La Prairie abandonne la fluoration: Trois-Rivières plus isolée

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Alors que plusieurs villes du Québec décident de cesser de fluorer leur eau potable, Trois-Rivières modernise présentement ses installations en vue de la reprise du programme de fluoration.

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(Trois-Rivières) Après la municipalité de Richmond, c'est au tour de la ville de La Prairie, tout près de Brossard, d'abandonner son programme de fluoration de l'eau potable. Le conseil municipal de La Prairie, réuni lundi soir en séance régulière, a adopté une résolution cessant sa participation au Programme de fluoration du gouvernement du Québec.

C'est au départ une question d'acceptabilité sociale qui a pesé lourd dans la balance de la décision du conseil municipal, lui qui a préféré laisser aux citoyens le libre choix. «Aujourd'hui, contrairement aux années 1970, on retrouve le fluor dans plusieurs produits, dont le plus connu, le dentifrice. L'ajout de fluor est donc compensé par d'autres façons de faire et ce sera aux citoyens, dans leur quotidien, de décider», a fait savoir le maire de La Prairie, Donat Serres.

Dans un communiqué émis mardi, La Prairie signale avoir consulté les rapports du ministère de la Santé, différents experts, avoir étudié le dossier sous tous ses angles et pris en considération les commentaires de nombreux citoyens. «Aujourd'hui, l'ajout de fluorure dans l'eau potable est de plus en plus contesté et plusieurs municipalités ont délaissé la fluoration au cours des dernières années», signale le communiqué, précisant que La Prairie fluorait son eau potable depuis 1972.

La décision de La Prairie fait du même coup passer à 5 le nombre de villes qui continuent de fluorer leur eau potable au Québec. De ce nombre, la plus populeuse, Châteauguay, tiendra une consultation citoyenne d'ici le mois de juin pour se positionner sur la question. Les autres villes sont Lévis (Saint-Romuald), Saint-Georges (Beauce), Dorval et Pointe-Claire. Trois-Rivières n'est toujours pas comptabilisée dans cette liste puisqu'elle est actuellement en processus pour moderniser ses équipements en vue de la reprise du programme.

Si Châteauguay choisit de se retirer elle aussi de ce programme, moins de 90 000 personnes au Québec se retrouveraient ainsi à boire de l'eau fluorée, soit 1,2 % de la population. Actuellement, avec 136 700 citoyens à travers le Québec, 1,7 % de la population boit de l'eau fluorée.

Victoire pour les opposants

Le comité de citoyens qui militait à La Prairie depuis le mois d'avril pour faire cesser ce programme a évidemment crié victoire.

«Ça a été reçu comme un gros cadeau de Noël. Nous y étions pour présenter une demande pour la tenue d'un chantier citoyen, un peu comme ce qui se prépare à Châteauguay. Toutefois, nous n'avons pas eu à intervenir, car le conseil a présenté cette résolution», a signifié Jean-Yves McGee de la Coalition Eau Secours.

Ce dernier considère désormais Trois-Rivières comme étant le dernier gros morceau dans l'offensive des opposants à la fluoration.

«Ce serait la ville la plus peuplée à fluorer son eau. Pour le ministère, ça devient comme une forme de test, puisque l'eau n'y est pas encore fluorée. Toutefois, je persiste à croire que dans l'état actuel des choses, ce n'est qu'une question de temps avant que Québec n'abandonne ce programme et consacre ses budgets en amont de la fluoration, sur des programmes plus ciblés de prévention de la carie dentaire et qui coûteront beaucoup moins cher aux contribuables», croit M. McGee, qui ajoute que dans cette perspective, il serait dommage de voir le conseil municipal s'engager dans d'importantes dépenses pour moderniser des équipements qui pourraient bientôt ne plus servir.

Appelé à commenter la décision de La Prairie, le maire Yves Lévesque a souligné qu'il n'avait pas de commentaires et que chaque ville gérait ses choses comme bon lui semblait. Du côté du ministère de la Santé, Le Nouvelliste attendait toujours la réponse d'un responsable au moment de mettre sous presse.

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