Sotrem reprend le centre de coulée de Rio Tinto

Au centre, le directeur de l'usine Shawinigan Aluminium,... (Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste)

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Au centre, le directeur de l'usine Shawinigan Aluminium, Pierre Bernard, entouré du ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, Jacques Daoust et du maire de Shawinigan, Michel Angers.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

Le gouvernement du Québec a consenti trois mesures spéciales au Groupe Sotrem-Maltech pour finaliser l'acquisition du centre de coulée de Rio Tinto Alcan à Shawinigan. Le ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, Jacques Daoust, s'est déplacé à l'usine lundi midi pour confirmer cette participation.

Ces mesures ont formé la dernière brique pour la création de Shawinigan Aluminium. La nouvelle entreprise, qui a officiellement pris possession du centre de coulée le 1er novembre, permet de préserver 75 emplois et entraînera des retombées économiques de 15 millions de dollars au cours des dix prochaines années.

Le transfert ne s'est toutefois pas réalisé sans heurts.

En janvier, Rio Tinto Alcan annonçait la signature d'une entente d'exclusivité avec le consortium formé de Sotrem-Maltech et Pluri-Capital pour l'éventuelle acquisition du centre de coulée de Shawinigan.

À ce moment, les parties croyaient pouvoir conclure une vente en août. Mais les négociations avec le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques pour l'approvisionnement en eau et les rejets dans la rivière

Saint-Maurice, de même que les discussions avec le ministère des Ressources naturelles sur l'application de nouveaux tarifs d'électricité, ont grugé beaucoup de temps. Ajoutez à cela les contorsions pour faire passer une nouvelle convention collective et les projets d'intégration du Groupe FerroAtlántica dans la partie de l'ancienne aluminerie et vous obtenez tout un casse-tête pour la reprise du centre de coulée.

«J'ai bâti plusieurs entreprises à travers le Québec et celle-ci fut l'une des plus difficiles à concrétiser», convient le président-directeur général du Groupe Sotrem-Maltech, Michel Boudreault.

Pierre Achim, ancien directeur de l'usine et aujourd'hui directeur, Développement économique régional pour Rio Tinto Alcan, cachait mal sa fierté de voir aboutir des négociations qui se sont finalement étendues sur 16 mois.

«Depuis l'arrêt des salles de cuves, nous travaillons afin de minimiser les impacts de cette décision de la façon la plus respectueuse possible», rappelle-t-il.

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Le prix de la transaction n'a pas été dévoilé, mais il est acquis que RTA a laissé beaucoup d'argent sur la table pour favoriser cette vente. Shawinigan Aluminium bénéficie aussi de trois mesures gouvernementales annoncées par M. Daoust lundi midi.

L'entreprise réclamait un prêt de trois millions de dollars et Investissement Québec le lui a consenti, avec une période de remboursement de huit ans. De plus, Albecour, une filiale du bras économique du gouvernement provincial qui possède 13 % de l'Aluminerie Alouette de Sept-Îles, fournira 12 000 tonnes d'aluminium par année au Groupe Sotrem-Maltech aux conditions du marché à compter de 2017.

Enfin, Québec accorde une période transitoire de six ans avant que Shawinigan Aluminium s'acquitte du tarif d'électricité industriel normal.

Sur ce point, il faut savoir que Rio Tinto Alcan bénéficiait d'un contrat d'approvisionnement qui datait de 1945 avec la Shawinigan Water & Power. Cette entente se termine en 2016 et Hydro-Québec a consenti à ce que Shawinigan Aluminium bénéficie de ce tarif avantageux, qui n'a toutefois pas été précisé, pour les deux prochaines années. Par la suite, l'entreprise rejoindra progressivement le prix normal pour une consommation de 3,73 mégawatts.

M. Daoust n'a évidemment pas raté l'occasion de souligner le rôle joué par le Groupe tactique d'intervention économique d'Investissement Québec, créé à la suite de l'annonce de la fermeture de la papeterie Laurentide par Produits forestiers Résolu. Du même souffle, il image la complexité des discussions pour favoriser la réussite de cette vente complexe.

«Nous essayions de mettre l'eau à la bonne température, mais nous avions six ou sept robinets à ajuster», illustre M. Daoust.

Jean-Denis Girard, ministre délégué aux Petites et Moyennes Entreprises, à l'Allègement réglementaire et au Développement économique régional et responsable de la Mauricie, se félicitait de l'action rapide de son gouvernement dans ce dossier. Son collègue du comté de Saint-Maurice, Pierre Giguère, a pris la peine de remercier Rio Tinto Alcan pour avoir cru en la possibilité de transférer son centre de coulée à un repreneur.

Quant à Julie Boulet, elle a bien résumé l'importance de cette transaction pour sa ville.

«L'aluminium fait partie du patrimoine des Shawiniganais», illustre la députée de Laviolette. «Ça coule dans nos veines !»

Dans un concert d'éloges qui n'est pas passé inaperçu, les quatre représentants libéraux présents ont tenu à souligner la ténacité de Michel Angers dans ce dossier.

«Je m'en voudrais de ne pas parler de la perspicacité du maire de Shawinigan, qui peut s'avérer très convaincant», sourit M. Daoust. «Je voudrais lui attribuer une partie du mérite, parce que quand on ne crie pas au feu, personne ne répond au feu.»

M. Angers se réjouissait évidemment de ce dénouement, mais il prévient les représentants libéraux que sa liste n'est pas épuisée.

«Il reste beaucoup de pain sur la planche. Shawinigan a besoin, plus que jamais, de la présence du gouvernement du Québec pour la relance de son économie, parce qu'aucune autre ville n'a été plus durement touchée par une désindustrialisation massive au cours des 40 dernières années.»

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