Le fort d'Odanak se dévoile un peu plus

Janice Cardin Boucher et Simon Picard, respectivement apprentie... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Janice Cardin Boucher et Simon Picard, respectivement apprentie et étudiant en archéologie, posent en compagnie de Michelle Bélanger, directrice générale du Musée des Abénakis d'Odanak, et de Geneviève Treyvaud, archéologue responsable des fouilles qui se dérouleront sur le site jusqu'au 15 août.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Odanak) L'été dernier, la directrice du Musée des Abénakis d'Odanak, Michelle Bélanger, avait indiqué que le quatrième projet de fouilles archéologiques sur le site serait le dernier. Il y a deux semaines, elle a reçu la confirmation d'une subvention permettant la tenue d'un autre chantier cette année. Depuis lundi et jusqu'au 15 août, une équipe fouillera un nouveau périmètre en quête de témoins de l'existence du fort d'Odanak.

Des sondages avaient été effectués en 2010 sur le site, dans le but de trouver les traces du village fortifié qui apparaissait sur une carte tracée par Jacques Levasseur de Néré en 1704. En 2011, 2012 et 2013, les archéologues Geneviève Treyvaud et Michel Plourde ont supervisé des recherches qui ont mis au jour une multitude d'artefacts, mais aussi les traces de poteauxconfirmant l'existence de palissades ayant ceint le village détruit en 1759 par des soldats britanniques.

«C'est une recherche quand même importante, cette année, même si l'aire de fouille est un peu plus petite et l'équipe réduite. On veut comprendre le bastion sud-ouest du fort. On est très loin de ce qu'avait présenté Levasseur de Néré en 1704, une fortification très française de l'époque», précise Mme Treyvaud en parlant du travail inauguré sur une aire de trois mètres par cinq, jouxtant l'excavation de l'été dernier.

«On s'aperçoit avec les fouilles archéologiques que la palissade est plutôt faite de pieux, de piquets qui s'entrecroisent. Ce n'est pas tout à fait droit, comme on imagine une palissade typique comme celle du fort Chambly. Ce sont plutôt des piquets, des pieux de différentes grandeurs. L'année passée, on en a trouvé à peu près 500-600», illustre celle qui sera secondée de deux étudiants en archéologie et d'une apprentie de la communauté abénakise.

En fait, Mme Treyvaud constate que le fort d'Odanak est «hybride, métissé entre le savoir traditionnel abénakis et le savoir français». Cet été, l'équipe archéologique tentera de situer l'orientation de la fortification dans sa ligne est-ouest.

Un deuxième volet de la recherche scrutera les zones artisanales. L'une est consacrée au travail du métal: «On y recyclait les métaux européens en différents outils traditionnels. C'est une zone où le sol a été énormément chauffé et on y retrouve beaucoup de petits morceaux de métal découpés, refaits, qui proviennent de chaudrons et de fer récupéré d'outils européens», explique l'archéologue.

Une autre zone artisanale est dédiée au traitement et à la décoration des peaux. Des outils comme des grattoirs ainsi que des artefacts reliés au perlage témoignent de cette activité. Les fouilles de cet été viseront à délimiter ces zones déjà identifiées en partie. Il est à noter que le chantier est ouvert au public à tous les jours de 9 h à 16 h.

En septembre, l'équipe portera son attention sur les vestiges de pierres d'un moulin à eau en amont de la rivière Saint-François, construit vers 1750. Dans la foulée du courant de recherche en archéologie du paysage, il s'agira d'analyser le moulin non pas danssa structure, mais selon l'angle des raisons ayant justifié sa construction à cet endroit précis et des modifications subies par le paysage pour en permettre l'aménagement.

D'autres projets seront annoncés plus tard dans l'année, dont la mise en ligne d'un musée virtuel en lien avec le volet archéologique développé au musée.

Un financement apprécié

«Depuis 2010, l'archéologie a pris une plus grande importance au musée. C'est une façon de comprendre l'histoire de la Première nation des Abénakis», indique Michelle Bélanger, qui en profite pour souligner la contribution de Patrimoine canadien dans les activités de l'institution.

«On est très chanceux ici de pouvoir profiter du Programme d'aide aux musées, volet patrimoine autochtone. On est rendus à 750 000 $ investis par Patrimoine canadien au Musée des Abénakis en quatre ans», confie Mme Bélanger, dans un contexte où les établissements muséaux décrient plutôt un manque de ressources et d'implication de l'État dans leur survie et leur essor.

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