Piscines et syndicat: un processus qui traîne en longueur

François Paquin-Collins, président, et Maude M. Tessier, vice-présidente... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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François Paquin-Collins, président, et Maude M. Tessier, vice-présidente du syndicat des travailleurs des piscines municipales de Trois-Rivières.

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(Trois-Rivières) Le processus de syndicalisation des travailleurs et travailleuses des piscines municipales de la Ville de Trois-Rivières traîne en longueur. Les 62 travailleurs, qui ont voté à plus de 85 % en faveur de la demande d'accréditation syndicale l'été dernier, doivent présentement se battre devant la Commission des relations du travail pour faire reconnaître que leur employeur est bel et bien la Ville de Trois-Rivières.

C'est que depuis plusieurs années, la Ville fait affaire par contrat avec le club de natation Mégophias, un organisme sans but lucratif, pour lui fournir ses sauveteurs et préposés à l'accueil pour les différentes piscines municipales extérieures durant la période estivale.

Or, les employés représentés par le SCFP-FTQ aimeraient que l'on reconnaisse que c'est la Ville qui est le véritable employeur, et non le club Mégophias, étant donné que la majorité des directives et des décisions émanent de l'administration municipale.

Une première audience devant la Commission des relations du travail a eu lieu à la mi-septembre, mais le dossier n'est toujours pas réglé et d'autres audiences sont prévues pour le 1er décembre. Le syndicat, lui, s'inquiète de perdre des employés devant la longueur du processus.

«Il y a une exaspération, c'est certain. Plusieurs envisagent de se trouver quelque chose ailleurs, on en a entendu parler. Nous, ce qu'on se demande, c'est qu'est-ce que la Ville a à gagner à ne pas reconnaître qu'elle est notre employeur? Elle a tout ce qu'il faut pour nous gérer, et présentement le travail se fait en double puisque la coordination doit répondre à la Ville quant à la gestion des sauveteurs», se questionne François Paquin-Collins, président de l'unité syndicale, qui déplore aussi que l'actuel débat devant la commission puisse coûter cher aux contribuables en frais juridiques.

Selon le syndicat, la question ultime repose sur ce qui arriverait si le club Mégophias décidait de ne plus soumissionner sur le contrat proposé par la Ville de Trois-Rivières. «Le jour où ils ne sont plus là, la Ville va faire quoi? Il n'existe aucun autre bassin aussi important de sauveteurs dans la région. La Ville va fermer les piscines municipales faute de sauveteurs? Ça ne tient pas debout, et surtout ça en dit long sur notre prétention qu'au final, c'est la Ville de Trois-Rivières qui devrait être reconnue comme étant l'employeur», croit Nina Laflamme, conseillère syndicale au SCFP-FTQ.

Selon la vice-présidente du syndicat, Maude M. Tessier, le recrutement des sauveteurs était déjà difficile l'été dernier, ce qui indique clairement le besoin de régler le statut des sauveteurs le plus rapidement possible en vue de la prochaine saison de baignade. «L'an dernier, il y avait des journées où nous aurions eu besoin de plus de sauveteurs, mais faute d'avoir du personnel, on faisait attendre les gens à la porte pour respecter la limite», indique Mme Tessier.

Du côté de la Ville, on indique reconnaître pleinement le statut du syndicat, mais on soutient que c'est le club Mégophias qui devrait être considéré comme l'employeur. «C'est avec eux que nous avons signé un contrat, comme avec bien des sous-traitants avec qui la Ville fait affaire», indique Yvan Toutant, porte-parole de la Ville de Trois-Rivières.

Ce dernier rejette d'ailleurs les prétentions du SCFP voulant que la Ville se retrouverait en mauvaise position si le club de natation ne soumissionnait plus. «Nous ne sommes pas nés de la dernière pluie. Nous avons un plan B, un plan C et même un plan D. Les piscines seront ouvertes l'été prochain, peu importe l'issue du débat», soutient M. Toutant.

Il nie d'ailleurs que du travail soit présentement fait en double, indiquant que le principe demeure le même pour chaque sous-traitant. «Nous embauchons une firme et ensuite, nous donnons les directives à cette firme qui elle, relaiera l'information à ses employés. On n'a rien réinventé avec les sauveteurs, ça fonctionne toujours comme ça», mentionne-t-il.

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