Une limite de vitesse sur le Saint-Maurice?

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Le trafic pourrait être mieux réglementé sur la rivière Saint-Maurice à partir de l'été 2015.

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Pour mieux encadrer l'intensification du trafic sur la rivière Saint-Maurice, la Ville de Trois-Rivières, en collaboration avec différents partenaires, entend mettre sur pied un comité de réflexion dont l'objectif sera de réglementer un fois pour toute la vitesse des bateaux à moteur empruntant cette artère maritime serpentant le coeur de la cité de Laviolette.

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Richard Dober

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Jean-François Aubin

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Bien que l'on en soit encore au stade de la tempête des idées, le conseiller municipal du district Marie-de-l'Incarnation, Jean-François Aubin, souhaiterait aboutir à des actions concrètes dès l'été 2015.

«Notre réflexion doit être acheminée auprès de certaines instances officielles. Il y a une préoccupation de bien gérer la coexistence des activités sur la rivière et une signalisation serait un premier pas. Il faut s'arranger pour que toutes ces activités coexistent de façon sécuritaire. Après les Fêtes, nous devrions faire cheminer cette idée dans certains comités municipaux. Pour l'instant, nous en sommes encore aux séances de travail», souligne M. Aubin.

Impliqué de longue date dans l'organisation d'activités nautiques sur le Saint-Maurice, le président du Club canot-kayak Radisson, Richard Dober, estime qu'il faut agir promptement. Selon lui, le temps n'est plus aux interminables discussions, car il règne actuellement une dissipation sur laquelle il importe de ramener l'ordre.

«Sur l'eau actuellement il n'y a aucune signalisation, alors c'est l'anarchie totale», constate-t-il. Et le problème remonterait à aussi loin que 1995, année où l'on a cessé d'utiliser le courant de la rivière pour transporter le bois par flottage.

Du point de vue de M. Dober, rien n'a été fait depuis en raison des coûts associés à l'installation annuelle et à l'entretien du balisage, estimé à environ 35 000 $. D'autant que, selon lui, certains plaisanciers n'ont aucun intérêt à voir limiter la vitesse sur cet affluent du Saint-Laurent.

«On a déjà eu un projet avec l'île Saint-Quentin, mais les gens en motomarine et en bateau de vitesse brisaient les bouées pour pouvoir rouler full pine», déplore-t-il. «Est-ce qu'on doit attendre une tragédie avant d'agir? Tu ne peux pas avoir full de monde sur la rivière avec de la navigation douce et du monde qui joue au slalom là-dedans avec des bateaux de vitesse. C'est une affaire qui ne tient pas debout.»

Plusieurs partenaires seraient appelés à joindre leurs idées aux cogitations déjà entamées, entre autres la Direction des travaux publics et du génie de Trois-Rivières, la Direction des loisirs et des services communautaires, la Sécurité publique, le conseil d'administration de l'île Saint-Quentin, les gestionnaires de la marina envisagée sur la rive du site Trois-Rivières sur Saint-Laurent, l'équipe du centre d'activités nautiques Maïkan Aventure, le Club canot-kayak Radisson et Transports Canada, dont relèvent les cours d'eau québécois.

En somme, un florilège d'intervenants «qui complique le dossier», suggère M. Aubin. «Nous en sommes au stade où il faut harmoniser les idées de l'ensemble de ces partenaires en vue de faire un pas de plus pour l'été prochain.»

«Cette réflexion émane des faits constatés», poursuit le conseiller municipal, qui est également membre du groupe de travail sur la sécurité publique et du groupe de travail sur les travaux publics et génie.

«D'année en année, on observe une augmentation de l'achalandage sur la rivière. Il y a de plus en plus de bateaux, de plus de plus de gens y pratiquent des sports nautiques, le canot se répand comme jamais, une relance est en train de s'effectuer autour de l'île Saint-Quentin, donc tout ça fait en sorte qu'on note une augmentation du nombre d'utilisateurs. C'est cette constatation qui a ramené le sujet sur la table.»

Pour l'heure, la seule réglementation régissant la circulation maritime sur la rivière Saint-Maurice est semblable à celle qui prévaut sur les routes, notamment l'interdiction d'être à la barre avec les facultés affaiblies ou de conduire dangereusement de manière à mettre en péril la sécurité des autres.

«La Sécurité publique de Trois-Rivières patrouille parfois la rivière à bord d'un bateau, elle peut intervenir et elle l'a déjà fait, mais seulement sur ces questions», assure M. Aubin. Il importe donc, à son avis, de combler certaines lacunes en prévoyant une limite de vitesse dans les zones les plus fréquentées.

Concrètement, la Ville de Trois-Rivières pourrait baliser le cours d'eau en accrochant des pancartes de limitation sur des bouées ancrées au lit de la rivière. «Nous n'en sommes pas à des interdictions, mais au moins à des indications pour guider le trafic», renchérit M. Aubin. «L'idée serait, si c'est possible, de mettre en application certaines mesures pour l'été 2015, bien qu'aucun plan de travail ne soit encore fixé», conclut-il.

Impatient, M. Dober pourrait lui-même commander les bouées et assurer leur installation si le dossier traîne en longueur. «Cette année, on ne manquera pas notre coup», prévient-il.

Un empressement qui réjouit Yves Lamothe, directeur général de Maïkan Aventure, une entreprise devenue chef de fil dans la location d'équipement nautique sur le Saint-Maurice.

Déjà lors des chaudes journées d'été, des clients préfèrent rester tout bonnement sur la berge tant les vagues soulevées par les grosses cylindrées rendent la pratique des sports nautiques hasardeuse.

«Les petites embarcations ne font pas le poids. Les samedis et les dimanches après-midi, certains clients n'aiment vraiment pas ça et passent leur tour», observe-t-il.

Certes, une limitation de la vitesse sur la rivière serait applaudie par Maïkan Aventure, mais encore faut-il que les plaisanciers la respectent. «C'est un peu ça le dilemme. C'est beau de mettre une signalisation, mais qui va faire le contrôle?», se questionne M. Lamothe. «Ça prend du monde qui ont autorité. Ce n'est pas à nous, les utilisateurs, à faire la loi.»

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