaré.

Quand on demande au ministre Girard par quel canal passera désormais la concertation régionale, il répond que le ministre des Affaires municipales travaille à développer un document pour aider les régions à se restructurer. À son avis, l'important est de commencer par faire un inventaire.

«Il y a beaucoup d'organismes et de structures, on veut savoir qui fait quoi. En plus, on veut connaître quelles sont nos forces et nos faiblesses dans nos régions, quel est notre but et enfin, comment on peut se restructurer. Au fil des années, on a eu la mauvaise habitude de créer trop de structures, surtout au niveau économique. Ça [l'inventaire] doit se faire par les régions et pour les régions, comme on le voit ici, aujourd'hui.»

De retour d'une tournée des 17 régions du Québec, le ministre dit avoir été frappé par les différents modèles de développement économique mis en place... mais il avoue ne pas vouloir en imposer un plus qu'un autre, puisque, observe-t-il, on ne retrouve pas sur place les mêmes structures ni les mêmes problématiques. «Le but n'est pas de tout centraliser à Québec, assure-t-il, mais de redonner aux régions le pouvoir de mettre en place une façon de faire leur développement selon leurs besoins et leurs réalités.»

Le ministre reconnaît que la concertation établie en Mauricie entre la société civile et les élus constituait un modèle du genre au Québec et que forcément la disparition de la CRE y porte un dur coup. Mais, insiste-t-il, les individus demeurent en place même si la structure disparaît. «On n'a pas besoin d'une structure formelle pour continuer à travailler les dossiers. Ce qu'on voit aujourd'hui, c'est la preuve d'une concertation et d'un nouvel élan», a-t-il affirmé.

Ce n'est toutefois pas l'avis de Lynn O'Cain, du Conseil régional d'économie sociale, qui, avec Éric Lord de Culture Mauricie, animait le grand rassemblement de lundi. Elle a d'ailleurs annoncé la création d'un comité stratégique pour poursuivre la concertation régionale.

«Comment continuer à travailler ensemble si on nous enlève nos outils financiers? s'est-elle interrogée. C'est sûr qu'on peut continuer à se parler, mais ça prend des leviers économiques. Ça ne peut être que du bénévolat. Comme je disais tout à l'heure, les programmes qui relèvent de la CRE représentent un coût total estimé de plus de 40 millions $ et touchent plus de 600 personnes. Pour la Mauricie, c'est majeur. C'est sûr qu'on va continuer à se parler, mais sans moyens, il ne faut pas s'attendre à des miracles.»

Mme O'Cain a ajouté que peu de détails ont été acheminés à la CRE pour la suite des choses. «Ça nous laisse dans l'inconnu. Est-ce parce qu'on ne sait pas ce qui va arriver? On l'ignore, mais nous, on a des idées. Le Forum de la société civile n'a pas d'objection à travailler davantage directement avec les ministères mais on doit nous laisser des moyens financiers et des ressources humaines pour nous aider à faire ce travail-là. Déjà, les municipalités sont elles-mêmes en compressions, alors elles ne peuvent pas se solidariser et libérer des fonds. Il faudra être imaginatif et créatif, comme toujours.»

Avant de quitter la manifestation de solidarité qui a duré plus d'une heure, les participants ont été invités à signer une déclaration s'adressant aux élus de la Mauricie pour exprimer l'importance de maintenir la collaboration afin de poursuivre, de façon concertée, le développement de la Mauricie.

Elle se lit comme suit: «Face à l'effritement de nos outils de développement collectifs, nous, gens de la Mauricie, témoignons aujourd'hui de notre mobilisation, de l'expertise et du potentiel de notre région. Nous affirmons, par l'identité qui nous est propre, notre capacité à nous propulser vers une prospérité sociale et économique durable parce qu'ici, en Mauricie, on sait se parler et se concerter.

Nous demandons aux élus de reconnaître et de soutenir la concertation mauricienne parce qu'elle constitue un rouage dont on ne peut pas se passer pour atteindre le plein potentiel de notre région. Nous affirmons que la concertation, avec les outils de financement nécessaires à la planification et à la coordination du développement, sur une base régionale, sont essentiels à la vitalité de la Mauricie.»

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Gérard Bruneau

Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Michel Angers

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

Ce qu'ils ont dit....

Gérard Bruneau

Président de la conférence régionale des élus

«Les compétences et responsabilités des conférences régionales des élus ne peuvent être prises en charge entièrement par les MRC. Ça prend du soutien administratif et financier. Je demande au ministre des Affaires municipales de bien tenir compte des besoins régionaux.»

Michel Angers

Maire de Shawinigan

«Comme maire de Shawinigan, j'ai besoin de la société civile pour continuer le développement de notre communauté. On a besoin plus que jamais de cette concertation pour se détacher de la queue et monter en tête de peloton. On ne doit pas couper les CRE et les CLD au nom de l'austérité.»

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Denis Morin

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

André Nollet... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste) - image 3.1

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André Nollet

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

Denis Morin

Directeur général du Centre d'entrepreneuriat Alphonse-Desjardins

«La Mauricie est un modèle de concertation régionale. On nous envie et partout au Québec, on fait appel à notre expertise. Pour multiplier de tels succès, il nous faut des coudées franches. Mais ce que nous annonce Québec va à l'encontre de la prise en charge par et pour les gens de la Mauricie.»

André Nollet

Directeur général de Tourisme Mauricie

«Pour Tourisme Mauricie, le fonds de développement régional de la CRE a représenté l'étincelle de départ du projet de balisage de la rivière Saint-Maurice. Ce projet sera l'épine dorsale du développement touristique de la Mauricie. Ce n'est pas le gouvernement provincial qui va nous venir nous dicter comment faire en Mauricie.»

Raymond-Robert Tremblay... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste) - image 4.0

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Raymond-Robert Tremblay

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

Lynn O'Cain... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste) - image 4.1

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Lynn O'Cain

Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste

Raymond-Robert Tremblay

Directeur général du Cégep de Trois-Rivières

«Les gens de l'éducation ne veulent pas travailler isolés les uns des autres. C'est important de se concerter de la maternelle jusqu'à l'université. Nous avons besoin de la communauté régionale pour nous guider et nous faire connaître ses besoins. C'est la raison pour laquelle nous croyons en la concertation.

Lynn O'Cain

Conseil régional d'économie sociale

«En Mauricie, on a permis de briser les frontières dans la région. On a fait quelque chose d'unique en créant le Forum de la société civile qui permet la participation des acteurs sociaux économiques de la région au CA et à l'exécutif de la CRE. Nous sommes la seule région a avoir été aussi loin.»

Fabiola Toupin

Auteure, compositrice, interprète

«Je suis la fille d'une mère artiste et d'un père impliqué qui a fait de la politique. Il m'a appris qu'être proche des gens, être sur le terrain, ça peut faire la différence et que ça fonctionne. On bâtit quelque chose. Et que sur ces fondations, on peut voir le plus loin possible. C'est ce que je souhaite à la région.»

Fabiola Toupin... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste) - image 5.0

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Fabiola Toupin

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

Fabiola Toupin

Auteure, compositrice, interprète

«Je suis la fille d'une mère artiste et d'un père impliqué qui a fait de la politique. Il m'a appris qu'être proche des gens, être sur le terrain, ça peut faire la différence et que ça fonctionne. On bâtit quelque chose. Et que sur ces fondations, on peut voir le plus loin possible. C'est ce que je souhaite à la région.»

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