Le milieu rural est le grand perdant du pacte fiscal

«L'enveloppe de chaque CLD sera réduite de plus... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

Agrandir

«L'enveloppe de chaque CLD sera réduite de plus de 55 % alors qu'on leur en avait déjà coupé l'année dernière. C'est beaucoup, beaucoup moins d'argent pour fonctionner.» - Gérard Bruneau

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) S'il en est un qui sait prendre la mesure du nouveau pacte fiscal annoncé par le gouvernement Couillard, c'est bien Gérard Bruneau. En plus d'être maire de Saint-Maurice, préfet de la MRC des Chenaux et président du Centre local de développement des Chenaux, il est également président de la Conférence régionale des élus de la Mauricie.

Robert Lalonde... (Photo: Stéphane Lessard) - image 1.0

Agrandir

Robert Lalonde

Photo: Stéphane Lessard

«La concertation régionale, ce n'est pas simplement asseoir... (Photo: Stéphane Lessard) - image 1.1

Agrandir

«La concertation régionale, ce n'est pas simplement asseoir les maires autour d'un café pour jaser de ce qu'ils ont lu dans Le Nouvelliste!» - Alain Vallée

Photo: Stéphane Lessard

Or, comme il le fait remarquer, de ces quatre chapeaux, il ne lui en reste que deux et même ceux-là ont été amochés par l'opération austérité.

Pour ce qui est des CLD, M. Bruneau estime que peu importe quelle sera leur future structure, il faudra préserver leur mission au sein des MRC, soit l'aide au démarrage ainsi que le soutien aux entreprises.

Il espère aussi que tout le monde réussira à conserver l'expertise qu'on y a développée... faute de conserver tout leur personnel.

Toutefois, il reconnaît que le maigre budget accordé pour y arriver représente un grand défi. «L'enveloppe de chaque CLD sera réduite de plus de 55 % alors qu'on leur en avait déjà coupé l'année dernière. C'est beaucoup, beaucoup moins d'argent pour fonctionner.»

Même son de cloche du côté de la MRC de Maskinongé où le préfet Robert Lalonde, maire de Saint-Léon-le-Grand, ne décolère pas d'avoir vu Québec couper le budget de son CLD, à qui on vient pourtant de verser des fonds supplémentaires en guise de reconnaissance de son exceptionnelle performance.

«J'ai espéré jusqu'au dernier moment des modulations, il n'y en a pas eu. En plus, dans les faits, les coupes sont plus importantes qu'on le dit. Et cet argent, j'en avais besoin pour assurer le dynamisme dans mon territoire.»

Dans la MRC de Mékinac où le CLD (classé parmi les trois meilleurs au Québec en 2013) vient tout juste de quitter les locaux de la MRC pour un bureau dans le centre-ville de Saint-Tite, (avec un bail de cinq ans) le maire de Sainte-Thècle et préfet, Alain Vallée, aura non seulement lui aussi à jongler avec un budget lourdement amputé, mais il devra rapatrier le CLD dans ses locaux, alors que le deuxième étage de l'immeuble de la MRC a déjà été loué au CLSC de Saint-Tite. Un beau casse-tête en perspective.

Si la préservation de la mission économique des CLD en région rurale reste leur première préoccupation, les préfets se montrent aussi inquiets de la disparition de la cohésion que la conférence régionale des élus avait réussi à instaurer en Mauricie, surtout en période de dévitalisation économique généralisée.

Rien n'est proposé pour la remplacer et ce n'est pas la table régionale des préfets, une instance sans budget ni personnel, qui pourra prendre le relais.

«La concertation régionale, ce n'est pas simplement asseoir les maires autour d'un café pour jaser de ce qu'ils ont lu dans Le Nouvelliste!», tonne le préfet Alain Vallée.

«La CRÉ était le seul organisme de mobilisation régionale, renchérit le préfet de Maskinongé. Avec elle, Maskinongé, Mékinac et des Chenaux pouvaient faire entendre leur voix. Ça va manquer dans le sens que sans la CRÉ, plus rien ne nous lie. Tous les efforts que nous avons faits pour ouvrir la Mauricie au reste du Québec vont retomber. C'est une situation qu'on peut comparer aux années 60-70 alors qu'il y avait plein de guerres de clochers.»

Le préfet Gérard Bruneau est d'autant plus inquiet qu'à ce jour, il n'a pas compris que l'argent qui était versé aux conférences régionales des élus sera réparti sur les territoires.

«J'ai épluché ça un peu. Quand le gouvernement dit qu'il va abolir les CRÉ pour donner 100 millions $ du fonds de développement aux MRC, il faut savoir que dans ces 100 millions $, il y a le pacte rural, ainsi que les enveloppes dédiées au soutien des MRC, sans oublier les subventions pour payer les salaires des agents de développement ruraux. Il n'y a pas d'argent neuf.»

«Évidemment Québec garde aussi des fonds (21 millions $) pour financer la fermeture des CRÉ, soit pour les salaires, les locations d'immeubles, etc. Il faut aussi bien saisir que pour les MRC, ce n'est pas une bonification qu'on nous envoie. Au niveau des responsabilités, oui, mais pas au niveau des budgets.»

Enfin, les maires se demandent ce qu'il adviendra du développement forestier et minier en Mauricie, deux secteurs dont s'occupait la CRÉ.

«Ce qu'on entend dire, c'est qu'on va faire des choses en fonction de l'argent qu'on a. Mais en bout de piste, si la situation économique se dégrade encore en Mauricie, ce sera moins d'argent dans les coffres du gouvernement», prévient Gérard Bruneau.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer