La Beauce recrute à Trois-Rivières

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Quinze ans après avoir tenté le coup en Gaspésie, une firme de ressources humaines de la Beauce débarque à Trois-Rivières demain pour y tenir un Salon de l'emploi. Installés à l'hôtel Delta, de 10 h 30 à 20 h, une dizaine d'employeurs auront en poche une centaine de postes à proposer à une main-d'oeuvre jugée plus disponible en Mauricie qu'ailleurs au Québec.

«On a regardé les statistiques et on a vu que le taux de chômage y est plus élevé», explique le président de PME partenaires Ressources Humaines, Thomas Quirion, pour justifier le choix de Trois-Rivières.

Celui-ci avait mené une première mission de recrutement à Chandler en 1999 alors que la région venait de subir un dur coup économique avec la fermeture de la papetière Gaspésia. «Beaucoup s'étaient présentés à ce moment-là», a-t-il raconté.

Cette fois, son cabinet en ressources humaines arrive dans une région amputée de centaines d'emplois depuis deux ans à la suite de la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2, à Bécancour, ainsi que des usines Rio Tinto Alcan et Laurentide, à Shawinigan.

«Peut-être y aura-t-il des gens intéressés à venir voir notre coin de pays», soulève-t-il par rapport à la présence d'entreprises de la région Chaudière-Appalaches.

Affichant presque le plein emploi, celle-ci, qui profite déjà de sa proximité des «lignes américaines», semble connaître une reprise de son secteur manufacturier. Avec un nombre de curriculum vitae qui est à la baisse, le milieu doit même se tourner parfois vers l'international pour pallier à la pénurie de main-d'oeuvre. D'où cette idée de venir explorer le bassin de travailleurs mauriciens.

Parmi les métiers en demande, il y a surtout des journaliers et des manoeuvres, dont 36 opérateurs. Plusieurs techniciens et quelques ingénieurs sont aussi recherchés. Certains métiers spécialisés tels que ferblantiers, machinistes, mécaniciens industriels et soudeurs-monteurs figurent sur la liste des postes disponibles. Des emplois seront également offerts en administration et en informatique.

Pour le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, cela démontre «qu'on a de la main-d'oeuvre qualifiée». «Tant mieux s'il y a des emplois disponibles. On veut que les gens travaillent au Québec même si on souhaite, en priorité, que ce soit chez nous», indique un premier magistrat aucunement offusqué par l'offensive beauceronne.

Même son de cloche du côté du directeur général d'Innovation et Développement économique Trois-Rivières, Yves Marchand, qui ne se dit pas vexé par une telle initiative.

«On n'a pas été avisé. Mais ça ne me dérange pas. Ce n'est pas négatif. Il y a une main-d'oeuvre disponible et tant mieux s'il y a des gens qui peuvent améliorer leur sort en se trouvant un emploi. On n'est pas pour se mettre des barrières géographiques. Ce serait une guerre inutile», a-t-il confié.

Ce dernier fait remarquer que des entreprises d'ici embauchent aussi des gens de l'extérieur. Et le Salon de l'emploi organisé par IDÉ Trois-Rivières depuis deux ans «rayonne au-delà de la région» en attirant des employeurs d'ailleurs. Avec plus de 4000 visiteurs le printemps dernier, les organisateurs vont récidiver le 9 avril 2015, toujours à la Bâtisse industrielle.

Même s'il croit que le choix de Trois-Rivières par les promoteurs du «mini-salon» relève d'une fausse perception de la situation de l'emploi, M. Marchand attribue la tenue de cet événement dans «la capitale régionale» au message lancé par les récentes fermetures à Shawinigan.

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