Shawinigan dit non aux boissons énergisantes

Le conseil municipal de Shawinigan vient de décréter... (Photo: Émilie O'Connor)

Agrandir

Le conseil municipal de Shawinigan vient de décréter l'interdiction de vendre des boissons énergisantes dans ses bâtiments.

Photo: Émilie O'Connor

Partager

Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Préoccupé par les risques pour la santé publique de la consommation irresponsable de boissons énergisantes, le conseil municipal de Shawinigan vient de décréter l'interdiction de la vente de ces produits entre ses murs.

Cette résolution a été adoptée à l'unanimité lors de la séance régulière de mardi soir. Elle survient près de deux mois après le décès de Maxime Plourde, un Shawiniganais de 24 ans qui souffrait d'une malformation cardiaque et qui consommait régulièrement ces boissons énergisantes. Sa famille croit que ce comportement a mis fin abruptement à ses jours.

Le maire, Michel Angers, précise que le conseil municipal n'a pas voulu réagir spécifiquement à cette mort tragique. Il répond davantage à un ralliement qui prend de l'ampleur depuis l'automne 2011, alors qu'Amqui a adopté la première résolution en ce sens. Shawinigan devient la 29e municipalité du Québec à interdire la vente de boissons énergisantes dans ses bâtiments.

«Nous ciblons surtout les enfants et les adolescents», commente le maire. «Dans nos immeubles, nous n'encouragerons pas la consommation de boissons énergisantes.»

Il s'agit d'un geste symbolique puisque dans les faits, ces breuvages n'étaient pas vendus dans les arénas de Shawinigan ou dans n'importe quel autre édifice de propriété municipale du territoire.

«Mais nous voulons éviter qu'on installe cette habitude», précise le maire. «C'est une mesure préventive. On ne veut pas être sollicité là-dessus.»

Le préambule de la résolution parle d'une volonté de mettre en garde les jeunes contre «les effets nocifs des boissons énergisantes sur la santé» et que cette consommation est «incompatible avec de saines habitudes de vie».

Amélie Desrosiers, responsable des communications pour la Coalition québécoise sur la problématique du poids, salue évidemment le geste du conseil municipal de Shawinigan.

«C'est toujours plus facile d'interdire un produit avant qu'il soit vendu plutôt que de le retirer une fois que les gens ont pris l'habitude de le consommer à un endroit», fait-elle remarquer.

«C'est d'autant plus important dans les centres sportifs puisque que la consommation de boissons énergisantes est encore plus dommageable avec cette pratique», ajoute Mme Desrosiers. «C'est hyper dangereux, surtout pour les jeunes. Ces produits tendent à être distribués de plus en plus largement. Il faut donc mettre un frein avant que le problème se répande encore plus.»

La porte-parole mentionne que ce geste permettra aux parents de la région de s'interroger à nouveau sur les effets de ces boissons énergisantes. Selon l'Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2010-2011 rendue publique l'automne dernier, 7 % des jeunes de la région consommeraient ce breuvage au moins une fois par semaine et 1 % en prendraient tous les jours.

«La plupart des gens ne sont pas informés de tous les dangers que ça peut causer», indique Mme Desrosiers. «Ce n'est pas une seule mesure qui réglera tout le problème, mais ça enverra un message. On entend des histoires selon lesquelles des entraîneurs apportent des boissons énergisantes à leurs joueurs pour se préparer à un match de hockey! Ils ne sont pas informés des conséquences.»

Plusieurs études démontrent que la consommation irresponsable de boissons énergisantes augmente les risques d'obésité, de maladies cardiovasculaires, d'affections dentaires, de diabète et même de certains types de cancer.

Au gouvernement de décider?

Aucune autre municipalité de la Mauricie n'avait adopté ce type de résolution jusqu'à maintenant.

Malgré tout, à La Tuque, aucune boisson énergisante n'est vendue au colisée ou au centre de ski, précise Hélène Langlais, responsable des communications.

Mêmes observations sur la rive sud. À Nicolet, Luc Labrecque, directeur des services à la communauté, précise que le contrat pour l'exploitation du restaurant de l'aréna prévoit, depuis 2009, qu'aucune boisson énergisante ne peut y être vendue.

À Bécancour également, aucune résolution n'a été adoptée sur cette question, mais en pratique, ces produits ne sont pas offerts dans les édifices publics, selon la mairesse, Gaétane Désilets.

De son côté, Trois-Rivières semble avoir fait son nid sur cet enjeu.

«Ce genre de résolution n'est pas dans nos plans», tranche Yvan Toutant, porte-parole à l'hôtel de ville. «Nous considérons que ça regarde plutôt le gouvernement provincial ou fédéral. Comme les limites de vitesse, par exemple.»

«Ce n'est pas à nous de décider ce qui est bon et pas bon. Si Québec légifère, on s'adaptera.»

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer