Vague de dénonciations d'agressions sexuelles: un geste de solidarité

Une femme sur trois va être agressée au...

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Une femme sur trois va être agressée au cours de sa vie.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La vague de dénonciations d'agressions sexuelles sur Twitter, qui fut amorcée dans la foulée de l'affaire Jian Ghomeshi, ancien animateur vedette de CBC, est perçue comme un geste de solidarité par les CALACS (Centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel) de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

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Marie-Soleil Desrosiers du CALACS Trois-Rivières.

«On est bien content que ça sorte», indique Marie-Soleil Desrosiers du CALACS Trois-Rivières. «Je trouve ça intéressant de voir les médias sociaux qui sont utilisés, pour une fois, à bon escient et non pas juste pour faire, par exemple, du harcèlement», dit-elle.

«C'est un bon moyen, un moyen actuel. On parle plus d'une vague de dévoilement que d'une vague de dénonciation. Les agresseurs ne sont pas nécessairement nommés», fait-elle remarquer, «mais on vient actualiser ou mettre en image nos statistiques selon lesquelles une femme sur trois va être agressée au cours de sa vie», dit-elle.

Rappelons qu'au cours des derniers jours, des allégations de harcèlement sexuel ont été faites par deux députées du NPD à l'endroit des députés libéraux Massimo Pacetti et Scott Andrews.

Lundi, ce fut au tour de l'ancienne vice-première ministre du Canada, Sheila Copps, de raconter qu'elle a été victime d'un viol il y a 30 ans.

Grâce à cette vague de dénonciations, dit Mme Desrosiers, «on vient nommer le problème social, car c'est un problème de société», explique-t-elle. «Il y en a beaucoup trop et quelque chose fait en sorte que c'est toléré et que les victimes ne parlent pas», dit-elle.

En en parlant dans l'espace public, estime-t-elle, on va «briser les tabous, briser les préjugés parce que beaucoup de personnes pensent que les femmes ont fait quelque chose pour être agressées», indique Mme Desrosiers.

Toutefois, rappelle-t-elle, il y a des enfants et même des personnes âgées qui sont agressées sexuellement «parce que ce sont des personnes vulnérables et parce qu'on ne les croira pas», fait valoir Mme Desrosiers.

Nicole Hamel du CALACS Entraid'Action de Shawinigan fait valoir que la démarche judiciaire qui peut suivre la dénonciation d'une agression est extrêmement difficile pour la victime car elle est souvent accusée d'avoir brisé la famille, d'où l'importance pour elle d'aller chercher du soutien.

Pour l'instant, les CALACS régionaux n'ont pas reçu un nombre supplémentaire de demandes d'aide, depuis le début de l'affaire Ghomeshi, mais s'attendent à une hausse prochaine.

«Dès qu'il y a un mouvement médiatique c'est sûr qu'on s'attend à ce qu'il y ait un impact au niveau des CALACS», fait valoir Nicole Hamel. «Quand il n'y a pas de mouvement médiatique, c'est une cinquantaine de demandes par année qui arrivent au CALACS de la région de Shawinigan tandis que celui de Trois-Rivières en accueille environ 150 par année.

Marie-Soleil Desrosiers ne cache pas que le CALACS de Trois-Rivières s'attend lui aussi à avoir un peu plus de demandes. Quand est survenu le cas Nathalie Simard, «il s'en est suivi une vague de demandes», se souvient-elle. «Ce n'est pas parce qu'il y a plus d'agressions sexuelles maintenant, mais c'est parce qu'elles sont plus dévoilées.»

Les CALACS sont-ils prêts à recevoir un surplus de demandes d'aide? «Je ne sais pas», reconnaît Mme Desrosiers. «On est toujours dans l'inquiétude. On est toujours tendu, surtout avec ce qui se passe au gouvernement, dans les coupes, dans tous les changements qui s'en viennent. Depuis quelques années, les organismes communautaires sont en lutte pour leur financement», dit-elle.

Le CALACS de Trois-Rivières doit même composer avec une liste d'attente. La coordonnatrice, Joëlle Boucher-Dandurand, tient toutefois à préciser que l'organisme est en mesure de fournir quand même un service de première ligne rapidement aux victimes. Il ne faut donc pas hésiter à recourir au CALACS en cas de besoin, fait-elle valoir.

«On va avoir de l'écoute téléphonique, de l'évaluation, des rencontres», dit-elle. «Il peut y avoir une certaine attente pour avoir un service individuel pour vraiment faire le travail sur les conséquences, mais si l'urgence est là, des mesures vont être prises», assure Mme Boucher-Dandurand.

À Shawinigan, il n'y a pas de liste d'attente, mais selon Nicole Hamel, «on est obligé, peut-être, de limiter nos interventions par rapport à la prévention, sensibilisation et tout ça.» Malgré tout, dit-elle, «il ne faut pas que les personnes s'empêchent de téléphoner.»

Marie-Soleil Desrosiers du CALACS Trois-Rivières livrera, en compagnie d'autres intervenants, un atelier au Colloque régional de traumatologie Mauricie et Centre-du-Québec mercredi. Son atelier s'intitulera «Accueil d'une victime d'agression sexuelle: premier contact déterminant.»

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