Simulation: des étudiants plongés au coeur d'une tragédie

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La simulation était d'un grand réalisme et les étudiants ont mis à profit leurs connaissances.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Une violente explosion au laboratoire de chimie du Collège Shawinigan. Une quinzaine de blessés. Des éclats de verre dans les yeux, des brûlures chimiques, des membres cassés, blessures au dos et chocs nerveux. Il y a de la vitre brisée partout, de la fumée, des cris, des hurlements, des lamentations et même un mort.

C'est grâce au concours de 45 étudiants-acteurs fort bien maquillés en blessés graves, que 45 autres étudiants en soins infirmiers, en soins préhospitaliers d'urgence, en chimie et en hygiène et salubrité ont pu vivre, lundi midi, la simulation d'un drame majeur au Collège dans lequel ils ont été appelés à intervenir en mettant à profit les connaissances acquises au cours de leurs études jusqu'à présent. La plupart des participants en étaient à leur dernière session dans leur champ d'expertise respectif.

Les étudiants n'étaient pas notés pour leur performance et leurs réactions, mais l'événement a été filmé et fera l'objet d'une rencontre d'évaluation afin d'analyser les bons et les moins bons coups, a expliqué Luc Grenier, coordonnateur du Centre virtuel d'immersion clinique (CVIC), le laboratoire du Collège équipé et organisé en tous points comme une minisalle d'urgence d'hôpital où plusieurs des «blessés graves» ont abouti, lundi.

Les étudiants savaient que quelque chose de spécial se passerait dans leur formation, lundi, mais ils ne savaient pas ce qui allait arriver précisément, explique M. Grenier. «C'est la première fois qu'on fait ça», dit-il.

Les étudiants-ambulanciers ont été les premiers à être mis à profit lorsque «l'explosion» est survenue. «On veut voir s'ils sont capables de trier les patients en vue de les envoyer, après ça, en milieu d'urgence», explique M. Grenier.

Trier est loin d'être facile. Dans un drame de cette ampleur, les ambulanciers ont à peine 30 secondes par patient pour dépister les cas les plus graves et les plus urgents.

Les étudiants ont constaté que cette tâche demande un bon jugement puisque ce n'est pas nécessairement celui qui crie le plus fort qui est le plus en danger. Il faut donc faire preuve de sang-froid.

Lorsque les patients sont arrivés à tour de rôle au CVIC, où attendaient les étudiantes en soins infirmiers, les ambulanciers-étudiants étaient bien préparés. Ils connaissaient les signes vitaux de chaque patient. Ils savaient que l'un d'eux souffrait d'un arrêt cardio-respiratoire, un autre d'un pneumothorax traumatique et un troisième de brûlures chimiques et ils étaient intervenus comme ils l'auraient fait en réalité en pareils cas.

Le coordonnateur du CVIC estime que les futures infirmières de 3e année ont bien réagi elles aussi quand on leur a amené les blessés. «Elles ont l'air à écouter vraiment l'assistante-chef et l'assistante sur le plancher. Elles ont l'air de poser les bonnes questions. J'ai vu des étudiants qui ont appelé le médecin (virtuel)», a-t-il noté.

Les étudiants en hygiène et salubrité ont nettoyé et désinfecté les lits entre les scénarios.

Outre M. Grenier, Steven Gagné, enseignant en soins préhospitaliers d'urgence, Carl Pedneault, responsable de programme en chimie analytique, et Francine Gélinas, enseignante en soins infirmiers, ont travaillé depuis le mois de septembre à préparer cette vaste simulation, crédible dans les moindres détails. Les éclats de verre, par exemple, étaient faits de vitre de sucre cassée. Il y avait du faux sang et de fausses plaies et une dame a simulé la crise de nerfs d'une mère en panique se présentant à l'urgence en se doutant que quelque chose de grave était arrivé à son fils.

Le Collège a dû se coordonner avec la Sûreté du Québec. Il fallait en effet mettre les policiers au parfum de la simulation au cas où quelqu'un les appellerait, croyant que la simulation était un événement réel. En fait, la simulation était tellement bien orchestrée qu'elle a attiré les curieux et certains se demandaient s'il s'agissait d'un événement réel ou pas, d'autant plus que les ambulances du Collège étaient stationnées devant l'édifice pour prendre part à l'événement.

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