L'UQTR à l'aube d'une voiture de course électrique

Le professeur Sousso Kelouwani (à droite) discute ici... (Photo: Sylvain Mayer)

Agrandir

Le professeur Sousso Kelouwani (à droite) discute ici de systèmes d'énergie avec un étudiant, Nilson Henao.

Photo: Sylvain Mayer

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Même si plusieurs voitures électriques intéressantes font actuellement leur entrée sur le marché nord-américain, l'automobile parfaite qui alliera puissance, autonomie de longue durée et confort, celle qui reléguera au musée la voiture à essence, est loin d'être au point encore.

C'est pourquoi le département de génie mécanique de l'UQTR veut intéresser ses étudiants à l'élaboration d'un prototype de voiture de course entièrement électrique qui pourrait être inscrite dans une des compétitions écologiques qui existent en Amérique du Nord.

Étant un pôle d'excellence canadien avec son Institut de recherche sur l'hydrogène, l'UQTR veut profiter du démarrage de son tout nouveau programme de mécatronique, en septembre dernier, pour lancer son propre projet de voiture de course électrique et écologique dès la prochaine session.

À la tête de ce projet, un nouveau professeur, Sousso Kelouwani, docteur en génie électrique et spécialiste de la mécatronique, une science qui allie le génie mécanique, l'électronique et l'informatique afin de faire face aux défis grandissants de la conception d'appareils et de véhicules intelligents.

Il faudra en effet réunir de nombreuses spécialités pour parvenir à créer cette voiture du futur. Le véhicule tentera en effet de relever un des plus grands défis de l'industrie: «Parcourir le maximum de distance avec le minimum d'énergie», résume le professeur Kelouwani.

Évidemment, toute forme de combustible fossile est exclue. Ici, c'est sur l'hydrogène qu'on va miser. «À date, les expériences qu'on a faites ont démontré qu'il n'y a pas de source unique qui puisse rencontrer les hauts standards d'une compétition en termes énergétiques. Il va falloir hybrider», prévoit-il, c'est-à-dire «associer des batteries et une pile à combustible à l'hydrogène», résume-t-il.

Comme si le défi n'était pas assez grand, les étudiants qui se lanceront dans cette aventure devront aussi réaliser leur projet dans une perspective de recyclage des matériaux.

«Dans l'industrie de l'automobile, il y a de plus en plus de réglementations sévères qui poussent les fabricants à diminuer la quantité de matières envoyées au dépotoir lorsque le véhicule a fini son cycle de vie», explique le chercheur.

Certaines pièces de l'automobile devront donc être facilement recyclables, voire même biodégradables afin de diminuer l'empreinte écologique des voitures.

Au département de génie mécanique de l'UQTR, on trouve justement, depuis 2010, le Laboratoire de mécanique et éco-matériaux dont la vocation consiste à concevoir et à fabriquer des matériaux composites de ce genre.

«Le tableau de bord, par exemple, pourrait être remplacé par un matériau composé de fibres de lin», ou autres fibres végétales naturelles, illustre le professeur Kelouwani.

L'idée, à première vue, peut sembler étrange, mais «des compagnies de fabrication de véhicules ont remarqué que certains éco-matériaux absorbent mieux les vibrations dues au bruit», dit-il.

Au niveau énergétique, les futurs étudiants compétiteurs auront le choix: hybridation batterie-pile à combustible ou hybridation batterie-génératrice à l'hydrogène.

Le choix n'est pas encore fait. Il faut d'abord faire une analyse détaillée de la performance de chacun et du coût.

Pour une, la génératrice est tentante. Elle peut brûler de l'hydrogène «sale», c'est-à-dire de l'hydrogène non raffiné, peu coûteux, contenant des impuretés. Mais le problème, c'est que la génératrice est moins efficace, sur le plan énergétique, qu'une pile à combustible. Dans une pile à combustible, toutefois, il faut employer de l'hydrogène raffiné, ce qui augmente les coûts.

Laquelle des deux choisir? Voilà un défi de taille pour l'équipe des futurs ingénieurs.

Comme l'explique le professeur Kodjo Agbossou, directeur de l'École d'ingénierie de l'UQTR, ce projet, qui durera quelques années, sera «une activité transversale, c'est-à-dire que les étudiants vont acquérir des connaissances en classe et par ce genre de projet, les mettre en application», dit-il.

Les activités de l'École d'ingénierie de l'UQTR intéressent notamment l'organisme Mobilité électrique Canada, une association nationale à but non lucratif vouée à la promotion de la mobilité électrique.

L'organisme sera de passage à l'UQTR, le 21 mai, afin de prendre connaissance des travaux du département.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer