Sa maison détruite par un déraillement

La camionnette de Raymond Hélie, tout comme sa... (Photo: Archives Le Nouvelliste)

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La camionnette de Raymond Hélie, tout comme sa maison, avaient été écrasées sous le poids des wagons qui avaient été propulsés hors du chemin de fer.

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Nicolas Ducharme
Le Nouvelliste

(Saint-Léonard-d'Aston) La tragédie qui a frappé Lac-Mégantic dans la nuit de vendredi à samedi rappelle de biens mauvais souvenirs à Raymond Hélie. C'est sa maison qui avait été entièrement détruite lors du déraillement de train en décembre 1989 à Saint-Léonard-d'Aston.

Le terrain sur lequel était érigé la demeure... (Photo: Oli Croteau) - image 1.0

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Le terrain sur lequel était érigé la demeure de Raymond Hélie, situé à proximité du chemin de fer du Canadien National, est maintenant vacant.

Photo: Oli Croteau

La catastrophe avait bien failli coûter la vie de son épouse, qui était dans la résidence lorsque le convoi de 91 wagons a quitté les rails à la hauteur de la rue Béliveau.

Fort heureusement, la dame se trouvait dans la cuisine, qui avait été épargnée par les wagons. Elle s'était alors enfuie en chaussettes dans la neige, courant sur une distance d'une centaine de mètres avant de réaliser ce qui se passait autour d'elle, raconte l'homme de 71 ans, qui était au travail lors de l'événement.

«Elle s'en ressent encore, mais elle ne le dit pas. Elle est trop orgueilleuse. Elle venait de sortir du garage pour aller chercher de la nourriture pour faire des pâtés à la viande, puisque les Fêtes approchaient. Si elle y avait encore été, elle était morte", souffle-t-il.

Le temps passe mais les souvenirs restent. Même si l'incident s'est produit il y a près de 23 ans, M. Hélie peine à oublier le choc qu'il a vécu lors de cette journée de décembre. Il peine à regarder les reportages médiatiques diffusés de la petite ville ravagée située en Estrie.

«Je ne suis pas capable de regarder (les images). Je n'ai presque pas dormi cette nuit. Ce matin, je n'ai pas déjeuné. Je n'ai bu qu'un verre de 7 Up alors que ce midi, je n'ai mangé qu'une soupe», relate celui qui n'a pourtant pas l'air d'un homme facilement ébranlable.

Il s'attend à ce que la population de Lac-Mégantic vive le même type de traumatisme. Pour une raison qu'il ne peut lui-même expliquer, M. Hélie garde dans un cadre l'article du Nouvelliste commémorant la tragédie léonardaise.

«J'essaye de l'oublier, mais de temps en temps, je regarde (la page). Ça ne s'oublie pas et ce n'est pas un cadeau. Si je pouvais donner un montant d'argent, j'irais le mener directement dans les mains des gens de Lac-Mégantic. »

Depuis, sa maison n'a pas été reconstruite. À vrai dire, le terrain où elle était située est aujourd'hui vacant. Curieusement, M. Hélie et son épouse n'ont pas tenu à s'éloigner du chemin de fer, leur nouveau nid familial étant situé à proximité de l'ancien. Quelques maisons occupent toutefois l'espace entre son domicile et la voie ferrée. Une sorte de rempart, avoue-t-il.

Un centre d'hébergement à proximité

À Lac-Mégantic, le bistro Le Musi-Café est devenu en quelque sorte l'épicentre de ce désastre, puisque plusieurs dizaines de personnes s'y trouvaient, selon des témoins.

Le déraillement de Saint-Léonard-d'Aston n'a peut-être pas fait de victimes, mais les conditions étaient réunies pour qu'une telle tragédie ait les même conséquences en pertes de vies humaines.

À proximité de la voie ferrée se trouve le Centre l'Assomption, une résidence pour personnes âgées en perte d'autonomie.

Une explosion de la taille de celle qui s'est produite à Lac-Mégantic aurait vraisemblablement rasé l'immeuble.

Carmen Paré était cuisinière à cet endroit en 1989. La catastrophe de la fin de semaine dernière l'a forcée à se remémorer les souvenirs qu'elle avait mis de côté avec le temps.

«Lors du déraillement, il y a eu un fort bruit et le centre au complet a tremblé. On ne savait pas ce qui se passait. Je suis sortie par la porte au bout de l'immeuble et j'ai vu le train», se rappelle-t-elle.

« C'est sûr que les personnes âgées n'auraient pas pu sortir. Elles seraient restées prises en dedans", ajoute-t-elle.

Par chance, il n'y avait pas eu d'explosion et les résidants ont pu être évacués en toute sécurité.

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