Transport scolaire: les écoles privées demandent un moratoire

Pierre Normand, du Séminaire Saint-Joseph, France Vadeboncoeur de... (Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste)

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Pierre Normand, du Séminaire Saint-Joseph, France Vadeboncoeur de l'école Val-Marie, Réjean Lemay, du Collège Marie-de-l'Incarnation et Julie L'Heureux, de l'Institut secondaire Keranna.

Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les quatre écoles primaires et secondaires privées de la Mauricie veulent une rencontre avec le ministre de l'Éducation du Loisir et du Sport, Yves Bolduc, afin de demander un moratoire sur les compressions dans le transport scolaire.

Ces compressions ont été annoncées à la toute fin des classes, en juin, ne donnant aucune possibilité aux écoles de trouver des solutions à ces nouvelles restrictions qui imposent une augmentation moyenne de 200 $ par enfant par rapport au prix payé l'an dernier pour le transport scolaire.

L'École Val-Marie, le Collège Marie-de-l'Incarnation, l'Institut secondaire Keranna et le Séminaire Saint-Joseph indiquent qu'ils veulent contribuer à l'atteinte de l'équilibre budgétaire souhaitée par le gouvernement du Québec, «mais on veut avoir du temps pour s'organiser», a fait valoir le directeur général du Séminaire, Pierre Normand.

Les écoles de la Mauricie ne sont pas les seules à se plaindre, «mais ce ne sont pas toutes les régions qui sont touchées», fait valoir Réjean Lemay. «Par exemple, sur l'île de Montréal, les élèves utilisent les services de transport en commun, même chose du côté de la Haute-Ville de Québec. Je vous dirais qu'en région, de façon générale, l'ensemble des collèges est touché. Au cours des prochains jours et des prochaines semaines, il y a une mobilisation qui est en train de se faire», dit-il.

Compte tenu de la baisse démographique en région, les écoles ont de plus gros défis financiers que les écoles de Québec ou de Montréal, explique-t-on.

D'ailleurs, une centaine de parents dont les enfants fréquentent l'école privée se sont désistés du transport scolaire pour la rentrée.

Les compressions ont été annoncées de façon tellement précipitée que les écoles privées et les commissions scolaires l'ont su avant même l'arrivée des règles budgétaires, indique Julie L'Heureux. Les écoles privées ont donc jugé bon d'en informer les parents le plus rapidement possible.

Les écoles ont rencontré le ministre Jean-Denis Girard ainsi que le maire de Trois-Rivières. «Actuellement, on n'est pas placé dans une situation pour négocier (avec la Commission scolaire du Chemin-du-Roy) et c'est la raison pour laquelle on veut faire intervenir le niveau politique», explique M. Lemay.

«Nos relations avec la Commission scolaire sont bonnes», dit-il, mais «on a vu dans un reportage qu'à la Commission scolaire de l'Énergie, ça se passait différemment pour le Séminaire Sainte-Marie. Donc, c'est vraiment une négociation de gré à gré avec les commissions scolaires», fait-il valoir.

Les quatre écoles privées ont longuement fait état, hier au cours d'un point de presse, de l'importance qu'elles ont pour le réseau de l'éducation au Québec.

Les subventions que les écoles privées reçoivent du gouvernement sont essentiellement du milieu éducatif.

«Les écoles privées permettent à l'État d'économiser plus de 800 millions $ par année» ce qui équivaut à 12 millions $ à Trois-Rivières, indique Mme L'Heureux.

Notons que du côté du Collège Notre-Dame-de-L'Assomption de Nicolet, on est toujours en pourparlers avec la Commission scolaire de la Riveraine. L'école fait aussi partie d'un regroupement de neuf écoles qui font des revendications concernant la question du financement du transport scolaire, indique la responsable des communications au CNDA, Nathalie Houle. Ces écoles sont situées aux quatre coins du Québec, notamment à Sept-Îles, Rivière-du-Loup et Coaticook.

SSM: la facture du transport aux parents... pour l'instant

Le Séminaire Sainte-Marie devra s'accommoder de la décision prise mardi soir par la Commission scolaire de l'Énergie. «On n'a pas le choix», fait valoir le président du conseil d'administration de l'école, François Saint-Onge.

La facture, qui sera plus grosse de 165 $ par enfant transporté, par rapport à l'an dernier, sera envoyée aux parents, dit-il.

Le directeur de l'école, Richard Gaudreault, indique que «par le biais de la Fédération des établissements privés, le dossier des écoles privées va être défendu auprès du ministère.» Le Séminaire Sainte-Marie fait partie de cette fédération. «Le dernier mot n'est pas dit là-dessus concernant les années à venir», fait valoir le directeur.

Si le ministère maintient son objectif de couper complètement ses subventions au transport scolaire dans les écoles privées, le Séminaire devra faire preuve de débrouillardise.

«Ça nous force à être de plus en plus imaginatifs, à toujours trouver des solutions novatrices pour essayer de faire plus avec un petit peu moins», indique M. St-Onge. «On est en train de remettre en force notre fondation qui a été un peu timide au cours des dernières années. Je pense qu'une école comme le Séminaire Sainte-Marie est nécessaire pour la communauté parce que ça fait partie d'une stratégie de développement de notre communauté», dit-il.

Le SSM fait valoir que ce dossier est encore jeune et que des stratégies seront sûrement trouvées pour surmonter cette épreuve.

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