Nollet craint une désorganisation

Le directeur général de Tourisme Mauricie, André Nollet.... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Le directeur général de Tourisme Mauricie, André Nollet.

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le directeur général de Tourisme Mauricie, André Nollet, voit avec consternation les centres locaux de développement (CLD) de la région mettre à pied les uns après les autres leur agent de développement touristique, faute de fonds pour pouvoir les payer: une décision qui ne sera pas sans conséquences, prévient-il.

«Ces disparitions, ce n'est pas une bonne nouvelle. Du tout! Avec le temps, Tourisme Mauricie avait réussi à tisser des liens avec les six CLD qui comptaient un agent de développement touristique. Cinq maintenant, car des Chenaux n'en avait plus déjà. On se demande si on va perdre le lien de proximité qu'on avait avec les MRC-Villes dans leur dimension touristique. Sans travail d'harmonisation régional, je crains que la Mauricie perde de l'impact dans son développement touristique, surtout si chacun retourne chez lui faire ce qu'il veut.»

Le directeur de Tourisme Mauricie note par ailleurs que le Fonds de partenariat qui, en principe, prend fin le 31 mars 2015, est déjà épuisé. Il ignore si cette entente sera renouvelée.

Par ailleurs, André Nollet s'inquiète de la tendance centralisatrice du gouvernement. «On sait seulement que notre mandat sera renouvelé pour une année supplémentaire, selon le mode de fonctionnement actuel. Il n'est pas dit qu'on ne devra pas faire face à des changements dans nos façons d'opérer parce que nos mandats auront changé. On nous dit que tout est sur la table et qu'on sera fixés au mois de mai. Pourtant, quatre territoires m'ont dit qu'ils sont prêts à contribuer comme par le passé. Qu'est-ce qu'on fait pendant que la ministre «étudie»? C'est d'un désolant!»

M. Nollet rappelle que les CLD ne faisaient pas que participer financièrement. Ils prenaient aussi part aux décisions.

«C'est toute la région qui disait son mot sur ce qui était prioritaire ou non. Sur ce qui était urgent ou non. Un exemple de ce travail avec les CLD, c'est qu'on avait dit que pour les territoires de Mékinac et des Chenaux, on acceptait d'y aller pour des projets d'hébergement, ce qu'on refusait de faire ailleurs, parce que sur ces deux territoires, tout le monde reconnaissait qu'il y avait des lacunes en hébergement. C'est le genre de discussion de proximité que les agents de développement touristique permettaient de faire avancer, en collant bien sur les réalités. Si on n'a plus cette instance-là, j'espère qu'ils vont la remplacer... par un autre mécanisme qui reste à être inventé.»

Autre exemple de projet que cette concertation régionale a permis de mettre au monde ces dernières années et sans laquelle il aurait été tout simplement impossible, c'est le balisage de la rivière Saint-Maurice. Une entente de cinq ans a été conclue, «envers et contre Hydro-Québec», et ce sera le troisième été en 2015.

«Il y a eu l'élément volonté politique mais aussi l'élément volonté touristique sur les trois territoires, rappelle André Nollet. Faire asseoir Mékinac et Shawinigan à la même table, c'est pas évident, parce que ce n'est pas de même calibre. Et pourtant, à qui profite surtout cette entente? À trois municipalités riveraines de la MRC de Mékinac.»

M. Nollet fait aussi remarquer que le secteur Mékinac, qui a connu un développement touristique important au niveau équestre, risque d'être très pénalisé par la disparition des agents de développement touristique. «Le seul endroit où on peut vraiment développer de l'équestre, entre autres avec des sentiers d'équitation, c'est dans Mékinac, des Chenaux et... Portneuf. On ne pourrait jamais faire ça sur la rive ouest de la rivière à cause du Parc national et de la Réserve St-Maurice. Mais ça a pris de la collaboration pour y arriver et une bonne connaissance de ces territoires. Je trouve qu'on risque un désengagement. C'est bien beau vouloir donner plus de pouvoirs aux villes mais je trouve qu'on est en train de détruire l'esprit régional qui est si difficile à bâtir.»

Risque-t-on de voir chaque petite municipalité ouvrir son mini kiosque touristique comme autrefois?

«Vous lisez dans mes pensées, répond le directeur de Tourisme Mauricie. Ce serait triste, parce que ça, c'est difficile à rentabiliser. Sans compter que maintenant le touriste s'informe sur le web pour ses choix et qu'un site c'est très coûteux à opérer et à garder à jour.»

André Nollet  estime que le temps est sans doute venu pour les villes et municipalités de se coller davantage sur leur association touristique régionale et pourquoi pas, partager des ressources que les territoires n'ont plus les moyens de se payer. Reste à trouver une formule... de financement.

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