Conciliation études-travail: pour un équilibre de l'agenda

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Agente de développement pour Comperes (Comité mauricien sur la persévérance et la réussite scolaire), Julie Charbonneau observe qu'à la rentrée scolaire, plusieurs étudiants choisissent d'alléger leur horaire de cours plutôt que de réduire leurs heures de travail. C'est pour promouvoir l'équilibre de l'agenda que la Table régionale de l'éducation de la Mauricie (TREM) et ses partenaires ont lancé lundi une campagne de sensibilisation sur la conciliation études-travail.

«Un grand nombre de jeunes profitent des vacances estivales pour faire le plein en banque pour subvenir à leurs besoins au cours de l'année scolaire. Lors du retour en classe, ils tentent de conserver ce rythme de travail. Nous avons pensé que c'était le meilleur moment pour tenir cette campagne, soit avant la date d'abandon de cours sans mention d'échec, particulièrement aux niveaux collégial et universitaire», indique Mme Charbonneau en parlant de la démarche qui s'échelonnera jusqu'au 3 octobre.

Comperes est mandaté par la TREM pour mettre en place les actions découlant des objectifs ciblés par la Table. Celle-ci regroupe des représentants des institutions d'enseignement de tous les niveaux ainsi que des ministères et organisations liés à l'éducation.

«Une des orientations est de soutenir la persévérance et la réinsertion scolaire afin d'accroître la diplomation et la qualification», formule la présidente de la TREM, la rectrice de l'UQTR Nadia Ghazzali. Selon Comperes, le taux de sortie sans diplôme ou qualification (taux de décrochage), secteurs public et privé confondus, est de 19,3 % en Mauricie pour l'année 2010-2011.

Le comité mentionne que les étudiants québécois de 15 à 24 ans sont ceux qui travaillent le plus au Canada, consacrant 14,7 heures par semaine à un emploi, et que «43 % des élèves du secondaire considèrent que travailler est aussi important qu'étudier». On précise également que 55 % des jeunes de cinquième secondaire occupent un emploi et que 27 % d'entre eux y consacrent 16 heures et plus par semaine.

«L'enjeu de la conciliation études-travail touche de façon préoccupante tous les niveaux scolaires, le niveau secondaire en premier lieu pour une première diplomation, mais aussi la formation professionnelle, l'éducation des adultes, le niveau collégial et évidemment le niveau universitaire», confirme Nadia Ghazzali.

Les intervenants de la TREM et de Comperes sont conscients des dividendes du travail pendant les études, mais ils prônent l'équilibre. «La conciliation études-travail apporte des avantages importants pour les jeunes dont le développement de l'autonomie, la gestion financière, la gestion de temps, la possibilité de se connaître davantage sur les plans personnel et professionnel. On sait aussi que c'est le meilleur agent de détermination pour l'orientation professionnelle», énumère Julie Charbonneau.

«En revanche, si la conciliation n'est pas bien équilibrée, nos jeunes sont à risque et les conséquences sont la fatigue, la dépression, les accidents de travail... Ça peut mener au décrochage scolaire et contribuer à fournir une main-d'oeuvre peu qualifiée, ce qui affecte aussi les entreprises», poursuit-elle.

Divers outils de sensibilisation seront déployés afin de susciter la réflexion chez les jeunes et les entreprises qui les engagent. Des feuillets d'information, des auto-collants et des jeux questionnaires comptent parmi les items qui seront distribués notamment dans les institutions d'enseignement et dans certains commerces dont les cafés Morgane, le marché Tradition de Saint-Tite et les restaurants McDonald's - 120 000 napperons seront entre autres déposés dans les cabarets de neuf succursales de McDonald's.

Des conférences de la consultante en organisation du travail Julie Bastien et de l'aventurier Frédéric Dion seront par ailleurs présentées dans certaines écoles ciblées, et un concours visera à identifier les entreprises favorisant la conciliation études-travail.

Les règles d'or

Comperes propose cinq règles d'or aux élèves et étudiants qui voudraient réévaluer leur gestion de la conciliation études-travail. On leur prescrit d'abord la présence en classe («effectue tes heures de travail en dehors de tes heures de cours»), on leur suggère de consacrer environ 15 heures par semaine à leur emploi, de diminuer leurs heures de travail en période d'examens et de remise de travaux, de planifier leurs travaux scolaires (éviter la procrastination) et d'être attentifs aux signes de fatigue et d'épuisement.

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