Clément Morin a dû déclarer faillite

La librairie Clément Morin a fermé ses portes... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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La librairie Clément Morin a fermé ses portes le 12 juillet et a déclaré faillite le 6 octobre. Dans son bilan, l'entreprise fait état d'un actif de 1 $ et d'un passif de plus de 128 000 $.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La librairie Clément Morin n'a pas seulement cessé ses activités au cours des derniers mois. Ce fleuron de la vie culturelle trifluvienne a déclaré faillite le 6 octobre, affichant des dettes totalisant 128 652 $ auprès de 54 créanciers non garantis.

L'annonce de la fermeture de la librairie du boulevard des Forges avait entraîné un vent de sympathie rarement vu pour un établissement commercial. Confrontée à un manque de relève et voulant prendre sa retraite, la propriétaire Sylvie Morin a mis un terme aux activités de son commerce le 12 juillet après avoir tenu une vente de fermeture tenue durant quelques semaines. Tout était à vendre dans cette liquidation, y compris le mobilier, les articles décoratifs et les équipements informatiques.

C'est justement pour permettre à sa locataire de procéder à une vente de liquidation que Pierre Letendre a accepté de lui louer l'emplacement un mois de plus, car le bail se terminait officiellement le 30 juin 2014. Il se retrouve aujourd'hui avec une créance de 21 011 $ pour loyer impayé.

«C'était trop serré pour elle de faire sa vente en fin de juin. Je lui ai dit: «Prends le mois de juillet, au même montant». Je pensais être bon joueur. Je voulais lui permettre de récupérer ses billes le plus possible. Le chèque devait être dans la mail, mais à la place, on a reçu un avis de faillite ce matin (mardi). Elle m'a fait dans les mains», déplore M. Letendre, le propriétaire de la bâtisse qui abritait la librairie.

M. Letendre se dit assez déçu de la situation. Étant donné que le bail se terminait le 30 juin, il indique qu'il aurait eu le droit de fermer l'accès à la bâtisse.

«J'aurais dû changer les serrures. C'était ma locataire depuis 15 ans. Tu t'imagines que les gens vont respecter leur parole. Mais il n'y a pas d'amis en affaires. J'aurais dû être plate, bête et méchant», raconte M. Letendre, en soulignant d'autre part que des gens manifestent de l'intérêt pour cette bâtisse, mais que rien n'est encore signé.

Placements PL est le deuxième créancier non garanti en importance sur la liste. La première créance s'élève à 30 000 $ et est reliée à la maison de distribution de livres Socadis.

La surprise a été aussi grande auprès de cette société montréalaise lorsque l'avis de faillite a été reçu mardi matin.

«Je ne comprends pas le pourquoi du comment, admet Serge Lefebvre, le gérant de crédit de la compagnie. La relation a toujours été très bonne. C'était une de mes meilleures clientes et il y a toujours eu une confiance mutuelle. L'avis de faillite m'a bouleversé. Ce n'est pas dans ses habitudes.»

M. Lefebvre n'a pas eu l'occasion de parler de la situation avec Sylvie Morin, mais veut tenter de voir ce qu'il en est avec elle.

«Je ne veux pas lui lancer la pierre, car c'était et c'est toujours une femme merveilleuse. Elle avait des raisons de le faire (déclarer faillite).»

Une grande partie des créanciers sont des fournisseurs de livres. La créance de Gestion Alain Beaumier, de Trois-Rivières, s'élève à 11 266,81 $. Celle d'ADP, un service de messagerie de Longueuil, est de 8929,41 $.

L'Agence du revenu du Québec (2197,32 $) et Hydro-Québec (1808,63 $) font également partie des créanciers.

La première assemblée des créanciers aura lieu fin octobre à Trois-Rivières.

Le Nouvelliste n'a pu entrer en contact avec Sylvie Morin pour obtenir ses commentaires.

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