«La vie est belle»

Marie-Sol Saint-Onge et Alin Robert racontent leur histoire... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Marie-Sol Saint-Onge et Alin Robert racontent leur histoire dans un livre.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Résilience, courage, optimisme, détermination, persévérance, espoir: les mots s'accumulent pour décrire les concepts qu'incarnent Marie-Sol Saint-Onge et Alin Robert. Deux ans après le début du drame qui allait bouleverser la vie de Marie-Sol et par ricochet celle de son conjoint et de leurs fils, les deux amoureux répètent que «la vie est belle». C'est le message qu'ils souhaitent communiquer à travers le livre qu'ils ont lancé dimanche: Quand l'Everest nous tombe sur la tête.

Marie-Sol était encore à l'hôpital quand Alin et elle ont trouvé le titre du livre qu'ils savaient déjà qu'ils écriraient quand la tempête se calmerait. Cette tempête avait commencé par ce qui ressemblait à une banale gastro, mais dont l'intensité et les complications ont mené Marie-Sol à l'urgence. Pneumonie qui dégénère dangereusement, a-t-on alors établi avant que le diagnostic le plus cruel ne tombe: infection au streptocoque de type A, communément appelée bactérie mangeuse de chair.

C'était en mars 2012. Deux ans plus tard, Marie-Sol Saint-Onge, qui gagnait sa vie comme artiste peintre, nous accueille toute souriante, dans son fauteuil roulant. Elle nous tend une des prothèses qui lui servent de mains pour serrer la nôtre, en chair et en os. Son conjoint l'aide à se lever du fauteuil pour qu'elle prenne position debout, soutenue par les deux prothèses qui prolongent ses jambes, aussi partiellement amputées.

Entre mars 2012 et mars 2014, la mère de Ludovic, 10 ans, et de Louis-Matis, 7 ans, a passé des semaines et des semaines à l'hôpital, traversant des moments, dans les premiers jours, où sa survie n'était pas assurée. Cette abysse, Alin et Marie-Sol l'ont décrite sous un chapitre éloquemment nommé La descente aux enfers. Puis le réveil du coma, les amputations et la réadaptation ont suivi ce coup du destin qui aurait pu emporter la femme aujourd'hui âgée de 36 ans.

«Nous avons voulu écrire ce livre pour savoir ce qui nous était arrivé, remettre les événements en ordre chronologique, démystifier tout le parcours. Ça fait partie de notre retour à la vie», indique Marie-Sol Saint-Onge en expliquant la démarche derrière l'écriture du livre. «On a voulu connaître le pourquoi. Ce fut comme une enquête policière pour comprendre comment tout ça s'est passé, pour que nous, on puisse passer à autre chose», renchérit Alin Robert.

Le couple a tenu à rédiger le livre à deux et parle presque toujours au «nous». «On est fusionnels», lancent presque en choeur les conjoints qui forment un couple depuis 20 ans et qui avaient démarré leur propre entreprise de peinture artistique, Les Illusarts, en 2011. Ainsi, les narrations et les points de vue de Marie-Sol et d'Alin se succèdent dans le récit détaillé des événements qui allaient complètement chambouler leur existence.

Devant tous les deuils auxquels le duo a dû se soumettre, le désespoir aurait pu prendre le dessus. La solidarité et l'empathie comptent parmi les facteurs qui ont contribué à la guérison de Marie-Sol sur tous les plans. Le soutien et la sympathie des gens, notamment via la page Facebook dédiée à Marie-Sol, a alimenté l'énergie de la jeune femme.

«C'était un bouillon d'amour incroyable, tous les encouragements qu'on a reçus par Facebook. Et ça a fait boule de neige quand on s'est rendu compte que nous aussi, on pouvait encourager des gens et les inspirer. Ce que les gens remarquaient, c'était que je continuais d'avancer et que je gardais le sourire. Ça les aidait dans leurs épreuves», témoigne Marie-Sol.

Ce constat de réciprocité a aussi motivé le couple à partager son histoire sous la forme d'un livre.

«Ce que je veux que les gens retiennent avec le livre, c'est que l'important c'est la vie. Et que la vie est belle. Quand j'étais à l'hôpital, en réalisant que, comme artiste peintre, je n'aurais plus mes mains et que je n'aurais plus toutes mes jambes non plus, c'est comme si ma vie était finie. Quand tu es dans le brouillard, tu penses que tout est fini, mais non, la vie est là quand on sort du brouillard», insiste Marie-Sol.

Pour Alin, la leçon à retenir est de vivre au quotidien. «Il faut prendre le temps de vivre chaque instant, chaque minute, être entouré de ceux qu'on aime. Il faut éloigner le négatif et l'apitoiement», croit celui qui agit comme aidant naturel auprès de sa fiancée et qui l'accompagne dans les conférences qu'elle prononce maintenant.

Ces conférences attirent parfois les confidences de personnes qui y assistent et qui remercient Marie-Sol et Alin pour l'espoir qu'ils ont semé en eux. «Des fois, on se trouve chanceux devant ce que les gens nous confient. Ça nous ramène à l'essentiel», observe Marie-Sol.

«Notre message, c'est que c'est beau la vie et qu'on en a juste une!», résume le couple à l'unisson.

Publié chez Performance Édition, le livre sera disponible en librairie à compter de mercredi.

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