S'en sortir grâce à des modèles positifs

Marie-Josée Silva, propriétaire du restaurant Souvlaki du secteur... (Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste)

Agrandir

Marie-Josée Silva, propriétaire du restaurant Souvlaki du secteur Cap-de-la-Madeleine, est heureuse de pouvoir faire partie des modèles positifs dans la vie de son employée, Justine (nom fictif), qui est sous la tutelle des Centres jeunesse depuis l'âge de 13 ans.

Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

(Trois-Rivières) À 17 ans, Justine (nom fictif) en a entendu de toutes les sortes à son sujet. À l'école, on l'a souvent traitée de racaille. Pour les parents de ses amies, elle a parfois été cataloguée comme étant une mauvaise fréquentation. Pourtant, ce qui différencie Justine des autres jeunes de son âge, c'est seulement qu'elle est sous la tutelle des Centres jeunesse et des familles d'accueil depuis l'âge de 13 ans, après avoir connu plusieurs conflits avec son beau-père.

De simples gestes, de simples mots qui peuvent avoir toute une incidence pour une jeune femme qui tente malgré tout de faire sa place dans la société, à l'aube de ses 18 ans. Heureusement, à travers son parcours, Justine a aussi pu faire la rencontre de personnes qui ont été déterminantes dans son développement, comme Marie-Josée Silva, propriétaire du restaurant Souvlaki de Cap-de-la-Madeleine. Le jour où Justine est allée lui porter son C.V. pour travailler, Mme Silva a cru en elle comme en n'importe quel autre jeune qui démontrait une volonté d'apprendre et de travailler dur.

«Quand elle est venue me porter son C.V., elle ne m'a pas dit qu'elle était au Centre jeunesse. Je l'ai considérée comme n'importe quelle autre fille qui voulait devenir serveuse. C'est plus tard qu'elle m'a confié sa réalité. Mais pour moi, ça n'a pas fait de différence. Elle a une belle volonté et beaucoup de détermination. Elle travaille bien, c'est ça l'important», fait savoir Mme Silva, qui s'est rapidement reconnue à travers l'histoire de Justine.

Il faut dire que Mme Silva a bénéficié elle aussi, dans sa jeunesse, des mêmes services, et était donc bien placée pour comprendre sa réalité. «J'ai eu à vivre moi aussi avec les préjugés, mais il faut apprendre à marcher droit. J'aurais aimé avoir de bons modèles dans ma vie alors je crois que c'est aussi à moi de devenir un bon modèle pour elle. Pour ces jeunes, c'est souvent le regard positif que l'adulte portera sur eux qui leur donnera une lumière», exprime Mme Silva.

L'exemple de Justine se répète pratiquement chaque jour dans les Centres jeunesse de la Mauricie et du Centre-du-Québec. À l'occasion de la Semaine des Centres jeunesse du Québec, l'organisme a tenu à sensibiliser le public sur l'importance du soutien des intervenants, mais aussi de l'entourage comme les employeurs, dans l'évolution des jeunes qui ont parfois débuté leur parcours de vie avec des outils en moins. Dans la région, ce sont 750 intervenants qui permettent aux jeunes de baser leurs actions sur des modèles positifs et s'engager vers l'autonomie.

Depuis le 5 juin dernier, Justine a fait son entrée au centre La Maisonnée, aussi appartenant aux Centres jeunesse. Cette ressource qui peut regrouper jusqu'à neuf jeunes filles à la fois se veut un milieu de vie où l'on prône l'autonomie en préparation au départ des filles vers la vie d'adulte. Justine s'assoit donc régulièrement avec les intervenants de la maison pour discuter de sa nouvelle réalité, dans quelques mois. On l'aide à établir un budget pour la vie en appartement, à lui donner des outils pour se structurer une fois qu'elle aura quitté le centre, à voir à ce qu'elle se prenne en main à travers ses obligations que sont l'école, le travail, les comptes à payer, etc.

«J'ai hâte d'y être, d'être en appartement et de faire mes affaires. Je veux continuer de travailler au restaurant parce que Marie-Josée est vraiment une boss super, et je veux aussi aller étudier en Histoire et civilisation», confie Justine.

Et pour ce qui est des mauvaises langues qui l'entourent? «J'essaie de ne pas y prêter attention, parce que moi je sais que ce n'est pas vrai. J'ai d'ailleurs beaucoup plus confiance en moi depuis que je travaille au restaurant avec le public et ça m'aide beaucoup», explique-t-elle avec une maturité et une force impressionnante.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer