Journée de «Grand dérangement» en Mauricie

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Près de 150 travailleurs municipaux ont manifesté en soirée à Shawinigan.

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(Trois-Rivières) Retards dans les circuits de transport en commun, manifestations devant le bureau du ministre Jean-Denis Girard, autocollants et modification des uniformes de travail, voilà quelques-uns des gestes posés mercredi par les employés municipaux qui participaient au «Grand dérangement».

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Des autocollants ont été apposés sur les véhicules de la Sécurité publique et la Société de transport, laissant dire au maire que la facture du nettoyage sera envoyée aux syndicats.

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Ce mouvement syndical, rebaptisé «la Grande cassure» au cours de la journée de mercredi, a pris des proportions différentes aux quatre coins du Québec et se voulait une façon d'exprimer le mécontentement des travailleurs du secteur municipal face au projet de loi 3 sur les régimes de retraite.

Déjà tôt en matinée, les circuits de la Société de transport de Trois-Rivières ont été retardés en raison de la présence d'employés municipaux qui bloquaient l'entrée des garages de la STTR.

Toutefois, selon Simon Lapierre, porte-parole de la Coalition des syndicats municipaux de Trois-Rivières, ce dérangement a été causé par des employés municipaux de l'extérieur de Trois-Rivières, qui ont choisi de poser cette action. Un retard d'une trentaine de minutes a été enregistré sur les circuits, retard qui s'est résorbé vers le début de l'après-midi.

Il faut dire qu'aucun des syndicats représentant l'un ou l'autre des corps de métiers municipaux à Trois-Rivières ne disposait d'un vote de grève, contrairement à certains autres syndicats un peu partout au Québec. Les actions posées localement ont donc été faites dans l'optique de ne pas déranger les services à la population ou le bon déroulement de la journée de travail, précise M. Lapierre.

On a notamment pu voir des policiers revêtir le fameux pantalon d'armée, ou encore des cols blancs venir travailler en «linge mou». Des pancartes et affiches étaient aussi visibles sur les véhicules publics, mais les employés avaient reçu le mot d'ordre d'apposer un visuel qui pouvait se retirer facilement, sans causer de dommages aux véhicules municipaux.

Des autocollants ont tout de même été apposés sur certains autobus de la STTR ainsi que sur des voitures de la Sécurité publique de Trois-Rivières, ce qui a fait dire au maire Yves Lévesque que la facture pour le nettoyage de ces autocollants serait envoyée au syndicat.

«Je ne sais pas si ce sont des gens de chez nous ou des manifestants venus de l'extérieur qui les ont posés, mais au bout du compte, ça relève du même syndicat alors ce sont eux qui recevront la facture. Nous avions pris entente pour ne pas que les véhicules municipaux soient endommagés, alors si on contrevient à cette entente, ce n'est pas à la Ville de payer», croit M. Lévesque.

Ce dernier a d'ailleurs confié, d'un air amusé, que des syndiqués seraient venus l'attendre chez Cora mercredi matin et auraient même demandé à la serveuse de leur indiquer quelle était la table du maire. Or, le premier magistrat n'est pas allé déjeuner au restaurant, mercredi matin.

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Des travailleurs ont manifesté devant le bureau du député de Trois-Rivières et ministre régional Jean-Denis Girard mercredi matin.

Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste

Par ailleurs, toute la journée, des manifestations se sont tenues devant le bureau du député et ministre Jean-Denis Girard, par des employés municipaux en congé ou qui s'y rendaient durant les heures de pause et de dîner.

De leur côté, une quarantaine de policiers de la Sécurité publique de Trois-Rivières se sont rendus du côté de Sainte-Julie, où une grande manifestation de policiers venus de partout au Québec s'est tenue devant les bureaux municipaux de la mairesse Suzanne Roy, aussi présidente de l'Union des municipalités du Québec. Ces policiers étaient tous en congé et le service n'a donc pas été interrompu.

«On espère toujours un maximum de participation dans les circonstances et avec les moyens dont nous disposions, mais nous sommes quand même satisfaits de la participation de nos membres», mentionne Simon Lapierre.

Ce dernier s'est par ailleurs montré très déçu d'apprendre que l'opposition officielle et le gouvernement en étaient arrivés à une entente, ce qui laisse croire que le projet de loi sera adopté quelque part au début du mois de décembre.

«Nous avions bon espoir d'avoir une certaine opposition là-dedans. Le fond des revendications, pour nous, c'est surtout le précédent qu'une telle loi va créer quant au respect des contrats qui ont été négociés de bonne foi. Désormais, on pourra bafouer n'importe quel contrat sans se préoccuper des conséquences sur ceux qui ont négocié.

Par ailleurs, les syndiqués devront désormais payer pour le déficit des années passées, même si ce déficit a été approuvé de bonne foi par les deux parties qui négociaient», soutient Simon Lapierre, qui promet que plusieurs employés municipaux trifluviens seront de la grande marche contre l'austérité qui se déroulera samedi à Québec.

Des manifestations ont aussi eu lieu du côté de Bécancour par les employés municipaux de l'endroit.

En soirée, près de 150 travailleurs municipaux de Shawinigan, de Saint-Séverin, de Saint-Boniface, d'Hérouxville et de la MRC de Mékinac ont manifesté dans le calme à Shawinigan à la fin de leur journée de travail. Après s'être rassemblés devant l'hôtel de Ville, les syndiqués affiliés à la CSN ont marché dans quelques rues du centre-ville pour dénoncer le projet de loi 3.

Le président du syndicat des cols bleus de la Ville de Shawinigan, Alain Thiffault, soutient que les travailleurs municipaux de Shawinigan travaillent déjà avec l'administration municipale afin d'améliorer la situation du régime de retraite. Le projet de loi, qui s'appliquerait à toutes les municipalités, ne fait donc pas l'affaire de ces employés.

«Ça fait quatre ans qu'on fait plusieurs démarches pour améliorer le régime de retraite», souligne M. Thiffault. «Le maire Angers a même salué en septembre dernier [dans Le Nouvelliste] notre perspicacité syndicale. Nous avons toujours démontré notre bonne volonté.»  

Le président du syndicat des cols blancs de Shawinigan, Styve Morand, abonde également en ce sens. «Nous sommes actuellement en santé. Les employés ont toujours mis l'argent qu'ils devaient dans le régime de retraite, contrairement à l'employeur qui lui avait la possibilité de ne pas le faire», explique-t-il.

Notons qu'en signe de solidarité, les professeurs et chargés de cours de l'Université du Québec à Trois-Rivières ont consacré leur pause du matin à une courte manifestation à l'université, en soutien aux employés municipaux.

Avec la collaboration de Gabriel Delisle

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