Besoins des églises: les marguilliers veulent être consultés

L'église de Sainte-Anne-de-la-Pérade est de celles qui ont... (Photo: Gabriel Delisle)

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L'église de Sainte-Anne-de-la-Pérade est de celles qui ont besoin de beaucoup de réparations.

Photo: Gabriel Delisle

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Saint-Maurice) Les besoins en réparations de toutes sortes des églises de la MRC des Chenaux sont beaucoup trop importants pour que le fonds du pacte rural de cette MRC, plutôt modeste, puisse y répondre, même partiellement. C'est le message non équivoque lancé par le préfet Gérard Bruneau, à quelques jours d'une réunion importante devant redéfinir le plan de développement stratégique de cette MRC.

Ce faisant, le préfet reprenait presque mot pour mot une déclaration récente en ce sens du maire de Saint-Narcisse, Guy Veillette, qui travaille à la préparation de cette rencontre qui réunira des élus et quelques leaders locaux et où il sera question, entre autres, des projets admissibles au fonds du pacte rural, un fonds créé pour soutenir les projets en lien avec la qualité de vie des municipalités, principalement en matière de loisirs et de culture, et qui devrait être maintenu malgré les coupes annoncées.

Quoi qu'il en soit, les marguilliers des paroisses de dix municipalités exigent d'être entendus lors de la grande rencontre du 11 novembre. Alertés par leur collègue René Beaudoin, 37 marguilliers ont tenu une rencontre jeudi dernier dans la sacristie de l'église de Champlain où il fut question de l'avenir des églises et de l'importance à donner au patrimoine religieux dans les prochaines années.

Selon M. Beaudoin, qui est aussi historien, la MRC des Chenaux accuse un retard important en matière de patrimoine religieux si on compare à la MRC voisine, la MRC de Portneuf, où on discuterait de cette question depuis les années 90 et où la dimension communautaire est, à son avis, beaucoup plus développée dans l'utilisation des églises.

«On est les premiers concernés par la question des églises et personne n'a été invité à participer à la rencontre de consultation sur le plan stratégique, déplore-t-il. Jeudi passé, personne n'avait entendu parler de quelque chose de la part de son conseil municipal. Rien. Alors, j'ai posé la question; sommes-nous d'accord ou non d'être exclus du pacte rural? Et les gens ont répondu non. Il nous faut un soutien du milieu immédiat pour la réfection de nos églises», résume M. Beaudoin.

Les marguilliers soutiennent que leur église respective contribue elle aussi à dynamiser la collectivité, ne serait-ce que par les célébrations hebdomadaires où on encourage les gens à s'entraider, à être des aidants naturels, mais aussi lors des mariages, des baptêmes et des services funéraires, qui sont des rites de passage même s'ils se font plus rares.

Mais surtout, l'historien ne peut se faire à l'idée qu'on laisse aller de belles églises historiques. «Allons-nous laisser nos châteaux tomber les uns après les autres? Non! On pense que c'est aussi de responsabilité municipale, mais pas seulement locale. Il faut que ce soit aussi au niveau de la MRC. Saint-Prosper avec 500 de population n'a pas la même capacité qu'une municipalité de 6000 personnes.»

Lorsqu'on demande pourquoi le milieu municipal devrait se préoccuper de sauver des églises quasi vides que l'évêché lui-même semble abandonner à leur sort, M. Beaudoin répond qu'il est sûr que «ce sont que des paroles en l'air.»

«Quand le toit de la cathédrale va couler, c'est sûr que la corporation épiscopale va mettre de l'argent là-dedans», déclare-t-il, agacé. Mais cela dit, l'historien-marguillier reconnaît que les besoins sont très grands, qu'il s'agisse de ceux de l'église de Saint-Narcisse, où il faut encore réparer un clocher, de l'église de Sainte-Anne-de-la-Pérade, où on n'en finit plus de découvrir des dommages importants de structure, (une nouvelle inspection avait lieu mardi) de l'église de Saint-Maurice où la façade réclame plusieurs centaines de milliers de dollars de réparations ou de l'église de Saint-Prosper, où on vient de suspendre des toiles de plastique dans l'entretoise qui coule.

«C'est certain que les corporations paroissiales ne sont plus en mesure d'y arriver seules et c'est sûr qu'on ne peut garder toutes les églises, reconnaît-il. Mais leur disparition n'a pas le même impact qu'en ville. Une église, c'est souvent l'image de marque du village, un immeuble avec un rayonnement important. On ne verra jamais un tel rayonnement avec un centre communautaire qui a l'air d'une boîte à beurre, image-t-il. Il faut aussi dire que le soutien que nous demandons n'est pas pour la pratique religieuse. Cet argent ne fait que préserver un patrimoine. On est unanimes là-dessus.»

De son côté, le préfet de la MRC des Chenaux et maire de Saint-Maurice, rappelle que le fonds du pacte rural totalise 330 000 $ et qu'à elle seule, l'église de son propre village nécessite plus de 700 000 $ de travaux. «On ne dit pas qu'on ne donnera plus d'argent pour des églises, nuance le préfet, mais ce ne sera pas pour des travaux de réfection comme on l'a fait par le passé. Ce sera plutôt, à titre d'exemple, pour soutenir la réfection d'un orgue, ou quelque chose du genre.»

Déjà sensibilisé à l'inquiétude des marguilliers, Gérard Bruneau a déjà confirmé qu'un représentant de la fabrique de Saint-Maurice sera de la rencontre du 11 novembre. Il serait toutefois étonnant que tous les présidents des fabriques puissent y participer, les places étant limitées.

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