Une lettre de l'UMQ envoyée aux contribuables

«On neva quand même pas faire croire aux... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

Agrandir

«On neva quand même pas faire croire aux gens que ça n'aura pas d'impact sur le compte de taxes», a laissé entendre le maire Yves Lévesque en expliquant pourquoi une lettre de l'UMQ accompagnera le prochain compte des Trifluviens.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Trois-Rivières) Lors de l'envoi du compte de taxes municipales, qui sera posté au cours des prochaines semaines, les contribuables trifluviens et shawiniganais trouveront également dans leur enveloppe une lettre qui viendra leur expliquer les réalités entourant le nouveau pacte fiscal.

«Nous avons consenti à ces coupures de manière... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste) - image 1.0

Agrandir

«Nous avons consenti à ces coupures de manière temporaire, en espérant fixer des balises claires pour la prochaine négociation», convient, pour sa part, Michel Angers.

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Ce document, élaboré par l'Union des municipalités du Québec et approuvé par plusieurs maires, vise à informer les citoyens sur les impacts que ce nouveau pacte aura sur le compte de taxes ou les services offerts par la municipalité.

Pour le maire de Trois-Rivières, il s'agit d'une volte-face surprenante de l'UMQ, qui a pourtant signé et approuvé le pacte fiscal transitoire avec Québec, qui impose des coupes de 300 M$ supplémentaires auprès des municipalités.

Le maire estime d'ailleurs que cette lettre vient lui donner raison lorsqu'il s'en prenait aux dirigeants de l'UMQ d'avoir accepté un tel pacte, lui qui avait d'ailleurs menacé de claquer la porte du regroupement au début du mois de novembre.

«Je pense qu'ils n'ont juste pas eu le choix de proposer cette lettre et d'envoyer le message que les maires ne sont pas du tout contents de ce qui arrive», considère Yves Lévesque, qui a pris part, vendredi dernier, à la décision d'envoyer cette lettre.

Le document, un modèle où les villes n'ont qu'à remplacer les espaces vides par le nom de la municipalité et les hausses de taxes ou baisses de services à prévoir au budget 2015, incite par ailleurs les citoyens qui pourraient être mécontents de se faire entendre auprès du député provincial de leur circonscription. Les coordonnées du député local seront d'ailleurs ajoutées sur les lettres.

«On ne va quand même pas faire croire aux gens que ça n'aura pas d'impact sur le compte de taxes. Les maires qui disent que ça n'augmentera pas les taxes ou que ça ne baissera pas les services, à mon avis ils parlent d'argent virtuel, parce que c'est impossible. Et si c'est vraiment ce qui se passe, ça veut dire qu'ils ont trop taxé les années précédentes, ce qui est tout aussi inacceptable. Il faut être réaliste aussi», soutient Yves Lévesque.

Le maire de Trois-Rivières soutient par ailleurs que «si Québec nous avait traités comme de vrais partenaires, avait usé de transparence et d'honnêteté, nous n'en serions pas là».

À Trois-Rivières, les nouvelles coupes représenteront un autre manque à gagner de 3,8 M$, qui s'ajoutera aux coupes de 2,2 M$ déjà imposées par les années passées. À Shawinigan, ce montant sera de 1,2 M$, soit l'équivalent de 2 % du budget annuel, fait remarquer le maire Michel Angers.

Ce dernier, qui appuie la démarche approuvée lors d'une rencontre des grandes villes de l'UMQ vendredi dernier, précise qu'il ne s'agit pas d'un document visant à justifier des hausses de taxes, mais bien à expliquer la situation aux citoyens.

«Les mesures imposées par Québec ont évidemment un impact sur un budget municipal, et nous voulions pouvoir fournir quelques explications pour que les citoyens comprennent bien. Quand j'ai entendu le premier ministre nous dire de ne pas hausser les taxes pour ça et d'aller piger dans nos surplus, je veux bien mais je n'en ai pas de surplus ici», constate Michel Angers.

Le maire de Shawinigan estime toutefois que ce pacte transitoire constitue l'équivalent de «reculer pour mieux sauter». «Nous avons consenti à ces coupures de manière temporaire, en espérant fixer des balises claires pour la prochaine négociation. Si le plan de match du gouvernement pour le redressement de ses finances fonctionne, nous n'aurons plus besoin de venir puiser auprès des municipalités. Je garde espoir et le temps nous dira si nous avons eu raison de faire confiance», croit M. Angers.

Le document rappelle, en outre, que les municipalités du Québec tirent 14,8 % de leurs revenus des transferts gouvernementaux, un montant qui n'a pas bougé depuis 2003. Les municipalités ontariennes tirent pour leur part plus de 21 % de transferts. Les revenus du gouvernement du Québec proviennent à 20 % de transferts fédéraux. «Alors que le gouvernement du Québec déplore le retour au déséquilibre fiscal, il faut reconnaître qu'il existe un déséquilibre fiscal encore plus grand entre Québec et les municipalités», stipule la lettre.

Les maires de La Tuque et Bécancour ont fait savoir au Nouvelliste qu'ils n'avaient pas encore statué sur l'utilisation ou non de cette lettre lors de l'envoi des comptes de taxes, étant donné que les budgets n'avaient pas été complétés et qu'il n'était donc pas encore possible de quantifier l'effet du pacte fiscal sur le budget 2015. Il n'a pas été possible de s'entretenir avec les maires de Nicolet et Louiseville pour connaître leur position face à l'initiative de l'UMQ.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer