«On a frôlé la catastrophe»

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Louise Plante
Le Nouvelliste

Le député néodémocrate de Trois-Rivières, Robert Aubin, qui s'est retrouvé au coeur de la tourmente mercredi à Ottawa, dit s'être découvert d'un grand calme au moment de la fusillade qu'il a très bien entendue de là où il était.

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Robert Aubin

François Gervais

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Louis Plamondon

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

«J'ai eu le temps de me dire qu'à mon âge, j'en avais plus derrière moi que devant, que ce que j'avais vécu était extraordinaire mais que cela se pouvait que ça se termine maintenant.»

Comme ses collègues, le député se trouvait dans la salle du caucus de son parti dont le petit corridor donne sur la place où est passé le tireur, lorsque les premiers coups de feu ont retenti en rafale. Un peu comme tout le monde, il a pensé à tout (travaux, manifestation, tambours, etc.) sauf à une arme.

«Le bruit était tout de même imposant à cause de l'architecture du parlement qui provoque beaucoup de réverbération du son», d'expliquer ce musicien de formation.

M. Aubin confie avoir eu le réflexe d'appliquer immédiatement les consignes de sécurité qu'on lui avait enseignées au Séminaire Saint-Joseph. Fermer et verrouiller les portes, se barricader et se coucher par terre en attendant les secours.

Les réactions de ses collègues allaient du plus grand calme, aux larmes, en passant par des rires nerveux, a-t-il constaté mais surtout, insiste le député, très vite, les gens ont surtout pensé à se préoccuper les uns des autres. «Tout le monde était fébrile mais il n'y a pas eu de mouvement de panique. C'est curieux parce que dans ce genre de moments, on ne sait pas comment on va réagir.»

Une fois le calme revenu, l'ensemble des députés a été divisé en petits groupes et leur chef, Thomas Mulcair, entraîné par les services de sécurité. «Je savais que si nous étions en sécurité, notre chef l'était aussi», a-t-il confié.

Le député a par ailleurs ajouté qu'il était vraiment trop tôt pour tirer des conclusions de ce qui s'est produit mercredi «Nous discutons beaucoup entre nous pour décanter tout ça. Mais nous suivons encore le cours des choses et surveillons l'évolution de l'enquête. Tirer des conclusions serait trop hâtif.»

M. Aubin a aussi tenu à exprimer sa peine pour les familles des blessés et personnes tuées au cours des événements. «Avant toutes choses, c'est à ces personnes qu'on pense», a-t-il assuré.

Le député du Bloc dans Bas-Richelieu-Nicolet-Bécancour, Louis Plamondon, prenait pour sa part soin de souligner que l'assaut aurait pu prendre une tournure plus dramatique alors que le suspect est passé tout près des salles où les partis d'opposition, le NPD et le PLC, tenaient leur caucus. «On a frôlé la catastrophe», a-t-il lancé au Nouvelliste.

Selon le doyen de la Chambre des communes, les députés auraient dû siéger, ne serait-ce qu'une heure, mercredi soir, afin de démontrer que la démocratie était toujours debout au Canada. M. Plamondon était d'ailleurs bien choqué que le symbole de la démocratie ait été attaqué de la sorte.

«J'espère qu'on va siéger demain (jeudi) parce que ce qu'on défend, c'est le principe de la démocratie tandis qu'eux (les suspects) défendent une dictature utopique basée sur un système religieux fanatique qui ne représente en rien la religion musulmane. Il faut absolument les affronter», a-t-il déclaré.

Pour le député bloquiste, les événements d'Ottawa devraient amener les parlementaires à réfléchir sur les droits collectifs après l'obsession des droits individuels sous l'ère Trudeau. Il fait référence au manque de pouvoir des autorités lorsque vient le temps de cerner les individus au comportement potentiellement dangereux pour la société.

«Dans le cas de Saint-Jean-sur-Richelieu, les policiers n'avaient aucun moyen légal pour l'arrêter ou le contrôler. Dans le cas d'aujourd'hui, l'individu était également connu (des policiers). Son passeport lui avait aussi été retiré», plaide-t-il.

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Lise St-Denis

Photo: Sylvain Mayer

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Ruth Ellen Brosseau

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Pour sa part, la députée libérale de Saint-Maurice-Champlain, Lise St-Denis, se tire plutôt bien de la tragédie qui s'est déroulée mercredi à Ottawa, car elle n'a rien entendu des coups de feu. Bien qu'ébranlée par tout ce branle-bas de combat, elle n'était pas traumatisée, assurait-elle. 

Au moment de l'entrevue accordée au Nouvelliste, elle était toujours confinée dans son bureau à Ottawa, fermé à clé, dans l'édifice de la Confédération.  Lors du début de la fusillade la députée attendait dans une salle le début des travaux avec d'autres députés libéraux du Québec dont Marc Garneau. Le chef libéral, Justin Trudeau,  qu'on avait rapidement mis en sécurité, n'a jamais eu le temps de s'y rendre.

 «Je sais que le tireur est passé devant notre salle, mais c'est tout. On nous a fait sortir dehors par derrière, il faisait plutôt froid et ensuite nous avons été dirigés vers l'édifice où se trouve mon bureau. On m'a permis de m'y rendre. Par téléphone, j'avais dit à ma secrétaire de tout barrer. Elle m'a ouvert et on a refermé à clé et attendu.»

Mme St-Denis a aussi eu connaissance des mouvements de l'armée autour de son édifice. «Je pense qu'ils pensaient qu'il y avait un autre tireur sur le toit. Ils sont restés 20 minutes, maintenant ils sont repartis. C'est impressionnant d'être dans l'action.» Malgré tout, la députée dit se sentir en sécurité à Ottawa. «Mes pensées vont aux gens qui ont été blessés et à leur famille. C'est à eux qu'on pense en ce moment.»

La députée de Berthier-Maskinongé, Ruth Ellen Brosseau, se disait sous le choc mercredi puisque les coups de feu ont été tirés à proximité de la salle du caucus du NPD. «Il y avait une panique. Je commençais à pleurer. J'ai arrêté assez vite, parce qu'il fallait bouger, il fallait sortir», a-t-elle confié à Radio-Canada Mauricie.

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