Intimidation à l'UQTR: le professeur Chartier porte plainte au ministre Bolduc

Le professeur de l'UQTR Éric Chartier.... (Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste)

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Le professeur de l'UQTR Éric Chartier.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Éric Chartier, ce professeur en saine gouvernance et en performance organisationnelle qui entend briguer la présidence du Syndicat des professeur(e)s de l'UQTR, a contacté nul autre que le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, pour se plaindre du climat qui règne toujours à l'UQTR.

Le professeur Chartier explique que depuis son projet de présidence, il a été victime de menaces et d'intimidation de la part de membres de la haute direction de l'UQTR, notamment lorsqu'il a assisté aux audiences de la Commission des relations du travail, le 17 novembre dernier, portant sur le congédiement de son confrère, Alain Fournier, ancien directeur des équipements à l'Université.

Le professeur Chartier s'est fait dire par un membre de la haute direction qu'il n'avait pas affaires là et qu'il le «paierait cher prochainement.»

Il a aussi appris avec horreur qu'une enquête interne était en cours à son sujet.

M. Fournier, pour sa part, porte sa cause devant la Commission pour harcèlement psychologique à son endroit.

M. Chartier a discuté de la situation avec le député de Maskinongé, Marc H. Plante, qui entend sensibiliser le ministre Bolduc. «Je suis très préoccupé par ce qui se passe à l'Université. Je vais interpeller mon collègue, le Dr Bolduc qui, lui, verra pour la suite. Je vais faire un rôle d'intermédiaire. En tant que citoyen et que député je me sens interpellé», a indiqué hier M. Plante.

Selon Éric Chartier, les pressions qu'il subit sont en fait «un stratagème de build up de dossier», une stratégie identique à celle qui a été employée afin de se départir de plusieurs autres personnes à l'Université, «des gens intègres et compétents», dit-il.

«Il faut faire de l'aveuglement volontaire pour ne pas voir ce problème qui brise des vies par des harcèlements, par la perte d'emplois, par les menaces, par les maladies engendrées par la suite», dit-il.

On se souviendra qu'une brochette importante de personnes ont été soit congédiées ou ont donné leur démission depuis l'entrée en poste de la rectrice, Nadia Ghazzali.

On parle notamment de l'ancien vice-recteur, Martin Gélinas qui, lui aussi, sera devant la Commission des relations de travail cet hiver car lui aussi s'est dit victime de harcèlement et de menaces.

Le secrétaire général, Me André Gabias, est lui aussi disparu de la carte universitaire dans le cadre de trois rapports commandés en 2013 par l'UQTR sur différents services, notamment sur le Secrétariat général et dont Le Nouvelliste avait obtenu copie.

Certains cadres supérieurs de l'Université ont eux aussi porté plainte contre l'administration et ont reçu des mises en demeure par la suite. On pense à l'ancien registraire et ancien président de l'Association des cadres, Normand Shaffer et à Rémi Tremblay qui était l'adjoint d'un vice-recteur.

Il y a aussi le cas de l'ancien vice-recteur, Cléo Marchand, qui oeuvrait au sein de l'UQTR depuis 1974 et qui fut sorti de sa retraite pour venir à la rescousse du vice-rectorat aux finances et à l'administration. M. Marchand avait raconté au Nouvelliste, en décembre 2013, s'être senti soudainement «tassé» et traité «comme un chien embarrassant.»

On se rappellera également du cas de Vincent Guay, choisi par les quatre collèges de la région pour siéger au CA de l'UQTR, qui a claqué la porte en septembre 2013 en raison de sa dissidence face aux décisions prises par l'administration Ghazzali.

Après quatre ans au sein de l'organisation, la directrice des communications, Guylaine Beaudoin, s'est retrouvée subitement sans emploi, elle aussi, après avoir reçu 182 000 $ dans le cadre d'une entente privée avec l'Université.

Le 12 avril 2013, le Syndicat du personnel professionnel exprimait un vote de non confiance envers la rectrice et parlait d'un climat de méfiance.

En juin 2011, peu après l'entrée de Mme Ghazzali, ce fut au tour de Nicole Bouchard, doyenne des études de cycles supérieurs de claquer la porte. Elle était entrée en poste quelques mois plus tôt. Préférant ne pas commenter son départ précipité, Mme Bouchard avait néanmoins déclaré qu'elle ne «voulait pas nuire à l'institution qui écope beaucoup de cette situation difficile.»

Éric Chartier a vite compris qu'un pattern semble se dessiner et n'entend pas se contenter d'en être victime. C'est pourquoi il met régulièrement au courant le cabinet du ministre Bolduc des situations en cours à l'UQTR.

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