Violence conjugale: pour briser le silence

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Manu Lemire pose en compagnie de Céline LeBlond, répondante régionale en matière de violence conjugale et d'agressions sexuelles à l'Agence de santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La violence conjugale demeure un problème criant au Québec et les victimes de tels actes sont invitées à briser le silence pour aller chercher de l'aide qui les amènera à se remettre sur pied physiquement et psychologiquement.

À la suite du lancement, lundi, des 12 jours d'action pour l'élimination de la violence envers les femmes, Céline LeBlond explique que les cas de violence conjugale ont diminué en Mauricie depuis quelques années. Toutefois, un seul cas de violence demeure un cas de trop, rappelle la répondante régionale en matière de violence conjugale et d'agressions sexuelles à l'Agence de santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

«Le nombre de personnes susceptibles de subir de la violence conjugale par 100 000 habitants est de 280,1 au Québec et de 246 en Mauricie. On travaille fort en intervention et en prévention, on est une région très développée pour les services offerts.»

Selon Mme LeBlond 17 310 infractions reliées à la violence conjugale ont été répertoriées au Québec en 2012. De ce nombre, 82 % des infractions ont été perpétrées par des hommes. Il existe différents services d'intervention (maisons d'hébergement, centres de santé, centres pour conjoint à comportement violent) qui offrent un réel soutien. C'est sans compter les services téléphoniques d'Info-Social (811) et de SOS violence conjugale (1 800 363-9010).

«L'important pour les femmes est d'en parler, ajoute Mme LeBlond. C'est un premier pas pour aller chercher de l'aide et essayer de trouver les bonnes personnes qui les supportent dans leur démarche de changement de vie.»

La mère de Manu Lemire a pris cette décision il y a une vingtaine d'années. Elle et son fils ont séjourné à la maison le FAR afin de sortir de cette dynamique familiale malsaine et M. Lemire a des souvenirs de son passage à cette ressource.

«J'avais entre trois et cinq ans. J'ai des souvenirs, des images. Je me souviens de l'intervenante Hélène et de sa soupe, c'était mon moment de réconfort de la journée. Et quand les intervenantes s'entretenaient avec ma mère, d'autres intervenantes prenaient soin de moi, me stimulaient. J'ai eu plusieurs mères qui m'ont aidé à prendre le droit chemin.»

Manu Lemire admet sans gêne qu'il était un bambin turbulent avec des comportements violents. Aujourd'hui âgé de 24 ans, il donne des conférences sur la maîtrise de soi pour amener les gens à passer de l'état de victime à l'état de leader positif.

«J'ai appris à sacrer avant de parler. Je lançais des objets, je bottais les choses. J'avais peur des hommes parce que je pensais qu'ils étaient tous comme mon père. Les intervenants m'ont appris que ce n'était pas un bon comportement pour un petit garçon. Sans leur encadrement, je ne serais pas ce que je suis. Et ma mère a été d'une bonté naturelle. La force de caractère qu'on m'a donnée a fait une différence.»

Les 12 jours d'action pour l'élimination de la violence envers les femmes sont le thème d'une série d'activités lancée lundi par l'Agence de santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Des conférences, des ateliers pour les élèves du secondaire et des distributions de bougies et de rubans blancs seront offerts jusqu'au 6 décembre par les maisons, les centres et les mouvements pour les femmes.

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