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Centre de technologie d'Hydro-Québec: une occasion manquée pour la région, déplore Couillard

Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe... (Photo: Émilie O'Connor)

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Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, en entrevue au Nouvelliste en compagnie de la députée de Trois-Rivières, Danielle St-Amand.

Photo: Émilie O'Connor

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le nouveau chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, déplore qu'Hydro-Québec s'apprête à annoncer qu'elle a choisi la ville de Drummondville pour implanter son  nouveau centre de technologie, au lieu de  Trois-Rivières ou Bécancour aux prises avec une importante perte d'emplois liée à la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2.

Aucune annonce officielle n'a encore été faite par la société d'État mais plusieurs médias de cette région parlent d'une annonce imminente en ce sens.

M. Couillard était de passage en Mauricie, jeudi, dans le cadre de sa tournée provinciale qui vise à bien saisir les enjeux des régions, faire connaissance avec les militants et jeter les bases du prochain programme. Il en profitait aussi pour rencontrer les intervenants des milieux sociaux et économiques. Aucun maire, toutefois, n'était inscrit à son agenda.

En entrevue éditoriale au Nouvelliste, le chef libéral a répété que son parti, s'il reprend le pouvoir, gardera en place le fonds de diversification économique.

«La décision de fermer Gentilly-2 est irrévocable. Il y a trop de pâte qui est sortie du tube pour qu'on essaie de la remettre à l'intérieur. Mais il faut respecter aussi l'esprit de ce fonds. Plusieurs centaines d'emplois de bon niveau, liés à Hydro-Québec, ont été perdus ici. Et en même temps, on annoncerait l'installation d'un centre de données d'Hydro-Québec... ailleurs? Curieux!

«Il y a quelque chose qui ne marche pas. Si on dit qu'on a une sensibilité particulière pour les besoins de la région, il faudrait que ça se manifeste par des décisions concrètes. C'était une occasion de démontrer qu'on réalise à quel point le traumatisme est grand ici. Tant mieux si l'annonce n'est pas encore faite officiellement: c'est un avertissement à lancer au gouvernement. En clair, je ferais des représentations très fortes auprès d'Hydro-Québec pour qu'on donne une image de cohérence.»

Lorsqu'on demande à M. Couillard s'il estime suffisants les 200 M$ octroyés pour le fonds de diversification économique, il répond prudemment que ce montant est apparemment basé sur les retombées économiques associées à la réfection. À son avis, c'est une somme importante mais l'important est de voir comment elle sera utilisée.

Questionné sur l'utilité des minicentrales hydroélectriques, le chef libéral qui connaissait peu le projet de Manouane Sipi à La Tuque (refusé par Québec), s'est dit fortement en faveur de ce type de projet qui contribue à garder les retombées financières des ressources naturelles dans les communautés régionales, y compris les communautés autochtones.

«Ça me paraît un excellent modèle. On nous dit que non, parce qu'on a des surplus d'énergie alors que je ne connais pas un état au monde qui se plaint d'avoir des surplus d'énergie, surtout stockables. Il y a une contradiction dans cela. On ne m'a jamais donné de réponse là-dessus. On n'applique ce principe qu'aux minicentrales et pas au secteur éolien. On calcule de façon très étroite alors qu'il faut aussi tenir compte de la création d'emplois et des retombées économiques», explique-t-il.

Abordant la question du moratoire de cinq ans sur l'exploitation des gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent, Philippe Couillard a précisé son idée sur le sujet, en déclarant qu'on ne pouvait gouverner à coups de moratoires.

«On sait à quel point c'est difficile de lever un moratoire une fois qu'il est en place. J'admets que l'exploitation du gaz de schiste doit être faite en respectant les communautés. Je sais aussi que les prix sont bas à cause de la surexploitation américaine et qu'il n'y a donc pas de justification pour aller plus loin dans l'exploitation, maintenant, mais ça ne sera pas toujours comme ça.  D'autre part, pourquoi faire un moratoire également sur l'exploration et la recherche ?»

Philippe Couillard juge que le Québec a justement du temps devant lui pour faire de l'exploration sans déranger les gens et proposer des formules d'exploitation moins inquiétantes pour la population.

Quant à savoir quand et où il compte se faire élire, le chef libéral estime qu'il a encore le temps d'y réfléchir.

Informer plus qu'interdire

Médecin de formation avant d'être chef du Parti libéral du Québec, on a demandé au docteur Philippe Couillard ce qu'il pense de la croisade d'un père endeuillé de son fils, mort d'une crise cardiaque, et qui vise à interdire la vente de boissons énergisantes aux mineurs.

M. Couillard a déclaré ne pas croire au succès de cette approche et en a donné comme preuve celle utilisée pour la cigarette. Ce n'est, dit-il, que lorsqu'on a demandé aux jeunes de parler aux jeunes, dans leurs mots, (C'est pas cool fumer) que le message sur les dangers du tabac pour la santé a enfin commencé à passer.

Il estime que c'est également cette approche éducative qu'il faut utiliser avec les boissons énergisantes et pour prévenir les adolescents de leurs effets secondaires indésirables. «Avec les jeunes, quand on essaie d'imposer une conduite de façon paternaliste, c'est l'effet contraire qui se produit», a-t-il constaté.

Restructurer le programme et le parti

Philippe Couillard assure que la démarche qui le mène partout au Québec est originale pour un parti. Il entreprend en effet deux réformes en parallèle: celle du parti qui, affirme-t-il, a besoin d'être rafraîchi et décentralisé au niveau des idées, et celle du programme électoral.

Dans chaque région et pour les deux réformes, il met sur pied des groupes de travail sur des enjeux particuliers et où on retrouve des militants, des parlementaires et des permanents du parti. Sept grands thèmes sont proposés en discussion, en plus de quelques enjeux plus pointus.

Dès la fin de l'été, le Parti libéral devrait avoir une idée de son programme électoral. Il a aussi demandé à chaque commission politique régionale de lui indiquer trois priorités locales qui auront été arbitrées sur place.  Enfin, M. Couillard a confié à Danielle St-Amand la coprésidence du groupe de travail sur la petite enfance et les politiques familiales.

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