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Avec une valeur médiane des dons de charité située à 100 $, la région métropolitaine de recensement (RMR) de Trois-Rivières, qui comprend la cité de Laviolette, les villes de Bécancour, de Champlain, de St-Maurice et la communauté autochtone de Wôlinak, est l'endroit au Canada où la population est la moins généreuse. Les RMR de Sherbrooke et de Québec suivent de près Trois-Rivières avec une valeur médiane des dons de charité qui se situe à 110 $. Les deux villes sont suivies par Saguenay (120 $) et Montréal (150 $). Notons que les statistiques concernant les plus petites villes comme Shawinigan et La Tuque ne sont pas recensées dans le palmarès de Statistique Canada.
En 2011, 24 210 personnes ont fait des dons de charité dans le RMR de Trois-Rivières ce qui représente des dons de 9 320 000 $. En 2010, la valeur totale des dons était sensiblement la même. Elle se chiffrait alors à 9 365 000 $.
Les provinces anglophones du Canada sont encore plus généreuses que le Québec. La région qui se classe en tête au pays est Abbotsford-Mission en Colombie-Britannique avec une valeur médiane des dons qui se situe à 630 $. Calgary suit derrière avec une valeur médiane de 400 $. Au Canada et au Québec, les dons médians sont de 260 $ et de 130 $.
François Pagé, le gestionnaire responsable de la compilation de ces statistiques chez Statistique Canada, précise que ces données proviennent exclusivement des déclarations de revenus des Canadiens.
«Nous comptabilisons tous les dons dont un reçu a été émis pour la déclaration de revenus. Les petits dons, un 5 $ ici et là, ne sont pas inclus dans ces chiffres», explique-t-il. «Le temps donné bénévolement n'est également pas inclus dans les statistiques.»
De plus, les données sur les dons de charité de Statistique Canada sont constantes depuis une dizaine d'années avoue François Pagé.
La coordonnatrice de l'organisme communautaire Comsep et conseillère municipale du district Marie-de-l'Incarnation à Trois-Rivières, Sylvie Tardif, estime que la piètre performance de la cité de Laviolette est due en grande partie par la pauvreté vécue par plusieurs personnes.
«Si tu as une ville où le niveau de pauvreté va être élevé, il y aura moins de dons», soutient Mme Tardif. «C'est paradoxal. Quand tu as plus de pauvreté, tu as besoin de plus de dons.»
Par ailleurs, signe que la situation économique est difficile dans la région, l'organisme Comsep a un manque à gagner de 30 000 $ en 2012.
«C'est généralisé chez les organismes communautaires. Plusieurs ont des manques à gagner. Je suis sur plusieurs conseils d'administration d'organismes communautaires et il manque souvent de l'argent cette année», précise Sylvie Tardif qui oeuvre dans le milieu communautaire depuis trois décennies. «Comsep est un organisme qui va bien. Malgré ça, nous avons un manque à gagner de 30 000 $.»
Centraide Mauricie connaît la même situation. La coordonnatrice de la campagne de cet organisme, Chantal Ferland, soutient que les pertes d'emplois qui touchent la région ces dernières années ont un impact majeur sur les campagnes de financement. Cette réalité est particulièrement vraie pour un organisme comme Centraide qui puise ses dons principalement sur les paies de travailleurs.
L'organisme a déclaré ces deux dernières années des montants de 1 423 000 $ et de 1 387 000 $. L'année 2011 a été, note Centraide Mauricie, plus difficile, car en 2010, l'organisme avait alors récolté 1 410 000 $.
Toutefois, les pertes d'emplois risquent de forcer Centraide à revoir à la baisse les dons pour 2012 car plusieurs des dons annoncés pourraient ne jamais se concrétiser. «Le fait que beaucoup de gens en Mauricie sont mis à pied fait en sorte que nous avons une baisse des donateurs», souligne Mme Ferland. «Nous allons possiblement devoir revoir à la baisse les dons de 2012 en raison des pertes d'emplois.»