22 % des enseignants sont épuisés

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Pascal Doyon remet ici l'étude à Claudia Cousin, présidente du Syndicat de l'enseignement des Vieilles-Forges en présence du professeur Ghislain Parent de l'UQTR.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Selon une étude dévoilée mardi par l'Université du Québec à Trois-Rivières, pas moins de 22 % des enseignants du primaire et du secondaire sont épuisés et 31 % ont un niveau moyen d'épuisement.

Ces chiffres proviennent d'un mémoire de maîtrise réalisé par Pascal Doyon, un étudiant en sciences de l'éducation de l'UQTR, sous la direction du professeur Ghyslain Parent. Le document en question a été présenté hier aux délégués syndicaux du Syndicat de l'enseignement des Vieilles-Forges.

L'enquête a été réalisée auprès 1400 des 1900 membres du Syndicat et 312 ont répondu au questionnaire de l'UQTR, ce qui permet de croire que les résultats sont significatifs, estime le professeur Parent.

Bien que la démarche de Pascal Doyon arrive au moment où le Syndicat est en négociations en vue du renouvellement de la convention collective des enseignants, la présidente du Syndicat, Claudia Cousin, rappelle que les questionnaires ont été distribués il y a deux ans au personnel, ce qui rend les conclusions encore plus objectives, d'autant plus que l'étude est réalisée par des chercheurs indépendants.

Parmi les trouvailles les plus importantes de cette étude, on apprend que plus les enseignants ont un faible sentiment d'auto-efficacité, plus leur degré d'épuisement est élevé. Par «auto-efficacité», on entend le degré de performance, les succès antérieurs, l'encouragement reçus des supérieurs, le feedback positif des pairs et la réussite auprès des élèves.

À l'opposé, «le manque de confiance, d'estime et d'accomplissement mène vers un épuisement professionnel», résume le jeune chercheur.

Le style de direction employé dans une école pose des problèmes encore plus importants pour l'enseignant que ceux rencontrés avec les élèves dans la classe, a-t-il pu constater aussi au fil de sa démarche.

Sa recherche, dit-il, démontre qu'il faut restaurer une culture de reconnaissance pour les enseignants «pour augmenter leur sentiment d'efficacité générale, leur motivation au travail et pour réanimer leur passion», indique M. Doyon.

Ces informations correspondent tout à fait avec ce que le Syndicat a pu constater sur le terrain auprès de ses membres, indique pour sa part Mme Cousin.

Selon le mémoire de maîtrise de M. Doyon, les enseignants doivent constamment se justifier auprès des parents, de l'école, voire même du ministère. «Ça devient épuisant», dit-il et c'est un phénomène tout à fait inacceptable selon la présidente du Syndicat.

«Les gens pensent qu'ils connaissent l'enseignement parce qu'ils sont allés à l'école», constate-t-elle. «Je ne connais pas la médecine parce que je vais à l'hôpital 2 ou 3 fois dans l'année. Les enseignants ont fait quatre ans d'université pour exercer leur profession. Ce sont eux, les spécialistes de l'enseignement», plaide-t-elle.

L'étude de l'UQTR démontre que les enseignants manquent aussi de temps pour accomplir leurs tâches et que les ressources qui pourraient les aider son insuffisantes. «C'est un constat qui ressort partout au Québec», renchérit Mme Cousin en faisant référence à d'autres enquêtes.

Le professeur Parent, de son côté, indique que si 22 % des enseignants sont épuisés, n'empêche que 47 % ne le sont pas et plus encore si l'on tient compte de la tranche de 31 % dont le niveau d'épuisement est jugé moyen.

L'étude livre quelques indices pour expliquer ce phénomène.

Pascal Doyon signale notamment que certains enseignants n'aiment pas enseigner dans une classe où des enfants présentent des difficultés de comportement alors que d'autres y verront plutôt un défi stimulant.

«Certains enseignants ont un malaise face à l'inclusion scolaire d'élèves ayant un handicap ou une difficulté d'adaptation. Le malaise est en lien avec le manque de ressources. Ils se sentent démunis et voient cela comme quelque chose qu'on rajoute à leur travail, comme une charge», explique-t-il.

Le professeur Parent, de son côté, explique que trois éléments sont à l'oeuvre, dans cette situation, soit la personnalité de l'enseignant, le soutien qu'il peut recevoir dans son environnement ainsi que la tâche, c'est-à-dire comment l'enseignant s'y prend et quel est son sentiment de compétence face à elle.

Cela, dit-il, peut contribuer à faire la différence entre deux mois de vacances, en été ou deux mois de convalescence.

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