«L'avenir de la rectrice était en jeu»

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'Université du Québec à Trois-Rivières a assumé le paiement de la somme de 87 818,58 $ de frais d'avocats de sa rectrice, Nadia Ghazzali (79 267,89 $) et de son ancienne vice-rectrice Lucie Guillemette (8550,69 $) à la suite d'un dossier d'éthique et de déontologie, en septembre 2013.

«L'avenir de la rectrice était en jeu», explique le président du conseil d'administration, Yves Tousignant, qui se souvient très bien de l'affaire.

Le cas de la chaire de recherche de la rectrice avait en effet interpellé le comité d'éthique et de déontologie de l'UQTR et fut discuté le 21 mai 2013 et le 17 juin 2013 au conseil d'administration à huis clos.

«Le comité d'éthique s'était réuni une vingtaine de fois», se rappelle M. Tousignant. «Les avocats spécialistes en droit d'éthique sont dispendieux», fait-il valoir.

Les recommandations du comité d'éthique «en regard des gestes reprochés à mesdames Lucie Guillemette et Nadia Ghazzali n'ont pas été retenues par le conseil d'administration, dit-il, ce que confirme d'ailleurs la résolution adoptée à huis clos qui se trouvait hier, par un étrange concours de circonstance, sur le site Web de l'Université.

On se rappellera queMme Ghazzali avait apporté avec elle, lors de son entrée en poste, une prestigieuse chaire de cherche du CRSNG pour les femmes en sciences et en génie dans laquelle il restait une somme de 107 000 $.

Le 16 avril 2012, le conseil d'administration avait adopté une résolution octroyant àMme Ghazzali un poste de professeur sans salaire qui permettait, justement, de transférer cette chaire à Trois-Rivières.

Le CRSNG ne finance en effet des chaires que si des organismes d'appui fournissent une contribution financière égale ou supérieure à la sienne.

La Fondation de l'UQTR avait alors accepté, le 6 novembre 2012, d'appuyer la chaire à raison de 50 000 $ par année pendant trois ans.

Une lettre anonyme avait alors circulé dans les médias accompagnée de la copie d'une lettre signée par Mme Guillemette faisant état de bénéfice fournis par l'UQTR en guise de contribution à la chaire: salaire de deux professionnels, salaire d'un agent d'administration régulier, dégagements annuels d'activités d'enseignement, administration et soutien aux chercheurs, le tout pour 294 000 $ par année, soit près de 1 million $ sur trois ans.

Mme Guillemette avait eu l'occasion de s'expliquer à ce sujet lors d'une conférence de presse tenue en mars 2013.

Cette dernière avait indiqué que ces montants n'étaient qu'une quantification en argent des services qui entourent déjà les titulaires de chaire et qu'aucune nouvelle personne n'était engagée et qu'elle même n'en retirait aucun bénéfice.

La rectrice, de son côté, avait précisé, au cours de la même rencontre de presse, que les 100 000 $ qu'elle allait toucher à partir d'avril grâce à sa chaire seraient versés à des bourses destinées aux étudiants.

Sur le site de l'UQTR, on indique que la chaire avait été renouvelée le 1er janvier 2013.

De son côté, le CRSNG indique que la chaire de Mme Ghazzali prenait fin le 31 octobre dernier (2014). Le CRSNG avait été informé à l'été 2013 que la rectrice avait l'intention de renoncer à sa chaire.

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