Voir le pays à 15 ans

Âgé de 15 ans, le Trifluvien Zachary Vallée... (Photo: courtoisie)

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Âgé de 15 ans, le Trifluvien Zachary Vallée a passé les cinq dernières semaines à parcourir le Canada d'ouest en est à bord du Peace Bus. Il garde un souvenir impérissable de son périple.

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Laurie Noreau
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Zachary Vallée, âgé de 15 ans, revient tout juste de son voyage de cinq semaines à travers le Canada et il se remet tranquillement de ce périple hors du commun. En compagnie de 11 autres jeunes âgés entre 14 et 16 ans et de trois accompagnateurs, il a traversé le pays d'ouest en est à bord d'un autobus bien particulier: le Peace Bus.

Le Peace Bus effectue deux voyages par année et invite des jeunes de moins de 18 ans à explorer le Canada tout en visitant certaines communautés dans un but d'éducation. Seul Québécois à bord, Zachary Vallée garde un souvenir impérissable de ce voyage qui l'a amené de Victoria en Colombie-Britannique à Halifax en Nouvelle-Écosse. Il a côtoyé la langue anglaise durant la quarantaine de jours qu'a duré son aventure. Heureusement, les accompagnateurs bilingues lui offraient un sursis de temps en temps et lui permettait d'échanger en français.

Les 11 jeunes parcouraient entre trois et quatre heures d'autobus par jour parfois même jusqu'à sept heures. Pour s'amuser à bord, tous les moyens sont bons. «On parle, on dort, on écoute de la musique, on joue. Vers la fin, on était pas mal fatigués alors on profitait des plus longs voyages pour dormir», avoue-t-il.

Étonnament, ce qui lui a paru le plus long, ce ne sont pas les grandes étendues des plaines de la Saskatchewan et du Manitoba. Ce sont les Rocheuses qui lui ont semblé une éternité à cause des routes sinueuses. «Dans les Rocheuses, il fallait contourner les montagnes et c'était toujours le même paysage. Dans les Prairies, on arrêtait souvent en chemin alors ça paraissait moins long», note-t-il.

Un moment marquant pour lui a été sa visite dans la ville de Calgary. «C'est une ville vraiment dynamique comme Montréal, mais avec la population de la ville de Québec. Durant le temps où on était là, c'était le Stampede de Calgary alors on a pu assister à un rodéo de 3 h.»

Changer constamment d'endroit pour dormir a été une difficulté durant ce voyage. Le camping était monnaie courante et Zachary estime que cela constituait la moitié de leurs nuits. Heureusement, plusieurs familles sur leur route ont accepté d'héberger les jeunes; des familles dont les enfants participent au Peace Bus, qui ont déjà participé ou tout simplement de bons samaritains. Pour les jeunes, dormir dans une maison était une bénédiction. «C'est apprécié que les familles aient ouvert leur porte et pas nécessairement des familles qui avaient un jeune sur le projet», admet sa mère Évelyne Goulet.

Un horaire chargé et varié

En cours de route, les arrêts sont fréquents et les activités défilent rapidement. L'horaire est planifié au quart de tour. Un arrêt était prévu dans chaque famille qui avait comme mandat d'initier les jeunes à une particularité de leur province. Dans chaque province, une variété d'activités étaient organisées privilégiant un caractère social.

Par exemple, à Victoria, ils ont été confrontés à la dure réalité de la toxicomanie en préparant des sacs contenants des seringues stérilisées, des comprimés de vitamine C et de l'eau pure. Le tout était fait dans un souci de sensibilisation. «Souvent, ils vont boire l'eau qu'ils vont trouver n'importe où et elle peut être non potable. Là-bas, ils savent qu'ils ne peuvent pas empêcher les gens de se droguer alors ils préfèrent que ce soit fait de façon sécuritaire et qu'ils ne se transmettent pas de maladies», explique Zachary.

À Ottawa, ils ont visité un refuge d'animaux sauvages de la faune canadienne. Ils ont d'ailleurs mis la main à la pâte en aménageant des cages pour accueillir de nouveaux animaux.

Évidemment, un arrêt s'imposait à Trois-Rivières pour visiter sa famille. «On est allé visiter la Vieille prison avec eux et ça a vraiment été une activité appréciée par les jeunes. On ne pouvait pas passer à côté de leur servir de la poutine non plus», atteste Mme Goulet.

Une expérience enrichissante

Évelyne Goulet n'a pas hésité à envoyer son fils à bord du Peace Bus. Elle était consciente de l'expérience qu'il pouvait aller y chercher. «Je suis contente qu'il ait pu voir à un si jeune âge l'étendue du Canada. Les gens voyagent beaucoup, mais ne prennent pas le temps de visiter leur propre pays. Quand il me raconte ce qu'il a fait durant son voyage, je suis un peu jalouse», confie-t-elle.

À 15 ans, Zachary Vallée a déjà plusieurs voyages à son actif. Il y a deux ans, il est parti seul pour la Norvège pendant deux semaines pour rejoindre un ami. Il a également passé près d'un mois dans l'État du Tennessee. De dire que le jeune homme a eu la piqûre des voyages serait un euphémisme. Il ne compte pas s'en arrêter là. L'Australie est d'ailleurs un endroit qu'il veut absolument visiter un jour.

Le Peace Bus est un programme élaboré par le Children's International Summer Village (CISV). Un autre voyage avec le Peace Bus est présentement en cours transportant des jeunes de 16 à 18 ans d'est en ouest cette fois-ci.

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