Ubisoft a fait appel à un professeur de l'UQTR

Laurent Turcot, professeur au département des sciences humaines,... (Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste)

Agrandir

Laurent Turcot, professeur au département des sciences humaines, section histoire, à l'UQTR.

Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Depuis un an, le professeur d'histoire Laurent Turcot de l'UQTR a plongé tête première dans des cartes, des archives, des oeuvres d'art et des plans très anciens de la Ville de Paris du temps de la Révolution française. Dans le secret le plus complet, il travaillait pour le prochain jeu d'Ubisoft, Assassin's Creed Unity qui est sur le point d'être lancé.

Un vrai rêve parce qu'il y a «plusieurs projets de recherche qui se déroulent en France pour essayer de reconstituer Paris», à différents moments de son histoire, «mais on manque d'argent», dit-il.

«Avec deux ou trois assistants de recherche sur 20 ans, on n'arriverait pas à faire ce qu'eux (Ubisoft) ont fait en deux ans», raconte-t-il, visiblement emballé par sa participation au réalisme historique du jeu.

Spécialiste d'histoire française, le professeur Turcot a offert des formations aux équipes de recherche, de programmeurs et aux directeurs artistiques d'Ubisoft à Toronto et Montréal.

«J'avais souvent des questions ponctuelles sur comment était faite la Ville, comment les gens s'habillaient. Alors je leur ai sorti des plans d'archives de certaines rues. Je leur ai apporté à peu près 3500 images pour leur donner l'ambiance.

«Nous (les historiens) n'avons pas l'argent pour travailler là-dessus. On dit souvent, en Humanités, qu'on est capable de travailler avec peu d'argent. J'ai la preuve que quand les gouvernements s'impliquent, on est capable de faire des choses hallucinantes», dit-il.

Puisque le jeu était développé à Montréal, qu'il l'était en anglais et que des historiens de haut calibre étaient recherchés, le nom du professeur Turcot, auteur de deux (bientôt trois) ouvrages sur Paris, s'est imposé tout naturellement pour le nouveau projet d'Ubisoft.

«Ils savent que le joueur ne cherche pas seulement à entrer dans un monde idéal, mais dans un mode qui a existé véritablement», indique l'historien. «Ubisoft a un caractère unique avec des jeux comme ça», constate-t-il.

Tant que le jeu n'a pas été lancé officiellement, Laurent Turcot ne peut pas discuter de son contenu, mais il peut néanmoins dire que beaucoup de choses sont fidèles à l'histoire, notamment l'espace de la place de Grève, devant l'hôtel de ville. Aujourd'hui, c'est balisé, c'est bétonné. Ça neressemble plus à rien», dit-il, mais dans la bande-annonce, on voit une espèce de plage. C'est la Grève, là où les ouvriers allaient manifester quand ils n'étaient pas contents de leurs conditions de travail et qui a donné lieu à l'expression: Faire la grève», illustre-t-il.

Dans le jeu, dit-il, «il y a une certaine liberté du joueur de se promener dans la ville. Donc, il peut prendre son tempspour regarder certains bâtiments, regarder certains personnages, des mendiants, des vendeurs de marrons ou de balais», dit-il.

Le professeur Turcot raconte qu'Ubisoft tient beaucoup à l'exactitude des détails historiques, notamment au niveau des vêtements. Toutefois, dit-il, «les historiens ne travaillent pas sur le passé, mais sur les traces du passé», fait-il valoir.

«Eux, ils veulent des certitudes et souvent, nous, on a des interrogations et des hypothèses», explique-t-il. C'est là, dit-il, un exemple de difficultés rencontrées durant le projet.

«Il a fallu chercher dans les bibliothèques et ressortir les archives», raconte-t-il.

Le jeu, qui se déroule dans le Paris de 1789 à 1794, devient donc éducatif par la force des choses.

Ubisoft s'affaire aussi à développer un logiciel éducatif qui permettra de visiter virtuellement le Paris de 1790avec des images en 360 degrés. «Ça va être un peu comme le concept de Google Street View», dit-il.

«Ce genre de logiciel aura de l'influence sur l'enseignement, dit-il. On pourra montrer l'ancien Paris sur des écrans de 10 mètres. Ça va bouger. Il y a des gens qui vont marcher. Une des nouvelles tendances des jeux vidéos, c'est la réalité augmentée. Là, c'est de l'enseignement augmenté», conclut-il.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer