Prière au conseil: des municipalités aux aguets

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(Trois-Rivières) Dans les municipalités où la prière est encore prononcée avant les séances du conseil, on jettera évidemment un coup d'oeil attentif du côté de la Cour suprême à Ottawa, en attente d'une décision.

À Louiseville, le maire Yvon Deshaies avoue qu'il serait vivement déçu si jamais le plut haut tribunal au pays venait à interdire complètement cette pratique. «Ça serait dommage. À Louiseville, on l'a toujours fait, alors qu'on nous laisse tranquille avec ça. Chacun dans sa cour et tout le monde sera heureux comme ça. La prière n'a jamais créé de vagues ici», souligne M. Deshaies, qui arbore toujours sa petite croix au cou.

Néanmoins, le premier magistrat ne compte pas rouspéter outre mesure et obéira au jugement de la Cour suprême. «Ça ne me rendrait pas heureux, mais je vais plier si on l'ordonne. Je ne ferai pas de guerre et je ne dépenserai pas l'argent de mes concitoyens pour ça. Mais je me croise les doigts bien serrés!»

Un son de cloche plutôt semblable se fait ressentir du côté de Saint-Tite, où le maire André Léveillé se promet toutefois de ne pas faire d'insomnie en attendant la décision de la Cour suprême. Disons que, dans sa liste de priorités, la prière au conseil municipal est loin d'obtenir une place au sommet. «Les gens respectent cette habitude. C'est une pratique normale avec le temps qui fait partie de la tradition. C'est un petit détail dans la séance du conseil et il y a bien d'autres priorités importantes à travailler», rappelle-t-il.

La prière au conseil municipal avait rencontré de l'opposition dans la municipalité de Saint-Paulin. Deux citoyens avaient formulé une plainte à la Commission des droits de la personne. En réaction à cette plainte, des citoyens avaient lancé deux pétitions en faveur de cette pratique. En bout de ligne, la décision de la Cour d'appel autorisant la prière, en mai 2013, avait ravi la mairesse de l'époque, Brigitte Gagnon, et les citoyens en faveur.

À Trois-Rivières, le sujet de la prière avait créé beaucoup de turbulences lors des séances du conseil municipal. Au printemps 2010, après avoir retiré le rituel de l'assemblée pour le refiler aux citoyens dans le cadre d'une période de questions devançant la séance, la Ville avait finalement choisi de mettre un terme à la récitation de la prière à l'hôtel de ville.

Mardi, le maire Yves Lévesque a fait savoir au Nouvelliste que la Ville avait définitivement tiré un trait sur le sujet et ne compte pas ramener la prière lors des séances du conseil municipal.

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