Les syndicats disent avoir déjà largement contribué

La tournée du Front commun s'arrêtait en Mauricie... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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La tournée du Front commun s'arrêtait en Mauricie mercredi. Sur notre photo, ses porte-parole, Louise Chabot, (SISP), Véronique De Sève, (CSN) et Jean-Pierre Ouellet (FTQ).

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La CSN et la FTQ et le SISP, à qui Québec demande d'être «plus réalistes» dans leurs revendications salariales, prétendent au contraire avoir déjà largement fait leur part pour l'assainissement des finances publiques.

«À entendre les libéraux, ce n'est jamais le bon moment de réclamer des améliorations salariales», lance Jean-Pierre Ouellet, président du Syndicat québécois des employées et employés de service de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), alors qu'il prenait part, mercredi, à un point de presse de la tournée du Front commun, en Mauricie, dont il était l'un des trois porte-parole.

«On veut lancer un message au président du Conseil du trésor, M. Coiteux, qui vient de déclarer que notre demande salariale de 4,5 % par année pour trois ans est une demande d'une autre époque. Ce que nous craignons, c'est que ce soit plutôt les offres salariales du ministre qui soient d'une autre époque. Il faut réduire l'écart salarial de 8,3 % entre les travailleurs du Québec et ceux de la Fonction publique. Mais avec les libéraux, c'est jamais le temps.»

M. Ouellet rappelle qu'en 2004, en plein croissance économique avec Monique Jérôme-Forget, les libéraux ont imposé un décret prévoyant de 0 % à 2 % d'augmentation de salaire.

«À la sortie de la crise financière en 2008, ce n'était pas le temps non plus pour négocier avec des travailleurs du secteur public. Nous avons accepté un contrat de travail de 0,5 % pour la première année, 0,75 %, 1 %. 1,25 % et 1,50 %. Nous avons été responsables et avons tenu compte de la sortie d'une crise financière. Aujourd'hui, on nous répète ad nauseam: austérité! austérité! austérité! Ce n'est jamais le bon moment pour les travailleurs du secteur public.»

Le porte-parole syndical croit au contraire que, compte tenu de l'écart de 8,3 % qui s'est installé au cours des dernières années, l'augmentation réclamée de 4,5 % par année pour trois ans est justifiée. Elle s'explique ainsi: 2 % par année pour combler le retard de la rémunération globale identifié par l'ISQ; 2 % supplémentaires pour maintenir la parité salariale avec les autres salariés québécois au cours de la durée de la convention et afin d'assurer une protection contre la hausse du coût de la vie et, enfin, un montant fixe équivalent à 0,5 % du salaire moyen afin que la croissance économique du Québec puisse bénéficier aux employés de l'État.

«Vous savez, on parle d'un écart de 8,3 % mais juste pour les ouvriers spécialisés de la fonction publique, l'écart est rendu à 38 %. On n'est plus capable d'engager un plombier dans la fonction publique. On n'est plus attractif. Et ça, ça amène de la sous-traitance avec le privé, dans lequel cas on doit payer le 38 % d'écart, favorisant ainsi souvent le copinage.»

Pour sa part, Véronique De Sève, vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) a rappelé que le Front commun parle au nom de 400 000 travailleurs qui oeuvrent dans tous les domaines, dans toutes les régions du Québec et que cette négociation est non seulement importante pour eux mais, à son avis, pour toute la population puisque il est aussi question «d'assurer l'avenir des services publics.»

Mme De Sève a relevé que pour la région Mauricie-Centre-du-Québec seulement, on compte 31 180 salariés des services publics et que ces derniers «ne font pas que coûter de l'argent», ils contribuent aussi à dynamiser l'économie en détenant plus de 14 % des emplois.

«C'est une somme d'environ 1,2 milliard $ qui est injectée dans l'économie régionale. Du côté de la fonction publique, ce sont 2880 femmes et hommes qui donnent vie aux programmes gouvernementaux et qui répondent aux besoins de la population. Dans le secteur de la santé et des services sociaux, ce sont 15 460 travailleurs. Nos enfants côtoient 10 950 personnes dans les commissions scolaires, dans les cégeps, ils sont 1890 à dispenser une éducation postsecondaire de qualité. Ils agissent aussi en tant que vecteur de développement économique.»

Enfin, de son côté, Louise Chabot, porte-parole du Secrétariat intersyndical des services publics (SISP) croit que l'enjeu est majeur. «Le gouvernement prévoit le départ à la retraite de 15 000 employés du secteur public annuellement, au cours des prochaines années. Des mesures concrètes d'attraction et de rétention de la main-d'oeuvre doivent être convenues avec le gouvernement. Nous devons dès aujourd'hui prendre les moyens nécessaires pour assurer la continuité de la qualité des services publics dans la région.»

M. Ouellet a aussi tenu à revenir sur la question de la fameuse sécurité d'emploi dans la fonction publique, tant décriée par certains, en précisant que 52 % des emplois sont en fait à statut précaire ou à temps partiel.

Lorsqu'on demande aux leaders syndicaux s'ils ne craignent pas que leurs voix se perdent un peu à travers toutes les revendications actuelles, engendrées par les dernières annonces gouvernementales, Mme Chabot répond que le pouvoir citoyen doit s'exercer au quotidien. «En démocratie, on a voix au chapitre et le gouvernement doit écouter. En ce moment, la seule façon de le faire, c'est en illustrant les méfaits de ses politiques.»

Mme De Sève précise pour sa part que la mobilisation populaire avait réussi à faire reculer le gouvernement Charest et son projet de grande réingénierie... et que les carrés rouges l'ont chassé du pouvoir.

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