Partir pour faire vivre sa famille

Mathieu Kleinprintz avec sa conjointe Lucie Balmann et... (Photo: Émilie O'Connor)

Agrandir

Mathieu Kleinprintz avec sa conjointe Lucie Balmann et la petite Alexia Kleinprintz.

Photo: Émilie O'Connor

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'est un jeune francophone de l'Île de la Réunion, fraîchement diplômé du Collège Laflèche en éducation spécialisée. Il adore le Québec et son emploi chez COMSEP où on est si satisfait de lui, qu'on souhaite l'engager à temps plein. Mais voilà, Mathieu Kleinprintz est pris dans le dédale administratif de Citoyenneté et Immigration Canada et peine à obtenir la prolongation de son permis de travail qui lui permettrait de gagner sa vie, le temps d'acquérir le statut de résident canadien.

La responsable du stage qu'a fait Mathieu Kleinprintz... (Photo: Émilie O'Connor) - image 1.0

Agrandir

La responsable du stage qu'a fait Mathieu Kleinprintz chez COMSEP, Denise Carbonneau.

Photo: Émilie O'Connor

C'est au point que le jeune homme, maintenant sans travail depuis cinq semaines à la suite d'une erreur administrative, envisage tristement de devoir retourner temporairement dans son pays pour gagner sa vie, laissant au Québec conjointe et bébé.

Mathieu Kleinprintz est en effet nouvellement papa et son épouse, Lucie Balmann, également originaire du même département français, (arrivée au Québec en 2006), elle aussi diplômée du Collège Laflèche, est toujours en congé de maternité. Les ressources du jeune couple ne sont donc pas sans limite. D'autant plus que toutes ces démarches administratives sont coûteuses.

«C'est simple, il nous manque 700 $ pour boucler les fins de mois, précise le jeune homme. On a commencé à vendre des choses, dont ma voiture. Je n'ai d'autres choix que de retourner chez moi et tenter d'y trouver du travail en attendant la réponse d'Ottawa qui pourrait arriver demain ou en décembre seulement», explique-t-il, visiblement très éprouvé de devoir laisser sa petite fille Alexia dans les premiers mois de sa vie.

«Une chance qu'il y a ma fille, confie-t-il, ému. Elle nous donne du courage.»

L'histoire de Mathieu commence alors qu'il est étudiant dans un lycée (école secondaire) de La Réunion, en 2007, où il rencontre un représentant du Collège Laflèche, venu vanter les programmes de cet établissement d'enseignement et les perspectives d'emploi au Canada. Il faut dire qu'à La Réunion, le taux de chômage est très important et que les jeunes sont incités à tenter leur chance à l'étranger.

Au début, le Réunionnais ne sait pas trop s'il immigrera mais l'aventure américaine le tente. Muni d'un permis d'étudiant en règle, il s'inscrit en technique d'éducation spécialisée, cours qu'il complétera avec succès en 2010. Par la suite, il n'a aucun mal à décrocher un stage chez COMSEP, car les hommes se font rares en éducation spécialisée et ils sont recherchés, précise Denise Carbonneau, sa responsable de stage.

En septembre de la même année, il est même carrément embauché. Très rapidement, le jeune homme s'installe dans ses nouvelles fonctions, ne compte pas ses heures et développe une bonne relation avec sa clientèle qu'il adore et qui le lui rend bien. Il est maintenant certain de ce qu'il veut faire dans la vie et répète à qui veut l'entendre qu'il souhaite continuer à travailler pour cet organisme communautaire.

«Nos gens nous demandent souvent des nouvelles de Mathieu et veulent savoir s'il va rester avec nous», confirme Mme Carbonneau. Chez COMSEP, on est si content de ce jeune homme, qu'on est prêt à lui réserver le poste, le temps qu'il règle sa situation.

Cette histoire n'est pas sans rappeler celle d'Abou Fofana, ce père de famille d'origine ivoirienne qui a été menacé d'expulsion du pays cet été puisque le gouvernement canadien l'accusait d'être un criminel de guerre, ce qu'il a toujours nié. Trois mois plus tard, sa femme Geneviève Trottier a donné naissance à des jumeaux - les deuxième et troisième enfants du couple - et il ne sait toujours pas ce que l'avenir lui réserve. Il demeure en attente de nouvelles de sa demande d'appel.

Avec la collaboration de Vincent Gauthier

Partager

lapresse.ca vous suggère

  • Permis de travail: des démarches complexes

    Actualités

    Permis de travail: des démarches complexes

    Il faut être patient et surtout méticuleux lorsque vient le temps de demander un permis de travail et le statut de résident permanent au Canada.... »

  • Mathieu Kleinprintz peut rester

    Actualités

    Mathieu Kleinprintz peut rester

    Un article dans Le Nouvelliste, un coup de téléphone du bureau du député fédéral et une ou deux questions d'Immigration Québec à Immigration Canada... »

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer