Services policiers autochtones: l'inquiétude monte d'un cran à Opitciwan

Le chef du conseil de bande d'Opitciwan, Christian... (Gabriel Delisle)

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Le chef du conseil de bande d'Opitciwan, Christian Awashish.

Gabriel Delisle

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Audrey Tremblay
Le Nouvelliste

(La Tuque) L'inquiétude est montée d'un cran dans le dossier des services policiers autochtones. L'entente tripartite sur la prestation des services de sécurité publique dans les communautés des Premières Nations arrive à échéance demain. Le chef du Conseil des Atikamekw d'Opitciwan exige une décision en faveur de la Sécurité publique d'Opitciwan de la part du ministre de la Sécurité publique du Québec.

«Je crains les lendemains d'une éventuelle abolition de nos services policiers dans notre communauté», a mentionné le chef du Conseil des Atikamekw d'Opitciwan, Christian Awashish, à la suite d'une rencontre infructueuse le 27 mars dernier avec des représentants du gouvernement du Québec dans le dossier du financement des services policiers autochtones.

Dans un communiqué, le Conseil des Atikamekws d'Opitciwan souligne que la confusion règne parmi les représentants du ministère de la Sécurité publique. «D'une part, un sous-ministre a récemment dit souhaiter prioriser le maintien du corps policier d'Opitciwan et, d'autre part, un fonctionnaire a ensuite annoncé par téléphone que le service policier sera aboli sous peu.»

«C'est un dangereux fossé d'incompréhension qui sépare le monde des fonctionnaires de notre réalité. L'intransigeance bureaucratique atteint une limite qui met en péril la sécurité de notre population», a ajouté le chef Awashish.

Ce dernier note également qu'il y a quelques jours à peine, Sécurité publique Canada, contribuant à la hauteur de 52 % au budget annuel d'opération, arrivait à la conclusion que la structure actuelle devait être maintenue pour continuer à livrer des services de qualité.

«Cependant, les budgets accordés n'ont pas été indexés depuis 2009 et, parallèlement, la Direction de la Sécurité publique (DSP) d'Opitciwan a fait face à une augmentation de délits et a dû combattre le crime en augmentant ses effectifs pour maintenir la paix et l'ordre.»

«Tous les efforts que nous avons consentis en vue d'offrir un service de sécurité publique efficace et surtout, adapté à la population concernée, risquent d'être inutilement réduits à néant. Nous avons démontré au ministère la valeur ajoutée de maintenir notre service local en place, et les arguments de notre mémoire sont rigoureusement étoffés. Les faits raisonnables, les chiffres clairs, parlent d'eux-mêmes: il faut maintenir le corps policier autochtone à Opitciwan!», a renchéri le chef de cette communauté où vit une population atikamekw de plus de 2000 personnes de tous âges.

Le chef du Conseil des Atikamekw d'Opitciwan exige une décision en faveur de la Sécurité publique d'Opitciwan de la part du ministre de la Sécurité publique du Québec dans les meilleurs délais, sachant que l'entente actuelle arrive à échéance demain.

«C'est grossièrement ignorer et mépriser les besoins de notre milieu, en plus de bafouer nos efforts en imposant dorénavant le recours à la Sûreté du Québec dans notre communauté, au détriment des coûts qui vont alors carrément exploser; nous assurons pourtant déjà une prestation de services efficace et efficiente. Nous voulons fermement maintenir nos services, et les ajuster à la réalité financière qu'ils commandent», a dit en terminant le chef Awashish.

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