Les présidents des CSSS veulent mesurer l'impact

Le ministre de la Santé et des Services... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le ministre de la Santé et des Services sociaux Gaétan Barrette.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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Louise Plante
Le Nouvelliste

Ils sont treize conseils d'administration, il n'en restera qu'un après que la fusion administrative annoncée par le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette. Comme tout le monde, les présidents des centres de santé et de services sociaux et autres établissements spécialisés à vocation régionale ont été pris par surprise par l'annonce ministérielle du projet de loi 10 déposé la semaine dernière à l'Assemblée nationale.

C'est ce qui explique leur mutisme jusqu'à maintenant et leur réticence à commenter la nouvelle, même du côté du CSSS de Trois-Rivières. En fait, ces présidents doivent se réunir très bientôt pour discuter de ce que le ministre a appelé «un changement de culture» et pour prendre la mesure de l'impact réel du projet dans la région.

Le seul président de conseil d'administration que Le Nouvelliste a pu rejoindre et qui a accepté de faire quelques commentaires, et encore, avec beaucoup de prudence, est celui du Centre de santé et de services sociaux de Maskinongé, Jacques Lafrenière.

«Pour l'instant, on est en train de regarder tout ça. Dans ce projet, il a des éléments qui sont quand même bien pour l'usager, a-t-il reconnu. À prime abord, pour nous l'inquiétude est surtout de savoir si les services vont continuer à être donnés à proximité. C'est ce que semble dire le texte de la loi, mais on veut s'en assurer. À partir du moment où l'on sait qu'un conseil d'administration agit localement un peu comme un chien de garde et qu'il connaît les besoins, on peut être préoccupé que tout soit concentré dans un même conseil d'administration, surtout si on est éloigné de ce gros conseil-là. Sera-t-il sensibilisé aux besoins et particularités de notre territoire? Là, on prend le temps avant de réagir. Je pense que l'annonce du ministre a pris tout le monde par surprise. On a une rencontre des présidents, prochainement et sans doute qu'on va échanger là-dessus» a confié M. Lafrenière sans donner plus de détails, sinon pour dire que cette réunion aura lieu bientôt.

Ce n'est qu'après qu'on saura comment les présidents des CA ont l'intention de se positionner. «On est à la recherche d'informations avant de réagir. C'est récent et volumineux. L'inquiétude ce n'est pas tant de perdre notre poste bénévole d'administrateur, mais plus comment ça va se faire tout ça, et en s'assurant que les régions plus éloignées soient servies malgré la concentration dans les grands centres.»

Du côté du Comité régional de promotion et de sensibilisation en déficience intellectuelle, Julie Robillard, coordonnatrice, avoue que son groupe est inquiet de l'impact qu'aura la réforme annoncée par le ministre Gaétan Barrette.

«Malgré que le ministre soutient qu'en éliminant l'intermédiaire des agences de santé, ses orientations seront plus facilement applicables et les soins mieux dispensés, nous nous questionnons sur les pertes d'acquis que cette restructuration risque de provoquer», a-t-elle commenté.

Elle aussi s'interroge sur l'impact du projet de loi sur la clientèle des milieux ruraux en périphérie des grands centres.

«Est-ce que la qualité des services offerts sera la même? La clientèle devra-t-elle se déplacer vers les centres urbains? Beaucoup de questions sont sur la table. Malgré ce que dit le ministre, si la structure administrative se retrouve réduite, qui s'assurera de la gestion des ressources humaines, matérielles et personnelles?» Mme Robillard ne voudrait pas que ce soit le personnel restant qui doive diminuer son ratio de service aux usagers pour palier les lacunes administratives que pourrait créer cette restructuration.

«Le CRPDI-04 reste vigilant face à ces travaux, afin que le citoyen puisse bénéficier des mêmes acquis pour sa santé, particulièrement les personnes ayant une déficience/trouble envahissant du développement», a-t-elle conclu.»

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