Un don du ciel pour l'Accalmie

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Une des fondatrices de l'Accalmie, Solange Guimond, ainsi que le directeur général et le président de l'organisme, Patrice Larin et Philippe Roy, ont reçu le don des mains de Roxanne Boucher.

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(Trois-Rivières) Roxanne Boucher aurait bien aimé qu'un organisme comme l'Accalmie existe lorsque son frère Laurent, affligé par de tenaces pensées suicidaires, lui «coulait entre les doigts». Il s'est enlevé la vie. C'était il y a quinze ans. Depuis, la jeune femme soutient sans relâche cet organisme qui oeuvre auprès des personnes suicidaires. Cet appui indéfectible permet même à l'Accalmie de recevoir un don inespéré de 35 000 $, grâce à un concours de son employeur, Capital One.

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Roxanne Boucher a réussi à décrocher grâce à son employeur Capital One une bourse de 35 000 $ au profit de l'Accalmie, accompagnement et hébergement pour personnes suicidaires.

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«Ç'a fait quinze ans le 23 octobre que mon frère s'est suicidé. C'est un gros anniversaire. Et j'ai appris le lendemain que je gagnais le concours. Quel beau gros don in memoriam pour mon frère», avoue Roxanne Boucher émue, mais aussi très fière de pouvoir remettre un si gros chèque à l'Accalmie.

Originaire de Trois-Rivières, Roxanne Boucher travaille depuis quelques années aux bureaux montréalais de Capital One Canada. Lorsqu'elle a appris l'existence du programme «Qui veut être un philanthrope», un concours qui permet aux employés de l'entreprise de faire valoir les mérites d'un organisme communautaire, elle n'a pas hésité à proposer l'Accalmie, accompagnement et hébergement pour personnes suicidaires.

Touchés par la mission de l'organisme, des collègues de partout au Canada ont choisi l'Accalmie qui a été créé à Trois-Rivières pour accompagner et aider les personnes qui ont des pensées suicidaires à retrouver goût à la vie.

«Je voulais montrer qu'avec une ressource comme l'Accalmie, il y a plus de gens qui s'en sortent. Il y a des solutions qui existent. Ç'a touché beaucoup de gens. Mes collègues avouaient qu'ils aimeraient avoir des Accalmie à Toronto, à Calgary», soutient Roxanne Boucher, évidemment très heureuse de remettre 35 000 $ à l'Accalmie grâce à son employeur. «Au début, j'y croyais à peine. D'avoir le premier prix, wow!»

L'Accalmie est unique et les circonstances de sa création le sont tout autant. Au début des années 2000, la mère de Roxanne Boucher, Solange Guimond, se rend avec une cinquantaine de personnes endeuillées par le suicide d'un proche à l'assemblée publique de l'Agence de santé et des services sociaux pour réclamer un organisme de soutien. Grâce à cette intervention, l'Accalmie voyait le jour en 2005 et depuis, 1600 personnes ont séjourné dans ce centre de répit, de repos pour l'âme.

«Ma mère a été la première présidente de l'Accalmie. C'est depuis toujours notre cause, à elle et à moi», précise Roxanne Boucher.

Il n'y a aucun doute pour elle que l'Accalmie est un modèle à suivre qui permet de faire une énorme différence pour les personnes en détresse ainsi que pour leurs proches, qui souvent se sentent impuissants, totalement démunis et parfois coupables devant les idées noires d'un être aimé.

«Il y a quinze ans, j'aurais tellement aimé ça qu'il y ait une Accalmie. Je ne dis pas que ça l'aurait sauvé, je ne sais pas, il n'y a personne qui le sait. Mais il me coulait entre les doigts, carrément. J'ai appelé toutes les lignes d'aide, mais j'étais physiquement incapable de faire quelque chose avec», se souvient-elle.

«Ça ne s'appelle pas la solution miracle, ça s'appelle l'Accalmie. C'est une pause dans la tempête. Ça ne veut pas dire que tu sors de là et que tu es guéri. Mais lorsque la personne va à l'Accalmie, elle est coupée de tout facteur anxiogène. Et quand la personne qui souffre est là, ses proches ont un break. Ils n'ont pas peur que la personne s'enlève la vie lorsqu'ils dorment. Ça permet à l'entourage d'avoir un peu de recul.»

Pour l'Accalmie, ce geste de philanthropie est accueilli comme «extrêmement encourageant». Ce don de 35 000 $ témoigne, selon Philippe Roy, président du conseil d'administration de l'organisme, de l'importance pour la communauté qu'a l'Accalmie et sa mission. Ce don représente près de 400 nuits d'hébergement. À l'heure où le mot austérité est sur toutes les lèvres, particulièrement sur celles des membres du gouvernement, ce don est salvateur.

«C'est très significatif de l'importance de l'Accalmie», soutient celui qui est également docteur en service social.

La démarche de l'Accalmie et le travail de ses professionnels ont démontré au fil des ans leurs capacités à aider des personnes plongées dans une profonde souffrance. Après un séjour passé à l'Accalmie, 95 % des personnes en ressortent libérées de leurs idées suicidaires.

«Lorsque la personne franchit le seuil de la porte de l'Accalmie, elle est dans l'action, il se passe quelque chose. C'est une démarche qui la raccroche à l'espoir. De plus, cela permet de briser l'isolement. Les personnes avec des idées suicidaires gardent souvent ça à l'intérieur, pour ne pas achaler les gens», explique M. Roy. «L'Accalmie est un endroit calme, accueillant et sécuritaire.»

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