«C'était très émouvant» - Abou Fofana

Abou Fofana, Geneviève Trottier et Adama ont accueilli... (Photo: Émilie O'Connor)

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Abou Fofana, Geneviève Trottier et Adama ont accueilli les deux nouveaux membres de leur famille, dimanche, le petit Kassim et la petite Nadintou.

Photo: Émilie O'Connor

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(Trois-Rivières) Après avoir longtemps douté qu'il allait pouvoir vivre ce moment aux côtés de sa femme Geneviève Trottier, Abou Fofana a finalement pu assister à la naissance de ses jumeaux, dimanche après-midi au Centre hospitalier régional de Trois-Rivières.

Devant initialement voir le jour le 1er septembre, le petit Kassim et la petite Nadintou sont plutôt venus rejoindre leur frère Adama chez les Fofana-Trottier quelques semaines plus tôt, au grand plaisir des parents.

«Je flotte sur un nuage! C'est un grand soulagement d'avoir pu vivre ça», a lancé le père de 31 ans depuis la chambre d'hôpital du CSSS de Trois-Rivières où la famille était toujours réunie hier.

«C'était très émouvant. On apprécie tellement plus qu'il soit là. Pendant longtemps, on a pensé qu'il n'allait pas pouvoir y être, mais finalement il a pu y assister. De le voir avec les enfants dans ses bras, c'était merveilleux», ajoute sa conjointe.

Vendredi dernier, Mme Trottier s'est d'abord rendue au centre hospitalier en raison de douleurs aux reins. Une fois sur place, on l'a avisée que l'heure était maintenant venue d'accoucher. «J'ai été provoquée dimanche, car j'avais trop de douleurs et les jumeaux étaient rendus trop grands», raconte-t-elle.

Il y a quelques semaines à peine, Abou Fofana n'aurait jamais cru pouvoir assister à la naissance de ses jumeaux. Non seulement Citoyenneté et Immigration Canada venait de lui refuser son statut de résident permanent, en plus de l'emprisonner pendant deux semaines, il avait également essuyé un échec dans la demande de sursis qu'il avait formulée dans l'espoir de prolonger son séjour au pays jusqu'à l'arrivée de ses deux enfants.

Cependant, tout son dossier est tombé en suspens en raison d'un bras de fer qui oppose le Canada à la Côte d'Ivoire et qui a freiné toutes les procédures.

Ainsi, Abou Fofana profite d'un sursis inespéré depuis le 20 juin, date initialement prévue pour sa déportation.

«Je suis tellement content. J'ai eu le privilège de couper le cordon de mes enfants. C'était un grand moment qui m'a beaucoup ému», souligne-t-il.

Pendant ce temps, c'est donc le statu quo qui se poursuit dans le dossier de la déportation de l'Ivoirien.

Rappelons que le couple Fofana-Trottier est en attente d'une décision pour savoir s'il pourra plaider sa cause en Cour d'appel.

Citoyenneté et Immigration refuse d'accorder le statut de résident permanent puisqu'on accuse Abou Fofana d'être un criminel de guerre en raison des liens qu'il a entretenus avec les Forces nouvelles en Côte d'Ivoire pendant la guerre civile.

Or, le principal intéressé se défend bien d'avoir commis quelque crime que ce soit et réitère qu'il a simplement travaillé pour le groupe en tant que menuisier et agent à la frontière entre le nord et le sud.

«Nous sommes contents puisque Abou a pu assister à l'accouchement. Maintenant, il nous reste à gagner la suite de notre cause», mentionne Geneviève Trottier.

Le couple a d'ailleurs eu un regain d'espoir grâce à un récent jugement de la Cour suprême du Canada dans le cas similaire d'un Congolais qui avait également été étiqueté criminel de guerre. Or, le tribunal a rappelé à la Commission de l'immigration et du statut du réfugié qu'il devait «exister des raisons sérieuses de penser qu'il a volontairement contribué de manière significative et consciente aux crimes ou au dessein criminel d'une organisation» pour refuser l'asile à un demandeur.

Ainsi, comme le gouvernement n'entretient que des soupçons envers M. Fofana en raison de son lien avec les Forces nouvelles, la famille compte bien se servir de cette jurisprudence.

«Il faut souhaiter que quelqu'un acceptera de nous entendre», lance-t-elle.

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