De l'aide bien réelle pour la relève agricole, selon des intervenants

La Fédération des producteurs de lait du Québec... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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La Fédération des producteurs de lait du Québec offre notamment un programme d'aide au démarrage d'entreprises laitières.

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Si des voix s'élèvent pour critiquer les programmes d'aide à la relève agricole, des acteurs du milieu assurent que ces programmes atteignent leur but.

La Fédération des producteurs de lait du Québec offre entre autres le programme d'aide au démarrage d'entreprises laitières. Ce programme consiste en la remise d'un quota de lait sous forme de prêt qui donne le droit de produire 12 kilos de lait par jour. Selon le porte-parole, François Dumontier, ce programme a fait ses preuves au fil du temps.

«Le programme est accessible: depuis 2006, on a accordé 96 prêts de quota à de nouvelles entreprises et 78 sont toujours en opération. On accorde 12 prêts maximum par année et de 2010 à 2013, on a accordé les 12 prêts. En 2014, huit demandes ont été acceptées et quatre ne se sont pas qualifiées. J'ai relu chaque dossier et les cas rejetés ne répondaient pas aux critères», commente M. Dumontier.

Ce programme comporte 10 critères d'évaluation qui sont soumis à un système de pointage. M. Dumontier indique que la fédération souhaite accorder le nombre maximal de prêts, mais encore faut-il que l'entreprise qui soumet une demande soit viable.

«Les critères ne sont pas un frein à la vitalité du secteur. C'est sûr que pour n'importe quel programme, il y a des critères et il faut les respecter. Si on accordait un ou deux prêts par année, on dirait peut-être que les critères sont trop élevés», affirme le porte-parole.

En tant que producteur laitier, René Perreault connaît bien le secteur. Le vice-président de l'Union des producteurs agricoles de la Mauricie, qui est aussi le président du Réseau en établissement agricole de la Mauricie, insiste sur les efforts qui sont consentis pour assurer la relève agricole.

«On travaille beaucoup sur les cellules entrepreneuriales et c'est là-dessus qu'on veut tabler. Mais le monde agricole est en changement constant. C'est permis de s'améliorer. Je conviens que d'appliquer sur certains programmes, c'est assez complexe. Les programmes viennent avec des balises et c'est comme ça.»

M. Perreault défend par ailleurs le règlement qui interdit le transfert d'un quota de production de lait, même à l'intérieur d'une région ou d'une MRC.

«C'est pour contrer l'intégration, la concentration de propriétaires de quotas au Québec. On pourrait se retrouver avec deux ou trois propriétaires de quotas au Québec. C'est toujours des cas d'abus qui nous font réagir. Mais on essaie toujours d'aider le producteur du mieux qu'on peut. Garder nos fermes en Mauricie, ça fait partie des questions à débattre dans les années à venir.»

Le ministère de l'Agriculture, les instances municipales, la Financière agricole, les centres locaux de développement, les sociétés d'aide au développement des collectivités, les institutions financières traditionnelles, les notaires, tout cela représente une suite d'étapes qui doit souvent être franchie dans la réalisation d'un projet. Le directeur du MAPAQ en Mauricie, Norman Houle, admet volontiers que le chemin menant de l'idée d'une production agricole à sa réalisation peut être tortueux.

C'est justement la responsabilité du MAPAQ d'accompagner les gens dans la préparation de leur projet et de les diriger aux bons endroits. Et lorsque les gens demandent l'aide offerte, ils se facilitent la vie.

«On offre un accompagnement individualisé, peu importe l'âge de la personne, pour l'aider à s'établir sur une ferme ou pour prendre la relève d'une entreprise. On essaie de l'accompagner du mieux qu'on peut. Mais des fois, les gens ont fait un bout de chemin tout seuls et ils deviennent amers.»

M. Houle précise que les gens du MAPAQ assurent un suivi des gens en accompagnement. De nombreux contacts sont établis dans les premières années de la vie entrepreneuriale pour s'assurer que tout va bien et pour voir si le producteur a besoin d'aide.

«De 2009 à 2013, il y a eu 1800 plans de transfert ou de démarrage d'entreprise agricole pour cinq millions de dollars en services-conseils. Il y a de l'argent et du soutien. Notre secteur est très bien servi. Mon constat est très positif. Quand on regarde ce qu'on consacre à la relève au Québec, on n'a rien à envier aux autres provinces canadiennes.»

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