Djemila Benhabib se dit "rassurée"

Djemila Benhabib voit d'un bon oeil la perspective... (Photo: Sylvain Mayer)

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Djemila Benhabib voit d'un bon oeil la perspective de l'interdiction des signes religieux ostentatoires dans les institutions publiques.

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(Trois-Rivières) L'auteure et militante contre l'islam politique, Djemila Benhabib, se dit "rassurée" par les intentions du gouvernement Marois d'interdire des signes religieux ostentatoires dans les institutions publiques québécoises.

«Je vois ça d'un bon oeil. On avait déjà fait la promesse en campagne électorale d'une charte de la laïcité qui interdirait les signes religieux dans la fonction publique et l'essence des résolutions publiées dans le Journal de Québec et le Journal de Montréal vont dans ce sens. En fait, c'est une promesse électorale qui est tenue. C'est rare en politique», a affirmé en entrevue au Nouvelliste, l'ancienne candidate péquiste dans Trois-Rivières.

«Je suis rassurée que Bernard Drainville concrétise cette promesse électorale qu'on avait faite l'année dernière durant la campagne», ajoute-t-elle.

Mme Benhabib, bien connue pour sa prise de position contre le voile islamique, souligne qu'elle n'a jamais visé un symbole religieux ostentatoire en particulier.

«J'étais pour l'interdiction de l'ensemble des signes religieux ostentatoires. Par définition de toute façon, la loi doit être impersonnelle et universelle. Donc, on ne vise pas une catégorie de personne, mais l'ensemble des signes religieux ostentatoires dans la fonction publique. C'est un pas dans le sens de la citoyenneté.»

Elle reconnaît que dans un contexte de gouvernement minoritaire à l'Assemblée nationale, l'adoption d'une «charte des valeurs québécoises» bannissant des signes religieux, entre autres, dans les ministères, tribunaux et sociétés d'État, pourrait rapidement se retrouver dans une impasse en raison d'une opposition des autres formations politiques.

«Cela étant, je crois que l'ensemble des Québécois et des Québécoises méritent d'être informés des intentions du Parti québécois et de sa réflexion. Donc, il (PQ) est pour l'interdiction du port de signes religieux et ça, c'est bien que les Québécois le sachent, comme ça ils vont savoir que d'autres partis ne sont pas sur la même longueur d'onde.»

Mme Benhabib réfute d'ailleurs l'argumentaire des partis d'opposition qui ont plutôt exprimé un malaise face aux intentions du gouvernement péquiste. Elle lance notamment quelques flèches à l'endroit du Parti libéral du Québec.

«Je pense que le Parti libéral nous a fait la démonstration de son incapacité, d'abord, à comprendre ces questions et à apporter des solutions vraiment adéquates. Il a laissé pourrir la situation en instaurant cette règle du cas par cas. Nous savons que le cas par cas ne fait qu'encourager le pourrissement de la situation. Il nous faut des balises clairement établies qui sont comprises par les institutions et les citoyens», déclare-t-elle.

Au sujet du chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, qui juge la position du PQ radicale, la Trifluvienne d'adoption attend «un argumentaire sérieux» de sa part. Elle rappelle que l'ancêtre de la CAQ, l'Action démocratique, avait pris des positions similaires à celles du gouvernement actuel en 2007.

Quant à la crainte de la députée de Québec solidaire, Françoise David, de voir des femmes portant le hijab exclues du marché du travail, Mme Benhabib croit que la politique du «cas par cas» du gouvernement précédent a eu l'effet d'augmenter le taux de chômage chez les immigrants. «(...) L'émancipation citoyenne accompagne l'émancipation sociale. Donc, c'est parce qu'il va y avoir des balises suffisamment claires et comprises par les institutions et l'ensemble de la population qu'il va y avoir des mesures à l'emploi qui vont aller dans le sens de l'employabilité dans les communautés culturelles.»

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