Clinique d'acupuncture à Shawinigan: fin d'une guerre de tranchées

Une mobilisation s'est organisée pour empêcher que le... (Photo Émilie O'Connor)

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Une mobilisation s'est organisée pour empêcher que le 535, 127e Rue devienne une clinique d'acupuncture. Elle est notamment composée de Raymond Maurais, André Lord, France Champagne, Guy Germain, Linda Pelletier, Nathalie Gauvin, Nicole Guillemette, Michel Bordeleau et Jacques Guillemette.

Photo Émilie O'Connor

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Depuis deux mois, un quartier résidentiel sans histoire du secteur Shawinigan-Sud s'est transformé en champ de bataille où deux clans bien définis s'affrontent.

D'un côté, une acupunctrice bien établie depuis une vingtaine d'années, qui souhaite déménager sa pratique à un jet de pierre, dans une maison plus spacieuse et mieux adaptée pour sa clientèle à mobilité réduite.

De l'autre, des citoyens qui refusent de voir un commerce apparaître soudainement dans leur environnement.

Dimanche, 242 électeurs seront invités à trancher lors du tout premier référendum organisé par la Ville de Shawinigan pour une question de zonage. Il s'agira de l'aboutissement d'un processus lourd, extrêmement émotif, qui laissera assurément des traces dans le quartier.

Les deux clans ont multiplié le porte-à-porte au cours des dernières semaines pour convaincre le plus de citoyens possible de se rallier à leur position.

Mme Doucet peut bien s'évertuer à corriger le tir, à faire des mises au point, à rassurer son voisinage, les opposants sont campés sur leur position. Ils ne veulent aucun mal à la femme d'affaires, mais ils s'élèvent énergiquement contre son plan. Notamment parce que ce projet particulier de construction, de modification ou d'occupation d'un immeuble survivra à son passage. Un nouveau propriétaire pourrait éventuellement abuser de ce droit, par exemple en offrant une pratique plus étendue que les trois jours par semaine proposés par Mme Doucet.

Ils jugent donc l'encadrement insuffisant et semblent très anxieux par rapport à ce que l'avenir peut leur réserver si ce projet est accepté par la population.

Un prétexte?

Les deux clans s'accusent de désinformer les citoyens, ce qui complique assurément la tâche de ceux qui pourront voter demain, mais qui se sentent plus ou moins interpellés par cet enjeu.

«Je n'ai jamais connu une situation semblable», soupire Mme Doucet.

«Pour moi, ce n'est pas une chicane de voisins. C'est vraiment une vengeance parce qu'ils n'ont pas acquis la propriété qu'ils convoitaient. Ils sont rendus à parler de la quiétude du quartier, mais leurs motivations profondes ne sont pas là.»

L'acupunctrice fait ici référence à Linda Pelletier et Michel Bordeleau, qui ont acquis un lot appartenant à Marie-Louise Tardif en décembre 2010. Ils y ont construit un immeuble de trois logements et ils souhaitaient faire l'acquisition de la maison adjacente, finalement vendue à Mme Doucet en octobre 2011.

Mme Tardif raconte que M. Bordeleau et Mme Pelletier tenaient beaucoup à acquérir toute la propriété qu'elle avait achetée d'une succession, en novembre 2010. Elle a fini par leur céder un lot et aujourd'hui, elle se demande si cette contestation serait allée aussi loin si elle avait refusé de vendre ce terrain au couple.

Mais hier après-midi, Mme Pelletier et M. Bordeleau n'ont eu aucun mal à convaincre une dizaine de personnes de se déplacer chez eux pour raconter pourquoi ils s'opposaient à ce PPCMOI.

«Il y a des zones prévues pour des projets commerciaux», indique Nathalie Gauvin. «Nous, on veut juste protéger notre zone résidentielle! C'est quoi, il suffit d'adopter un PPCMOI et tout passe comme du beurre dans la poêle? Il faut envoyer un message comme quoi les citoyens veulent préserver leur quartier résidentiel!»

«Quand je me lève le matin, j'aime que ce soit tranquille», ajoute France Champagne. «Je ne veux pas de bruit, entendre des portes d'autos ou des klaxons!»

«C'est sûr que les gens de la 128e Rue l'appuient, ils veulent qu'elle s'en aille!», soutient Raymond Maurais.

Contre la Ville

Les opposants ne se gênent pas pour déblatérer contre le conseil municipal, qui crée un précédent en poussant le débat jusqu'en référendum plutôt que de simplement rejeter le projet. Pour eux, le lien de confiance avec les élus est brisé.

«On voit bien qu'il y a un os dans le baloney!», s'enrage M. Bordeleau.

«Pourquoi doit-on porter l'odieux de tout ça? Ça ressemble à un traitement de faveur. Si la Ville a coutume de ne pas aller en référendum, elle n'y va pas, point final.»

Chose certaine, cet exercice démocratique laissera des séquelles dans le quartier.

«J'ai trouvé ça très long entre la décision du conseil le 5 mars et le référendum du 5 mai», mentionne Mme Doucet. «Les gens parlent, commentent... Je suis positive, mais j'ai trouvé ça difficile. Je ne voulais pas passer à l'histoire. Je suis épuisée, je suis rendue à bout.»

«Ça va être extrêmement divisé dans le quartier; ce ne sera plus jamais pareil», observe Guy Germain, un opposant. «Je vais respecter la décision... mais je déteste les magouilles!»

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