Nouveau pacte fiscal: les municipalités divisées

Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, joint sa... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, joint sa voix à celle de ses collègues de Gatineau, Longueuil, Laval et Saguenay pour dénoncer les coupes de 300 millions $ endossées par l'UMQ.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Les maires de Trois-Rivières, Gatineau, Laval, Longueuil et Saguenay s'unissent pour dénoncer les coupes de 300 millions $ imposées par le nouveau pacte fiscal conclu, sur fond d'austérité budgétaire, entre l'Union des municipalités du Québec (UMQ) et Québec.

«Ce pacte fiscal représente ni plus ni moins un transfert du poids fiscal du gouvernement du Québec aux gouvernements municipaux. Si nous sommes obligés d'augmenter les taxes pour payer ce déficit, encore une fois, ce sont les mêmes contribuables qui paieront», dénoncent les maires des cinq villes importantes, en précisant que leurs administrations seront contraintes d'augmenter les taxes foncières ou bien de couper les services aux citoyens.

«Les villes ont à leur charge 58 % des infrastructures publiques québécoises, alors qu'elles ne reçoivent que 8 % des taxes et impôts payés par les contribuables.»

Les maires de ces cinq villes, qui représentent près de 1,5 million de citoyens, estiment de plus que les municipalités ont déjà fait face à des coupes l'an dernier, rendant difficile de composer avec les restrictions budgétaires supplémentaires de 300 millions $.

«Les municipalités ont déjà suffisamment contribué. Uniquement l'année dernière, le gouvernement québécois a ajouté des coupes de 235 millions $ dans ses transferts aux municipalités. Aujourd'hui, il nous annonce des coupes unilatérales supplémentaires de 300 millions $. C'est inacceptable.»

Autre son de cloche du côté du Caucus des cités régionales de l'UMQ. Dans la région, les villes de La Tuque et de Shawinigan sont membres de ce regroupement qui appuie le nouveau pacte fiscal annoncé mercredi. Bien qu'il soit conscient que ce nouveau pacte entraînera des impacts inévitables dans toutes les régions du Québec, il endosse cette entente négociée sur fond d'austérité budgétaire.

«L'UMQ a choisi la voie la plus sensée dans le contexte actuel», soutient le président du Caucus, le maire de Victoriaville, Alain Rayes.

«La confrontation et la chaise vide n'étaient pas des options responsables dans les circonstances. Les compressions budgétaires font mal et ce n'est pas de gaieté de coeur que nous en prenons acte, mais elles ne doivent pas nous diviser.»

Il nous a été impossible mercredi de discuter avec le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque. Après avoir vivement dénoncé le nouveau pacte fiscal avec les municipalités, il avait même menacé de quitter l'UMQ. Ces propos ont fait vivement réagir mercredi le maire de Québec, Régis Labaume. Celui-ci a déploré que M. Lévesque n'ait jamais fait valoir ses revendications à l'UMQ.

«On a eu une réunion, à peu près tous les jours depuis une semaine, du conseil d'administration et du comité exécutif. Le maire de Trois-Rivières n'est jamais là. Il ne vient pas nous dire ce qu'il pense. On apprend ça dans les journaux. Je lui demande d'avoir un peu de courage et de venir en discuter avec nous autres», a lancé mercredi en conférence de presse le premier magistrat de Québec.

La Fédération québécoise des municipalités (FQM), qui représente 40 administrations uniquement en Mauricie, s'est quant à elle résignée, dans les circonstances actuelles, à accepter le nouveau pacte fiscal, qualifié tout de même «d'exercice difficile».

«Si le milieu municipal consent à un tel effort, c'est qu'il fait confiance au gouvernement que ce sera la seule fois. On n'acceptera pas de passer à la caisse deux fois», a fait valoir le président de la fédération et maire de Saint-Elzéar en Beauce, Richard Lehoux.

Le maire de Lac-Édouard, Larry Bernier, est un des représentants au conseil d'administration de la FQM. Il avoue que le nouveau pacte fiscal et les coupes de 300 millions $ qui y sont associées ont créé un véritable «tsunami» auprès des maires de la province.

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