Solidarité rurale: le bureau de Nicolet en péril

Claire Bolduc... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Claire Bolduc

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Nicolet) Solidarité rurale du Québec est la nouvelle victime des coupes gouvernementales alors que l'organisme provincial situé à Nicolet, avec neuf employés à temps complet, est menacé de devoir fermer ses portes au terme de l'exercice financier. Mais sa présidente Claire Bolduc entend se battre pour «rester le phare que nous sommes».

«Ce n'est pas la fin de Solidarité rurale. On a encore besoin de nous. On est toujours restée une coalition d'individus et d'organismes ayant à coeur la vitalité et la prospérité des communautés rurales. On le restera, mais avec beaucoup moins de moyens. Rien n'est pas sur la table», a-t-elle expliqué au Nouvelliste.

Dès le 1er avril 2015, le financement de 750 000 $, sur un budget d'un million de dollars, ne sera plus au rendez-vous.

«Les municipalités vont-elles nous offrir des espaces? Nous devons diminuer nos frais de fonctionnement et on a déjà coupé le salaire de tout le monde de 20 %», a confié celle qui souhaite voir Solidarité rurale demeurer à Nicolet, «un symbole fort» par sa situation géographique centrale au Québec.

Créée en 1991 pour assurer le suivi des États généraux du monde rural, Solidarité rurale du Québec a pour mission de promouvoir la revitalisation et le développement du monde rural, de ses villages et de ses communautés, de manière à renverser le mouvement de déclin et de déstructuration des campagnes québécoises.

Composée d'une vingtaine d'organismes nationaux, de plus de 200 membres corporatifs et individuels, la Coalition agissait, depuis juin 1997, à titre d'instance-conseil du gouvernement du Québec en matière de ruralité.

«C'est un pacte avec le diable que s'apprêtent à signer nos élus municipaux à leur corps défendant. Les milieux ruraux et nos régions y perdront leur âme. Et tout ça pour quoi? Pour des bouts de pouvoirs et un trou dans le budget de leurs municipalités. Si on peut être d'accord avec des transferts de responsabilités vers les MRC, il est hors de question d'endosser les coupes annoncées et l'éviction de la contribution citoyenne», soutient Mme Bolduc.

Celle-ci souligne que ce pacte, qui vient supprimer les conférences régionales des élus et les centres locaux de développement, amènera des mises à pied massives, et une perte d'expertise qui est inestimable pour les milieux ruraux. «Rappelons que l'expertise en région rurale, c'est le nerf de la guerre en matière de développement», affirme-t-elle.

Solidarité rurale du Québec réagit aussi vivement aux changements annoncés aux organisations que sont les CSSSS, les commissions scolaires et les carrefours jeunesse-emploi.

«Il y a une trame commune dans toutes les réformes annoncées ou souhaitées de ces organisations: les milieux locaux n'auront plus de prise sur le développement de services dans leur milieu et sur les organisations qui en assurent la prestation. Comment pourront-ils influer sur leur propre développement sans cette prise?», demande Mme Bolduc.

À son avis, on assiste actuellement à un retour en arrière de 23 ans.

«On s'est attaqué à ça en 1991 et, avant, en 1960. Les politiques d'austérité n'ont pas permis aux sociétés de s'en sortir. Le développement qui vient de l'intérieur attire le développement économique, le milieu de vie attire les entreprises», a-t-elle conclu.

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