Le Doc Mailloux peut en appeler

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Le psychiatre Pierre Mailloux jubilait hier après-midi à la suite de la décision rendue par la Cour d'appel du Québec.

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Québec) Pour l'une des rares fois depuis le début de ses démêlés judiciaires avec le Collège des médecins, le psychiatre Pierre Mailloux jubilait hier après-midi à sa sortie de la Cour d'appel du Québec.

«On peut perdre toutes les manches mais on peut gagner la guerre aussi», s'est exclamé celui qui, à l'approche de sa retraite, n'a pas caché qu'il jouait sa carrière en se rendant devant le plus haut tribunal de la province. «C'était ma dernière carte!»

Il a en effet obtenu la permission d'en appeler de sa radiation de deux ans, imposée par le Tribunal des professions et confirmée en mai dernier par la Cour supérieure. On sait qu'il a été reconnu coupable d'avoir administré des mégadoses d'antipsychotiques à des personnes souffrant de schizophrénie, d'avoir manqué de suivi dans certains dossiers et d'avoir tenu des propos jugés inappropriés sur les ondes radiophoniques.

Les trois juges de la Cour d'appel ont pour leur part conclu que même si sa requête avait été déposée hors délai, il y avait matière à porter sa radiation de deux ans en appel, en autant bien sûr qu'il dépose les fameuses preuves nouvelles qu'il invoque.

Comme motif d'appel, le Doc Mailloux soutient notamment que la Cour supérieure lui a refusé le droit de produire de nouvelles preuves en lien avec l'évaluation de 78 de ses patients sous prétexte qu'elles n'étaient pas pertinentes. Selon lui, le syndic du Collège des médecins aurait mandaté 14 psychiatres afin qu'ils évaluent cliniquement 78 de ses cas plus litigieux en 2011.

Le hic est que pour 45 d'entre eux, les mégadoses d'antipsychotiques ont été reconduites par ces mêmes psychiatres. Pourtant, les quatre patients à qui il aurait administré des mégadoses d'antipsychotiques et pour lesquels il a été radié n'ont jamais été rencontrés personnellement et examinés par ses pairs.

Toujours par décision unanime, les trois juges de la Cour d'appel ont également suspendu provisoirement sa radiation d'ici à ce que la cause soit entendue sur le fond. Cependant, il lui sera formellement interdit de prescrire des mégadoses d'antipsychotiques à ses patients. Le paiement des amendes qu'il avait à payer a également été suspendu.

Par contre, il importe de noter que même si sa radiation de deux ans est suspendue provisoirement, il ne peut retourner pratiquer la psychiatrie. Une autre radiation est toujours effective jusqu'en décembre. Il entend là aussi se battre et contester cette mesure punitive en retournant devant la Cour supérieure.

En apprenant de la Cour d'appel qu'il venait d'avoir gain de cause avec ses requêtes, le coloré psychiatre est demeuré fidèle à lui-même dans la salle d'audiences en lançant spontanément aux juges une phrase qui en a fait sourire plus d'un: «Vous savez: j'aime mes patients et mes patients m'aiment!»

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