Rapport Robillard: «Ça frôle l'indécence»

Le maire de Shawinigan Michel Angers.... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Le maire de Shawinigan Michel Angers.

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(Shawinigan) Les coupes de 300 millions $ imposées par le dernier pacte fiscal entre Québec et les municipalités ne sont pas encore digérées par les maires qu'on apprend que le comité Robillard affirme que l'État pourrait faire des économies supplémentaires pouvant aller jusqu'à 1,3 milliard $ auprès des municipalités.

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Jean-Guy Dubois, maire de Bécancour.

Émilie O'Connor

«Je suis tombé en bas de ma chaise lorsque j'ai vu les recommandations», lance d'emblée le maire de Shawinigan, Michel Angers.

«Dans le contexte actuel, aller chercher 1,3 milliard $ encore une fois dans les poches des municipalités, ça frôle l'indécence. Ça fait déjà plusieurs fois que les municipalités passent à la caisse et nous le ferrons pour le prochain budget à la hauteur de 300 millions $ pour l'ensemble du Québec.»

À Shawinigan, ces compressions de 300 millions représentent une coupe de 1,2 million $ pour la prochaine année. À cela s'ajoutent les pertes de revenus causées par les fermetures des usines de Rio Tinto Alcan et de la Laurentide, de Produits forestiers Résolu. Ces fermetures engendrent respectivement des manques à gagner de 600 000 $ et de 1,2 million $.

«Je ne sais plus où nous allons prendre l'argent. Et on en rajoute», dénonce le maire.

Michel Angers n'accepte pas de plus la solution proposée aux municipalités par le comité, soit de compenser ces coupes par les surplus réalisés. «Il ne faut vraiment pas comprendre comment le monde municipal fonctionne quand on pense que les surplus des municipalités servent simplement de coussins», soutient le maire Angers.

«Une ville ne peut pas faire de déficit. C'est donc normal que les villes puissent faire un surplus de 5 ou 10 %. Dans notre cas à Shawinigan, c'est bien en bas de ça. Nous avons un surplus de 3 millions $ sur un budget de 82 millions $. Nous sommes loin de nager dans l'argent.»

Le maire de Shawinigan a vivement sursauté lorsqu'il a entendu les propos de la présidente du comité de révue des programmes, Lucienne Robillard, au sujet de la gestion des finances des villes. La présidente invite les municipalités à mieux gérer leurs dépenses. «C'est presque du mépris. Comme si les municipalités n'étaient pas capables de contrôler leurs dépenses.»

Il serait surprenant que le gouvernement, qui vient de négocier un pacte fiscal avec l'Union des municipalités du Québec, décide d'appliquer les recommandations de le comité qui concernent les municipalités. C'est du moins ce qu'espère le maire de Shawinigan.

«Je suis assez convaincu que le gouvernement n'acceptera jamais ça», précise le maire qui rappelle que le gouvernement s'était engagé à négocier un nouveau pacte fiscal après avoir atteint le déficit zéro. «Ce n'est pas de gaieté de coeur que les municipalités ont signé le pacte transitoire, mais si l'an prochain, on nous ajoute encore 1,3 milliard $, ça ne marchera vraiment pas. Tout le monde (les maires) en a ras le bol. Ç'a passé de travers les 300 millions $.»

Le premier magistrat de Bécancour, Jean-Guy Dubois, est également surpris de la proposition de le comité Robillard de récupérer 1,3 milliard $ auprès des municipalités. «On vient de couper 300 millions $. Pour nous, c'est un impact de 415 000 $ sur un budget de 26 millions $. Et là on ajouterait 1,3 milliard $», affirme le maire de Bécancour qui avoue son incompréhension de la situation.

«Il semblait que le déficit du gouvernement était de 2 milliards $. À ce que je comprends, il est rendu à 3,5 milliards $ juste [en coupant] dans les municipalités, à l'Union des producteurs agricoles (UPA) et dans les garderies. Et il n'y a rien de coupé encore dans les ministères.»

De son côté, le maire de Trois-Rivières souhaite communiquer avec d'autres maires de la région avant de se prononcer publiquement sur la question.

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