Domrémy amorce une tournée de sensibilisation sur le jeu compulsif

David Lavigne, psychoéducateur au centre de réadaptation Domrémy.... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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David Lavigne, psychoéducateur au centre de réadaptation Domrémy.

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Psycho-éducateur au centre de réadaptation Domrémy Mauricie et Centre-du-Québec, David Lavigne amorcera une tournée de sensibilisation sur le jeu compulsif dans le cadre de la Semaine de prévention des toxicomanies qui se déroule jusqu'au 22 novembre.

Cette semaine de sensibilisation vise les dépendances en général et particulièrement le jeu compulsif, cette année, c'est-à-dire tout type de jeu de hasard et d'argent (gratteux, loteries, casino, appareils de loterie vidéo dans les bars).

Le jeu compulsif est une forme de dépendance «encore un peu tabou pour certains», dit-il, «donc les gens hésitent à venir nous consulter.»

M. Lavigne a l'intention de faire la tournée d'organismes communautaires, d'entreprises et des CLSC présents à proximité des 11 points de service de Domrémy, de La Tuque à Drummondville «pour donner de la formation et de l'information sur le jeu», dit-il.

Très connu pour ses services relatifs au traitement des dépendances aux drogues et à l'alcool, Domrémy intervient aussi au niveau de la dépendance face au jeu compulsif depuis une dizaine d'années.

La formation qu'entend dispenser M. Lavigne permettra «de répondre aux questions, de préciser la nature de cette dépendance, les caractéristiques des usagers et de favoriser les évaluations, la détection et s'assurer que ces gens-là viennent dans nos services le plus rapidement possible parce que souvent, quand ils nous arrivent, c'est déjà tard», dit-il.

Le mot «dépendance» évoque souvent le portrait-type du jeune qui consomme des drogues, mais le jeu compulsif touche aussi des gens âgés, dit-il.

Afin d'évaluer si le jeu est pathologique ou non, les intervenants utilisent le DSM 4, le Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux, utilisé par les psychiatres et médecins.

On y trouve une dizaine de critères pour savoir si la personne présente ou non des problèmes de jeu, explique M. Lavigne. Parmi ces critères, on trouve des obsessions constantes pour le jeu, un besoin d'augmenter les mises pour atteindre un état d'excitation et des efforts infructueux pour contrôler, réduire ou arrêter de jouer. Dans certains cas, cette tentative est accompagnée d'irritabilité.

La personne peut jouer pour fuir certaines situations, elle retourne au jeu soi-disant «pour se refaire», va jusqu'à mentir à la famille ou à l'entourage et commettra même des actes illégaux pour financer la pratique du jeu. Évidemment, le joueur compulsif peut finir par mettre sa carrière en danger ou des relations importantes et doit finalement compter sur les autres pour se sortir de situations difficiles engendrées par le jeu compulsif.

La fréquence du jeu n'est pas nécessairement un indicateur de dépendance. «On a des gens qui vont au casino une fois par mois, mais qui vont tout mettre leur argent alors qu'il y a d'autres gens qui peuvent y aller toutes les semaines, mais mettre seulement 5 $ et arrêter là», illustre M. Lavigne.

En fait, selon les études, plus de 80 % des gens au Québec jouent à des jeux de hasard et d'argent. Toutefois, seulement quelque 0,7 % des adultes vont développer, à un moment ou l'autre de leur vie, une dépendance par rapport au jeu.

«C'est surtout au niveau des sommes investies qu'on va aller voir s'il y a une problématique ou pas», indique l'agent de relations humaines chez Domrémy.

L'organisme peut alors entamer «un travail au niveau cognitif pour voir quelles sont les erreurs de pensée qui vont faire que je vais retourner vers le jeu. Il faut bien expliquer c'est quoi le hasard, la chance et déprogrammer un peu ce qui a été construit pendant des années», explique M. Lavigne.

Les idées sont souvent erronées et les joueurs pensent que «cette machine-là paie, mais pas celle-là» ou encore, «aujourd'hui les machines n'ont pas payé parce qu'elles étaient vides. Je vais donc y retourner demain.»

«C'est ce genre d'erreur de pensée-là qu'on ne retrouvera pas au niveau de l'alcoolisme ou de la toxicomanie, mais qu'on va retrouver dans le jeu», explique l'intervenant.

Quand l'entourage doit-il commencer à s'inquiéter de la pratique du jeu d'une personne? En observant certains signes, indique M. Lavigne: «Stress, anxiété, dépression, isolement, troubles du sommeil, problèmes intestinaux, problèmes financiers, vols, parfois une double problématique alcool-jeu, négligence au niveau de la propreté personnelle ou du logement, idées suicidaires, retards ou absences au travail, résume-t-il.

Domrémy privilégie une intervention auprès du joueur, mais un travail peut se faire aussi auprès de l'entourage, dit-il.

«Même si le joueur ne veut pas venir en traitement, on peut quand même donner un support au niveau de l'entourage», rappelle-t-il. Ceci, dit-il, peut permettre entre autres de mettre des limites pour ne pas que tout l'argent passe au niveau du jeu.

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