Quand le charme dépasse la limite...

Les anciennes députées Danielle St-Amand et Noëlla Champagne... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Les anciennes députées Danielle St-Amand et Noëlla Champagne voient d'un bon oeil une éventuelle politique sur le harcèlement sexuel pour les parlementaires et leurs employés.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Même si elles en ont été épargnées, les anciennes députées Danielle St-Amand et Noëlla Champagne voient d'un bon oeil une éventuelle politique sur le harcèlement sexuel pour les parlementaires et leurs employés. Mais si la première prône la tolérance zéro, la seconde se montre plus nuancée.

«Il faut revoir un peu les règles, sans tomber dans le panneau de la démesure au moindre regard de côté. Soyons mesurés. L'UQAM est un exemple de dérapage à ne pas répéter. Il y a une énorme distinction entre gars charmeur et harceleur», fait valoir l'ancienne représentante de Champlain qui se demande s'il y aura poursuite pour harcèlement à chaque fois qu'un homme pose la main sur l'épaule d'une femme.

Le président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, vient de charger le Cercle des femmes parlementaires de Québec, présidé par Maryse Gaudreault, de concevoir une politique sur le harcèlement sexuel pour les députés et leur personnel.

«Maryse est une bonne personne pour animer ça. J'ai siégé avec elle sur la Commission Mourir dans la dignité. Et le Cercle des femmes parlementaires est une belle famille dont je faisais partie. Ça ne peut pas être mauvais que les femmes en discutent, les discussions faisant avancer les choses, mais il faut mettre les hommes dans le coup. Cela va permettre de faire le point, mais je ne m'attends pas à un bureau pour les grandes agressées de l'Assemblée nationale», souligne Mme Champagne.

Pendant toutes ces années passées à Québec, elle dit avoir connu «beaucoup plus de respect que de non respect» sur la colline parlementaire. «Je n'ai pas vécu de harcèlement et je n'ai pas été dans des situations qui l'ont favorisé. Et on ne vient pas tous au monde avec le même caractère», précise-t-elle par rapport à la réaction propre à chaque femme.

Sans nier l'existence du harcèlement et de l'intimidation, l'ex-politicienne rappelle «qu'un gars va demeurer un gars et une fille, une fille». «Il faut apprendre à nos jeunes hommes et jeunes femmes ce respect qu'on doit avoir», affirme cette ancienne enseignante qui plaide en faveur d'une «éducation plus large pour développer des comportements de respect et parler de ce que c'est que d'être un bon citoyen».

«Je suis contre la tentation de profiter de certains événements pour en beurrer davantage, de donner un grand coup de balai sans se préoccuper de la vraie cause. C'est comme si on disait de changer la rue de place à la suite d'un accident au coin de la rue», confie-t-elle.

Pour sa part, Danielle St-Amand trouve «exceptionnelle et géniale» l'initiative du président de l'Assemblée nationale. «Sur Facebook, je publie déjà beaucoup depuis deux semaines des articles par rapport à ça et le malaise, il est là», a-t-elle constaté.

Si elle dit avoir été témoin de propos à double sens lors de son passage au parlement de Québec, l'ancienne députée de Trois-Rivières considère que «ce n'est pas pire qu'ailleurs».

«Choisis par les citoyens, les élus doivent être les premiers à montrer l'exemple. C'est une question de solidarité humaine. Ce qu'on tolérait avant, ceux qu'on appelait les mononcles cochons, on n'en veut plus de ça. Il faut lancer le message, ne plus tolérer ceux qui dépassent les limites du respect. Ça va avec l'éducation. C'est tolérance zéro», lance Mme St-Amand.

Cette dernière souhaite que les travaux «très justifiés» du Cercle des femmes parlementaires fassent écho dans les entreprises en les incitant à se doter d'une politique. «Si tu as un problème, fais-toi soigner», conclut-elle.

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