Plan directeur du lac à la Tortue: «On ne vous croit plus»

Pierre Giguère et Bernard Cayouette, membres de la... (Photo: Émilie O'Connor)

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Pierre Giguère et Bernard Cayouette, membres de la commission de l'environnement de la Ville de Shawinigan, de même que le consultant Pierre Bertrand ont écouté les mémoires présentés hier dans le cadre de la consultation pour le plan directeur du lac à la Tortue.

Photo: Émilie O'Connor

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Lorsque Danielle Parent et Daniel Pleau ont décidé de s'acheter un chalet au bord du lac à la Tortue au printemps 2012, leur rêve se réalisait. Mais il ne leur a fallu qu'une seule année pour que leur histoire vire au cauchemar, avec une prolifération d'algues, de nénuphars et des épisodes de cyanobactéries.

«Nous avions entendu dire que la baie des Daniel était le poumon du lac», soupire Mme Parent. «Eh bien, votre poumon est en train de crever! Le lac lance un cri de détresse: sauvez-moi!»

Le couple racontait son histoire hier après-midi, dans le cadre de la consultation publique organisée pour l'élaboration d'un plan directeur du lac à la Tortue, à la salle communautaire Lupien. Dix-neuf mémoires ont été présentés et dans plusieurs d'entre eux, l'inertie des politiciens depuis une trentaine d'année a été soulignée à grands traits.

L'opportunité était belle pour tomber à bras raccourcis sur Bernard Cayouette, maire de Lac-à-la-Tortue de 1991 à 2001 et conseiller municipal depuis 2009. Président de la commission sur l'environnement, il dirigeait la consultation d'hier, en compagnie de son collègue Pierre Giguère et de Pierre Bertrand, consultant de la firme Exp et chargé de produire le plan directeur qui sera remis au conseil municipal vers la fin octobre.

M. Cayouette s'est fait dire ses quatre vérités sans retenue, par des citoyens tantôt en colère, tantôt cyniques, tantôt carrément désabusés.

L'un des moments forts est survenu lorsque Michel Goulet, un enseignant à la retraite, est venu dresser l'historique des problèmes observés au lac à la Tortue. Il a débuté son récit en... 1981, avec une correspondance du ministère de l'Environnement qui s'inquiétait déjà de la qualité des installations septiques en place et des conséquences sur le lac.

Pendant les trente années qui ont suivi, des diagnostics et des études ont été produits à grands frais, avec comme résultat que les recommandations ne sont jamais suivies, tonne-t-il.

«On a fait une indigestion d'études», lance M. Goulet. «Le message est clair: arrêtez de polluer le lac!»

«On se répète, mais les élus municipaux n'ont pas l'air de comprendre», ajoute-t-il, avant de s'adresser plus spécifiquement à MM. Cayouette et Giguère.

«C'est risible d'arriver comme ça, devant nous. On ne vous croit plus. L'écoute ne donne rien s'il n'y a jamais d'action», avant d'ajouter qu'à ses yeux,

M. Cayouette n'avait plus «aucune crédibilité» dans ce dossier.

De son côté, Réginald Sauvageau a profité de ses quinze minutes pour raconter son rêve d'assister à une conférence de presse annonçant que le lac est sauvé en... 2033.

Manipulant fort habilement l'ironie et le sarcasme,

M. Sauvageau a rappelé qu'un plan directeur avait déjà été produit en 2006 et que le suivi de ses recommandations est toujours attendu. Son intervention en rejoignait plusieurs autres: pourquoi cette fois-ci serait-elle la bonne?

«Quelques mois avant les élections, on nous annonce le salut», fait-il remarquer.

«Depuis 1996, j'ai vu passer une multitude de plans directeurs», témoigne l'ingénieur Claude Vaugeois. «La Ville achète du temps pour faire patienter les citoyens. Elle a déjà une bonne idée des actions à entreprendre et disons que son bilan n'est pas très reluisant.»

Cible parfaite

Bernard Cayouette s'attendait évidemment à se retrouver au centre de ces tirs groupés. Par contre, les deux conseillers n'ont pas apprécié qu'on laisse sous-entendre à de multiples reprises que cette consultation ne constituait qu'un autre exercice de relations publiques pour bien paraître avant les élections. Ils font remarquer qu'il aurait été justement beaucoup plus facile de repousser cet exercice en décembre.

«Je ne m'attendais pas à être en eaux calmes», commente

M. Cayouette. «Ça fait plus de 30 ans que les gens attendent après l'assainissement des eaux ou l'amélioration du lac. Ils veulent que le conseil

municipal pose des actions et on ne peut pas dire que nous en avons posé énormément. Le prochain plan directeur pourra nous guider.»

M. Cayouette rappelle également que le gouvernement du Québec détient les clés du coffre-fort pour la réalisation du projet d'assainissement des eaux, présentement estimé à 55 millions $. Il veut bien recevoir une partie du blâme, mais il affirme qu'il n'a

pas vu le député de Saint-Maurice, Luc Trudel, déchirer sa chemise sur ce projet depuis son élection.

«On semble toujours vouloir pointer la Ville, mais en mai 2012, nous sommes allés déposer les études à Québec», rappelle-t-il. «Je n'ai jamais entendu

Luc Trudel en parler ouvertement. A-t-il fait des démarches? On ne le sait pas. En tout cas, on n'en entend pas parler.»

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