Abou Fofana libéré (vidéo)

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(Trois-Rivières) Neuf jours plutôt pénibles se sont terminés hier pour le couple Geneviève Trottier et Abou Fofana. Le Trifluvien d'origine ivoirienne, détenu depuis mercredi dernier au centre de détention des réfugiés de Laval, a retrouvé sa liberté en attendant sa déportation.

«Ça fait un bien immense. On sait que ça ne change rien parce que l'ordre de renvoi est toujours là, mais à tout de moins, les derniers moments on va pouvoir les passer en famille», a affirmé la conjointe de M. Fofana, Geneviève Trottier.

«On se voyait quand même à tous les jours parce que je le visitais à Laval, mais là on peut se toucher et on peut se serrer», a-t-elle dit, soulagée de revoir son conjoint à la maison.

Le père de 31 ans, très heureux d'être libre, affichait, et pour cause, un large sourire lors de son retour en fin de journée à Trois-Rivières.

«Quand j'ai entendu le commissaire de l'immigration dire: ''Monsieur vous êtes libéré'', je n'y croyais pas. C'était beaucoup d'émotions. Je retrouve ma famille et mon fils me manquait. En tout cas, je suis vraiment content», a déclaré Abou Fofana qui a vu son garçon lui sauter dans les bras en arrivant à son domicile.

Si M. Fofana peut finalement respirer la liberté, il doit tout de même respecter quelques conditions dont se rapporter une fois par semaine, chaque mardi, auprès du ministère de l'Immigration du Canada. Le Trifluvien d'origine ivoirienne soutient, par ailleurs, avoir été bien traité au centre de détention, même si ce fut des moments plutôt difficiles.

«Ça fait partie de la loi. Donc, on doit accepter d'avoir des menottes. En Afrique, quand on te met des menottes, c'est ta dignité qui est atteinte. Ici, ce n'est pas vu comme chez nous. On fait alors avec, mais c'est ce côté-là qui m'a beaucoup touché», témoigne Abou Fofana.

Toute la petite famille est donc de nouveau réunie. Cependant, ces retrouvailles pourraient être de courte durée. La Commission de l'immigration et du statut de réfugié (CISR) doit en fait remettre une décision, au début du mois de juillet, concernant la révision de la demande de résident permanent de M. Fofana qui a été rejetée à la fin du mois de mai. Si l'appel est finalement entendu, les audiences devraient se tenir trois mois plus tard, soit en octobre.

Rappelons que la CISR a refusé d'accorder le statut de résident permanent à Abou Fofana en raison des liens qu'il a entretenus avec les Forces nouvelles, considérées comme les forces rebelles pendant la guerre civile qui sévit depuis une dizaine d'années en Côte d'Ivoire. On accuse l'Ivoirien de 31 ans d'avoir participé à des crimes de guerre, sans pour autant formuler des preuves précises sur les crimes qu'il aurait commis.

Le coup de pouce ivoirien

Le refus de la Côte d'Ivoire d'émettre un titre de voyage à M. Fofana a favorisé d'une certaine manière sa remise en liberté.

«Immigration Canada n'est pas capable de déterminer une date de départ. Donc, si ça avait été dans deux ou trois jours, à ce moment-là ils auraient eu tout intérêt à le garder en détention. Toutefois, comme il n'y a pas de date déterminée, je crois qu'ils (CISR) ont préféré le ramener chez nous», explique Mme Trottier.

Au moment des audiences hier, Citoyenneté et Immigration Canada souhaitait maintenir en détention M. Fofana pour encore 30 jours, craignant qu'il prenne la fuite. Une position qualifiée d'«abus de pouvoir», selon Geneviève Trottier.

Elle se dit, par ailleurs, déçue par son pays. «J'aurais espéré que les gens du ministère de l'Immigration puissent faire preuve d'un peu plus d'humanité. On ne perd pas espoir. Nous souhaitons que le ministre (Jason) Kenney se réveille et dise que ce n'est pas bien de séparer une famille».

Événement de soutien

Compte tenu de la menace de déportation qui plane toujours, la famille Fofana-Trottier tiendra aujourd'hui, de 16 h à 19 h, à la salle communautaire Jean-XXIII, un événement sur contribution volontaire pour soutenir l'Ivoirien de 31 ans. En plus d'un souper spaghetti, un cirque pour les enfants et des groupes de musique africaine seront présents pour animer la soirée.

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